jeudi 22 janvier 2009

I left a woman waiting


Très librement inspirée de la chanson de LC, j'ai exhumé du ventre de la RAM de mon ordinateur ce poème que je livre à vos orbites cruelles.








I left a woman waiting

J’ai aimé une femme qui attendait.
Elle attendait sans espérance
Et ses mots parlaient au futur ou à l’imparfait
Du livre des apparences.

Nous avons traversé l’horizon
Et tenté de poser nos armes sur une île
Au bord du rivage des illusions
Mais sous le sable nos doigts ont encore écorché l’argile.

J’ai appelé le poète et il est venu
Mais ses yeux étaient déjà morts
Et dans sa nuit, seule mon enfance est apparue
Il était trop tard pour aller sur l’autre bord.

Au crépuscule un oiseau s’est posé sur son épaule
J’ai vu frissonner ses paupières
Mais ce n’était que le souffle de mes paroles
Qui sur ses cils se perdait en prière.

Alors j’ai quitté cette femme qui attendait
Et je suis allé à sa recherche sans crainte
Le long des rues, au bord des quais
Sur les pavés usés des amours défuntes.

J’ai retrouvé le miroir qu’elle avait brisé
Mes mains à nouveau ont serré ses mains
Mais depuis longtemps la foule nous avait encerclés
Et subitement son ombre a effacé le chemin.

J’ai aimé une femme qui attendait.
Elle attendait sans espérance
Et ses mots parlaient au futur ou à l’imparfait
Du livre des apparences.

3 commentaires:

  1. Finalement, le blog n'est-ce pas génial comme moyen d'expression ?
    Cela permet de passer à l'acte de la publication.
    Qu'est ce qu'un poème qui reste dans un tiroir sinon le témoin d'un moment de vie éphémère ? Mais un poème publié ouvre une nouvelle dimension, enfin la création échappe à son créateur et vit de sa vraie vie. C'est un peu comme avec les enfants. Notre réussite, c'est de les voir s'échapper et vivre leur vraie vie. La publication est une prise de risque, c'est aussi une délivrance.
    A ce niveau le blog me semble être un outil extraordinaire.
    L'un des amis d'Anne, Georges Picard, par ailleurs écrivain, a commis une petit opuscule sur l'écriture, qui me semble contenir quelques vérités. Dans un prochain message, je reviendrai la-dessus.
    Quant au 3ème abonné, américain, de mon blog, il se pose les mêmes questions que nous et propose des réponses à la fois réalistes et pragmatiques.

    Comment peut-on vivre aujourd'hui sans avoir son blog ?

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  2. Ce commentaire se rapporte à ton message suivant (Saint Augustin), mais de temps en temps il y a des problèmes techniques qui empêchent la publication d'un commentaire directement à la suite du message. Alors on contourne l'obstacle !
    Trois remarques :
    - Cela m'a fait plaisir de réécouter Mort Shuman, ce type avait quelque chose de touchant, on avait l'impression qu'il avait du mal à comprendre pourquoi il avait tant de succès à l'époque, d'autant plus qu'il n'était pas doté d'un physique de jeune premier...
    - Je ne savais pas qu'il avait comme choristes : Nathalie Delon, Jane Birkin et Dani. Les ressemblances sont totalement incroyables n'est-ce pas ?
    - Dernière remarque : j'ai bien connu aussi le Cercle, car en tant qu'ancien lieutenant de réserve, j'y avais accès. J'ai du y aller cinq ou six fois. Le problème c'est que lorsqu'on arrive pour le déjeuner, on s'assoit aux tables où il reste encore des places vides et on se retrouve donc en face de militaires d'active. Je n'en dirai pas plus. Le bar à l'étage était un lieu sympathique, quant à la grande carte et aux salons de réception j'y ai mis les pieds pour des remises de légion d'honneur ou autres événements de cette nature.
    Saint Augustin est un quartier qui n'a pas forcément une âme, mais on y reste finalement attaché, plus qu'à d'autres lieux, c'est un mystère !
    Je me suis bien marré en lisant l'histoire de la gifle et du duvet soyeux de la belle !

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  3. Après avois lu votre poéme, je me suis demandée à ce que la femme attend. On dirait qu’il y a un contraste entre l’auteur et la femme. L’auteur est décontracté parce qu'il essaie; la femme ne l’est pas parce qu’elle attend… Peut-être qu’elle attend à quelque chose de mieux ou peut-être qu’elle est paralysée par la peur de vivre et de souffrir?

    Dites-moi si je n'ai rien compris.

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