mercredi 15 février 2012

Le TGI de Paris (enfin) dévoilé !

Nous avions la Très Grande Bibliothèque (TGB), le Train à Grande Vitesse (TGV), les Lignes à Grande Vitesse (LGV), le Grand Paris (GP) ; nous avons désormais le TGI de Paris qui, comme son abréviation ne l'indique pas, n'est pas le Tram à Grande Innovation ou le Très Grand Inquisiteur, mais simplement le Tribunal de Grande Instance (de Paris).
Sa silhouette en forme de gradins va dans quelques années prendre place dans le Skyline parisien du futur aux côtés des inamovibles (Tour Eiffel, Tour Montparnasse) et des possibles (Tour Triangle, B3a et Hermitages).
L'exercice était complexe : une tour qui n'en soit pas vraiment une, un bâtiment pour le public et un pour les magistrats tout en gardant une cohérence à l'ensemble, un site à Paris mais un positionnement qui ne soit pas vécu comme un dos tourné vis-à-vis de la banlieue, un geste architectural mais sans ostentation, l'appel à la modernité mais une certaine intemporalité également, solennité et humanité, ...


La proposition de Renzo Piano, qui parvient à résoudre cette quadrature du cercle, est d'une intelligence remarquable ; elle donne vraiment corps à un mythe : celui de la ville verticale, mais avec mesure, équilibre et humanisme. Le dessin ne cède à aucune des facilités que la société du spectacle impose trop souvent à l'architecture : débordements de végétation verticale, colorations excessives et autres déhanchements. C'est une architecture sérieuse qui vient rappeler qu'un bâtiment de la République est d'abord un outil de travail, respectueux d'un site, pensé pour les utilisateurs avant les magazines spécialisés...
L'exposition qui se tient actuellement dans les locaux du Palais de Justice de Paris est tout à la fois d'une très grande richesse et d'une grande modestie. Elle fourmille de détails constructifs, de dessins, de croquis. Elle ne s'égare pas dans le jargonnage pédant. En bref, elle honore le monde de la conception (architectes et ingénieurs) et celui de la construction (entreprises). Elle témoigne de la qualité du dialogue entre art et technique.
Un petit texte imprimé sur le haut d'un panneau rappelle qu'un tel projet est bien entendu imparfait et qu'un certain nombres de choses doivent encore être mises au point.
Le talent particulier d'un grand architecte est de savoir enrichir son projet jusqu'au terme de sa réalisation.
On peut faire confiance à Renzo Piano pour qu'il en soit ainsi.

mardi 14 février 2012

Lire "Le Capital" en moins de 2H !

Le Capital, œuvre majeure de Karl Marx achevée par son disciple Engel, somme de plus de 3.000 pages fondatrice du monde moderne, peut être lu en moins de 2 heures grace à l'excellente édition en 2 tomes seulement de Demopolis ; et ce, sans abuser du "Guide de la lecture rapide" des Editions Marabout.
Et en plus, on comprend (presque) tout !...

Merci à FDJ qui se reconnaitra si elle parvient jusqu'ici.

dimanche 12 février 2012

Old ideas - Crazy to love you



Crazy to love you (La folie de t'aimer)


Je devais être fou de t'aimer
D'être descendu au fond du trou
D'avoir passé tout ce temps dans cette tour
Mendiant ma folie pour que cela cesse

Je devais être fou de t'aimer
Toi qui ne fut jamais celle
Que je traquais dans le souvenir de mes peines de coeur
Les tresses de ses cheveux et sa robe entièrement défaites

Quelquefois mes pensées m'emmenaient au loin sur une route
Je suis un vieil homme et les miroirs ne mentent plus
Mais la folie est là comme un masque
Plus profonde qu'un simple au-revoir

Je devais être fou de t'aimer
De laisser tout tomber
D'être tous ces gens que je détestais
De n'être plus personne en définitive

Je suis fatigué de choisir le désir
Je suis sauvé par une fatigue agréable
Les portes de l'engagement ne sont plus fermées
Mais il n'y a plus personne pour tenter de partir

Quelquefois mes pensées m'emmenaient au loin sur une route

...

Je devais être fou de t'aimer
Toi qui ne fut jamais celle
Que je traquais dans le souvenir de mes peines de coeur
Les tresses de ses cheveux et sa robe entièrement défaites

 Léonard Cohen (traduction libre)



Sonates pour piano de Scarlatti

"Lecteur, que tu sois dilettante ou professeur, ne cherche pas dans ces compositions une profonde érudition, mais plutôt un jeu ingénieux de l'art... Montre-toi donc plus humain que critique, et ton plaisir n'en sera que plus grand."
Ainsi l'écrivait Domenico Scarlatti, en 1738 ; il avait alors 53 ans. Il venait d'écrire 30 pièces pour clavecin qui préfiguraient les 555 sonates qui allaient le rendre célèbre.

Merci à DdS qui m'a fait découvrir cette musique interprétée par Horowitz, dont la beauté est à elle seule une promesse de bonheur.

Le Pavillon blanc (à propos du)

Extrait du texte de Jean-Paul Curnier pour le livre des éditions Al Dante consacré à la médiathèque-centre d'art de Colomiers de l'architecte Rudy Ricciotti :

"Travailler ne doit pas humainement se limiter au fait d'échanger de l'argent contre du temps de vie perdu et sans qu'y soit jamais utilisé la faculté d'invention personnelle. Cela devrait être clair pour tout le monde, mais on en est encore loin. Car ce que l'on est en droit d'espérer aujourd'hui, c'est que la signification et la perception d'un bâtiment nouvellement construit ne s'accompagnent plus dans leur propre environnement de cette indifférence lugubre que l'on connait trop bien, de ce vide dans les esprits."

Dominique Perrault à Barcelone ou l'hommage à Mies

L'hôtel-tour ME Barcelona est situé sur l'avenue Diagonale, perspective majeure du plan de la ville conçu par Cerda*, longue de 11 km, orientée nord-ouest / sud-est, reliant le quartier de l'Illa à celui de Diagonal Mar et Forum, le nouveau port de Barcelone. 
Elle est édifiée dans un quartier dont le tissu urbain est dense, comprenant un grand nombre de bâtiments dont les façades laissent deviner un passé d'activités liés à la mécanique ou la petite industrie ; les hauteurs des immeubles d'habitation sont relativement faibles (6 ou 7 niveaux au maximum).
L'architecte a voulu composer un bâtiment qui réconcilie la ville horizontale - traditionnelle - et la ville verticale - la Barcelone moderne. Ce défi, il l'a relevé en proposant une tour d'une très grande finesse comportant, dans sa partie basse, un retrait d'une hauteur correspondant sensiblement à celles des corniche supérieures des constructions existantes voisines.
Ce retrait engendre un porte-à-faux qui constitue l'un des aspects les plus caractéristiques du bâtiment. L'autre aspect, l'autre signature de cet édifice, relève du traitement de la façade. Il n'y a pas ici de démonstration spectaculaire. Perrault a du se souvenir que s'il était dans la ville de Gaudi, il était aussi dans celle qui abrite l’œuvre de Mies van der Rohe ; icône du minimalisme et de l'élégance. 
Comme souvent dans ses projets (Très Grande Bibliothèque, Cour Européenne des Droits de l'Homme), l'architecte a fait appel à un produit issu du monde industriel (il faudra qu'un jour un étudiant fasse une thèse sur cette fascination que Perrault a pour l'univers de l'industrie...). Donc, il a pris une tôle en aluminium micro-perforée, comme celle utilisée dans les bardages des usines pour leur cloisonnement intérieur, et il l'a placée entre deux vitrages.
Le module élémentaire de sa façade étant ainsi constitué, l'architecte peut ensuite jouer sur un nombre réduit de paramètres : transparence (totale, opacité, semi-transparence), tailles de module (2) et alternance de ces derniers. La modénature donne une impression de simplicité, de précision et d'une très grande clarté.
Structurellement, le bâtiment est constitué aux deux tiers en béton et, pour le tiers suivant correspondant à la partie en porte-à-faux, en métal matériau beaucoup plus léger.
Le pignon de la tour est souligné par une bande verticale plus sombre, d'une largeur égale à quatre modules, et aux allures de galon de smoking (image de l'architecte). Au sommet de la tour, un très chic restaurant avec terrasse permet de contempler la mer et la montagne.
L'ensemble hôtelier est complété, sur l'arrière, par un immeuble plus bas, reprenant le même dispositif en termes d'enveloppe. Au dernier étage de celui-ci se trouve une piscine.

A proximité immédiate, le promoteur américain Hines a confié à Dominique Perrault la conception de "Diagonale 123" un ensemble de bureaux. L'architecte joue le dialogue subtil avec le voisin et produit une sculpture géométrique de verre, habillée de noir, avec de très fines rayures horizontales brillantes et réfléchissantes.
Du grand art !
Merci à JG et DdS - qui se reconnaîtront s'ils viennent jusqu'ici - pour leurs commentaires éclairés, et leur très grande disponibilité...

* Ildefons Cerdà i Sunuyer (1815-1876) était (excusé du peu) : Ingénieur des Ponts, Urbaniste, Architecte, Juriste, Economiste et (accessoirement ?) homme politique catalan

Note : j'ai été très surpris d'apprendre que Dominique Perrault (de son aveu-même) n'avait jamais mis les pieds en Espagne - et donc à Barcelone - avant 1997, année où il reçut le Prix Mies van der Rohe...

samedi 11 février 2012

Old Ideas - Different sides

Après "Going Home", "Lullaby", juste le refrain "cohénien" de la 10ème chanson de l'album "Different sides" :

"Nous nous disions qu'il y a des lois pour obéir
Mais franchement je n'aime plus ta conception des choses
Tu veux changer la façon dont je fais l'amour
Je veux te quitter et partir seul."

Léonard Cohen (traduction libre)

Old Ideas - Lullaby

Après "Going home", "Lullaby" qui signifie "Berceuse". Un Haïku sur une musique d'un calme absolu. Tous les parents qui ont des enfants à bercer devraient immédiatement acquérir ce CD ! Le refrain... Le refrain !...






Berceuse

Dors bébé dors
Le jour s'enfuit
Le vent dans les arbres
Parle en langues

Si ton cœur est déchiré
Je ne veux pas savoir pourquoi
Si la nuit est longue
Voilà c'est ma berceuse

Tu vois la souris a mangé les miettes
Alors que le chat a mangé la croûte
A présent ils sont tombés amoureux
Ils parlent en langues

Si ton cœur...

Dors bébé dors
Il y a un matin qui vient
Le vent dans les arbres
Parle en langues

Si ton cœur est déchiré
Je ne veux pas savoir pourquoi
Si la nuit est longue
Voilà c'est ma berceuse

Léonard Cohen (traduction libre)




Old Ideas - Going Home


Le dernier CD de Léonard Cohen est tout simplement prodigieux. A 72 ans, l'immense poète et chanteur canadien nous livre 41' et 41" de bonheur absolu avec 10 chansons qui sont le reflet de l'individu : vérité, simplicité, élégance, détachement, attention, humour, sens du sacré, ...
Voilà pourquoi, ici, on aime beaucoup.
Premier exercice de traduction avec la 1ère chanson de l'album, "Going Home", que j'ai traduit simplement par "Revenir"


Revenir
J’aime parler avec Léonard
C’est un athlète et un berger
C’est un bâtard paresseux
Qui vit en costume
Mais il dit vraiment ce que je lui raconte
Même si ce n’est pas très correct
Il n’a simplement pas la liberté
De refuser
Il parlera avec les mots justes de la sagesse
Comme un sage, un visionnaire
Bien qu’il se considère comme pas grand-chose en réalité
Seulement l’élaboration furtive d’une chanson à succès.

Revenir
Sans mon pardon
Revenir
Un jour, demain
Revenir
Là où c’est mieux
Qu’avant
Revenir
Sans mon fardeau
Revenir
Derrière le rideau
Revenir
Sans le costume
Que je portais.


Il veut écrire une chanson d’amour
Un hymne au pardon
Un manuel pour vivre avec la défaite
Un cri au-dessus de la souffrance
Une réconciliation avec le sacrifice
Mais ce n’était pas ça ce que j’attendais de lui
Finalement
Je veux être certain
Qu’il n’a plus de fardeau
Qu’il n’a plus besoin d’une vision
Qu’il a seulement la permission
De se soumettre dans l’instant
Ce qui SIGNIFIE : voilà ce que je voulais lui dire
Encore une fois.

Revenir…

J’aime parler avec Léonard
C’est un athlète et un berger
C’est un bâtard paresseux
Qui vit en costume

Léonard Cohen (traduction libre)

cette année je me prends au mot et j'écris ! (6)


Sur le Post-it aujourd'hui :
"Donc, plus de jérémiades !
Un Post-it bleu d'amour
Un jaune pour les conseils
Et un vert pour le rangement."

Arrêtons-nous quelques instants sur le mot "jérémiades". Tout un chacun connait la signification : plaintes fréquentes et importunes, gémissements, lamentations, geignements, etc. Mais qui en connait la véritable origine ?
En réalité Jérémie avait, il y a fort longtemps, un petit job de prophète en CDI dans la banlieue nord de Jérusalem. (Je fais une digression. Prophète est un de ces petits métiers que la révolution industrielle et la globalisation mondiale ont fait disparaître. Et pourtant, avec le nombre de chômeurs que nous avons à présent, l'idée de réhabiliter ce job pourrait faire son chemin. Aucun problème pour trouver des enseignants : la classe politique en regorge ! Je clos cette digression)
Revenons donc à Jérémie. Prophète, il n'avait pas vraiment choisi. Lui il se voyait plutôt "sacrificateur" ; comme son père, et sans doute le père de son père, et encore le père du père de son père, si ce n'est le père du père du père de son père, comme il est d'usage de le préciser dans la Bible. Jérémie n'eut pas qu'une enfance malheureuse ; toute son existence fut une suite continue de malheurs, et même aujourd'hui, il n'est pas considéré comme l'auteur de la plupart des écrits qu'il n'aurait pas commis. Vous suivez ?

jeudi 9 février 2012

Dieu est dans le détail au musée Picasso de Barcelone

Pendant plus de trente ans, Jordi Garces, architecte catalan, a travaillé à l'extension du musée Picasso de Barcelone. Cette longévité, inhabituelle dans une intervention placée sous le regard jaloux des édiles municipales (Jordi a connu cinq maires différents), mérite d'être soulignée. Mais c'est d'avantage l'intelligence du parti et la qualité du résultat qui doivent être honorés.
L'actuel musée est constitué de la réunion de plusieurs demeures mitoyennes (trois ?). L'unité du lieu est donnée par une rue intérieure que l'architecte a créée en se servant de la typologie historique de ces demeures qui s'ouvraient sur la voie publique dans une séquence : porche, patio formant citerne, communs au rez-de-chaussée, habitation à l'étage desservi par un escalier extérieur. C'est les communs ou les réserves voûtés que l'architecte a réunis en enfilade, en créant des ouvertures d'une très grande discrétion. Au rez-de-chaussée, de plain pied avec la rue, il a installé un espace urbain libre dont il a soigné les perspectives avec la ruelle publique ; le visiteur est, tout à la fois, à l'intérieur du musée et en relation avec la ville. L'architecte offre ainsi une sensation de perméabilité - de liberté - entre l'espace public et l'espace privé.


cette année je me prends au mot et j'écris (5)

"Parfois le mot bouscule
Les grilles du langage.
Parfois je deviens ce que
J'ai nommé.
Alors, parfois, la Vie !"
Andrée CHEDID

Parfois l'esprit tente
de fuir au-delà de la raison.
Parfois il m'arrive
D'envier mes rêves.
Alors, parfois, la Vie !

Parfois la réalité se perd
Dans des doutes invaincus.
Parfois j'abdique dans
Une faiblesse facile;
Alors, parfois, la Vie !

dimanche 5 février 2012

Cette année je me prends au mot et j'écris ! (4)

Sur le post-it aujourd'hui : "Les latins disaient déjà : "Verba volent, scripta manent." Les paroles s'envolent, les écrits restent."
Et que d'écrits ! Sur Everybody Knows, entre le 16 novembre 2008, jour de sa naissance, et le 24 juillet 2011 (date à laquelle je me suis arrêté provisoirement de recopier les textes sur un fichier Word), c'est un total de 152.121 mots qui ont été commis sur ce blog.
En extrapolant, sachant qu'à ce jour, 803 messages ont été commis (dont seuls 661 de publiés et 142 laissés au stade de "brouillon" pour des raisons liées à leur contenu - médiocre, trop osé, trop engagé, sans intérêt apparent, ...), qu'à la date du 24 juillet, le nombre de messages publiés s'élevait à 498 et correspondaient à 452 pages Word, il est probable qu'en ce dimanche enneigé de la Sainte Adélaïde ou de la Sainte Agathe (au choix), nous en soyons à :
Nombre de messages commis : 498 / 0,82* = 607
* part de messages publiés / au nombre de messages total

samedi 4 février 2012

Le Guépard de Giuseppe Tomasi, Prince de Lampedusa

Louis Aragon considérait "Le Guépard" comme "l'un des plus grands romans de ce siècle" (le 20ème). On serait tenté par partager le point de vue du poète ; un tel jugement impose de disposer d'une culture suffisante ; ce n'est pas le cas. Donc, on se contentera d'affirmer qu'il s'agit d'un chef d'oeuvre...
L'histoire est celle de la fin de la maison Salina incarnée par le Prince Don Fabrizio, personnage complexe, aristocrate curieux, hédoniste absolu (il évite aussi le déplaisir), lucide spectateur de la décadence d'un monde auquel il appartient, acteur - au travers du soutien qu'il témoigne à l'arriviste Tencredi, son neveu et pupille - de la révolution en marche puisque "Si nous voulons que tout continue, il faut d'abord que tout change." ; phrase devenue presque un mythe chargé de cynisme et d'absurde.
C'est une œuvre tour à tour sombre et sensuelle, morbide et somptueuse, servie par un style magnifique qui accompagne la description des ors décatis du palais de Donnafugata, des paysages de Sicile écrasés par la chaleur ou de la volupté d'Angelica.

vendredi 3 février 2012

Cette année je me prends au mot et j'écris ! (3)

A l'instant où j'écris je me rends compte que les deux premiers textes placés sous le titre "cette année je me prends au mot et j'écris" que j'avais laissés au stade de brouillon (et donc non consommables par vos orbites cruelles) ont disparu... Ça m'apprendra à les cacher !  (J'entends les sarcasmes)
Pour suivre la démarche de l'auteur, quelques explications : "cette année je me prends au mot et j'écris" est un minuscule opuscule contenant 48 post-it que l'on m'a offert ; sur chacun d'entre eux est inscrit une petite phrase ou bien une proposition d'exercice. J'en suis au N°3.
Merci à FDJ (généreuse donatrice) qui se reconnaitra  si elle parvient jusqu'ici...

Sur le Post-it aujourd'hui : "Grandes envolées littéraires : taquiner la muse en écrivant des vers"

Le soleil, dans l'axe glacé de la Seine,
En Dieu parfait, en orange électrique
Qui s'élève, puissante et sans peine,
Au-dessus des ombres historiques.

Une tour de la Grande Bibliothèque
S'embrase spontanément
- 11 septembre en remake -
Caressée par les doigts de l'astre saignant.

Résumé des épisodes précédents :
X était à bord d'un voilier magnifique qui vient d'échouer dans un port ; heureusement le long d'un quai. Quelques instants avant l'incident, il était en train de prendre l'apéritif à l'avant du bateau, dans un Chesterfield rouge, en compagnie d'une jeune femme bronzée et aux dents ultra blanches.

X ne devina pas immédiatement où le voilier venait d'accoster. C'est en prenant pied sur le quai constitué de grosses pierres de granit rose dans lesquelles les anneaux d'amarrage avaient inscrit leurs empreintes circulaires, qu'il le su comme une évidence. Pourtant, le paysage autour de lui ne correspondait pas à quelques chose de précis ; plus exactement, il s'agissait d'une sorte de patchwork, comme si le décor qu'il balayait du regard était constitué de fragments de plusieurs villes et lieux différents. X pouvait donc être à la fois à Brouage dont il distinguait quelques maisons basses et les remparts en pierre blanche des Charentes, à Venise sur la promenade de la Giudecca du Dorsoduro, ses frontons palladiens et les portes en bois fatiguées des anciens hangars à bateau, ou encore sur la cale n°1 de l'embarcadère de l'île de B., face aux deux hôtels enduits à la chaux qu'il a toujours connus ; l'un avec des volets rouges, et l'autre avec des volets bleus. D'autres images lui venaient à l'esprit, mais moins évidentes. X avait conscience de l'invraisemblance de ce paysage. Mais ce montage urbain était-il si irrationnel que ça ? N'existait-il pas en définitif, quelque part ? mais où ? Puisque ce n'était pas dans son imagination, puisqu'il pouvait le voir, le toucher, passer entre ses ruelles, être un instant rue du Bourg et un instant plus tard Calle de l'Abazia.


lundi 30 janvier 2012

Quoi de neuf : old ideas !


Sortie ce jour en France du dernier opus de Léonard Cohen et France Inter qui consacre la journée au maître ! La semaine commence plutôt pas mal ! Evidemment, Everybody Knows vous en reparlera.

dimanche 29 janvier 2012

La base sous-marine de Bordeaux




Située au fond du Bassin à Flot, comme en embuscade au débouché de la ville, à quelques encablures de la Garonne pour filer ensuite vers l'océan, la base sous-marine de Bordeaux s'impose comme une sorte de Léviathan pétrifié aux gueules multiples - 11 en tout -, lourd de 600.000 m3 de béton sous une carapace de 4 à 6 m d'épaisseur. Construite entre 1941 et 1943 en 18 mois, majoritairement par des prisonniers espagnols - des "rouges" dont il est dit que 70 d'entre eux furent coulés dans le béton -, elle était destinée à abriter des sous-marins des forces de l'Axe. Malgré des bombardements intenses, sa conception - et en particulier son toit d'une épaisseur de 5,60m sur lequel fut installée en 42 une seconde structure de poutres en béton devant servir "d'amortisseur d'explosion" - est pratiquement intacte.
Elle est actuellement reconvertie en un espace culturel (expositions de photo, concerts, ...) qui occupe 12.000 m2 sur les 42.000 de la base.

jeudi 26 janvier 2012

Le cas Sneijder

 Il est probable qu'après la lecture du dernier roman de Jean-Paul Dubois vous prendrez l'ascenseur dans des dispositions moins innocentes qu'habituellement ...
Au départ, Paul Sneijder est un type plutôt normal. La preuve, il s'est marié deux fois, sa première femme était alcoolique et la seconde, une femme à haut potentiel et experte en décisions stratégiques qu'il a du suivre au Canada. Et puis survient l'accident d'ascenseur duquel il réchappe miraculeusement ; ce qui n'est pas le cas de Marie, sa fille issue du 1er mariage.
A partir de ce drame, la vie de Paul Sneijder va partir en vrille ; du moins aux yeux de son épouse et de ses deux jumeaux de fils, des crétins qui finiront d'ailleurs avocats d'affaires. Il plaque son boulot de négociant en vins pour devenir promeneur de chiens et même occasionnellement "handler", c'est à dire accompagnateur de chiens de race lors des concours. Aux yeux de son executive woman la situation

mercredi 25 janvier 2012

L'Huître à Flot à Bordeaux


Comme son nom ne l'indique pas, il s'agit plutôt d'un restaurant italien ! Le patron est Roberto, un séducteur à la faconde sympathique, surtout lorsqu'il s'agit d'énumérer avec gourmandise tous les ingrédients de la sauce dont il a agrémenté le plats de pâtes (sublimes) qu'il vous propose ; à moins que vous ne soyez tenté par des queues de lotte juste sautées ou un arista (rôti de porc à la toscane).
Le restaurant lui-même est un lieu "improbable" situé à l'extrémité du bassin à flot face à l'impressionnante base sous-marine allemande de Bordeaux. Il s'agit d'une sorte de cabane bleue et blanche dans laquelle l'aventurier, le trappeur (ou le simple bobo) qui veille en chacun de nous se sentira tout de suite à l'aise.
Et pour commencer : Prosecco bien frais, tarama aux grains de caviar et involtini de lomo.
On achèvera ce repas d'anthologie par un blanc-manger ou un fondant au chocolat.
Il est des lieux où on se sent particulièrement bien, où la conversation s'alimente toute seule, où les convives sont forcément des personnes agréables et où il est toujours trop tôt pour partir. L'Huître à Flot est de ceux-là ; ils sont rares !
NB : j'ai oublié de préciser que le menu est à moins de 15€...

samedi 21 janvier 2012

Restaurant KEI


Une adresse qu'on hésite à recommander tant on voudrait la protéger d'une possible évolution fatale qu'une trop grande notoriété risquerait de lui apporter...
Mais il est probable que notre silence ne pourra jamais constituer qu'un rempart provisoire à l'inexorable engouement qui va s'emparer à court terme de cette maison ; alors, faisons profiter nos amis de ce repit avant l'inaccessibilité promise !


Car un repas chez Kei est une félicité totale : attention du service sans pesanteur, espace généreux entre les tables (une rareté à Paris sauf à y metre plusieurs billets de 100€), plats d'une imagination remarquable proposant des harmonies gustatives subtiles inspirées par les origines nippones du chef japonais, sans jamais verser dans l'affecté, le spectaculaire ou le décalé-branché.


Et pour couronner le tout, une addition d'une incroyable légèreté à déjeuner (38€), et très raisonnable le soir au regard des voluptés proposées (85 et 95€).
Le maître d'hôtel sera également votre sommelier, celui qui vous guidera avec précision et amour dans une carte vertigineuse, de laquelle il extraira le vin juste (qualité et prix) qui parachèvera votre félicité.
Comble du raffinement : le même vous servira de l'eau en carafe comme s'il s'agissait d'une Romanée-Conti.

vendredi 20 janvier 2012

Les arts de l'islam sous une nappe mordorée dans la cour Visconti au Louvre


Il n'est pas un article de presse (à l'exception d'Archicool) qui ne tarisse d'éloges pour ce projet conçu par un tandem d'architectes, Mario Bellini et Rudy Ricciotti. Everybody Knows s'est fait l'écho de plusieurs ouvrages du second ; entre autres son Pavillon Noir d'Aix en Provence, et le Pavillon Blanc de Colomiers.
Pour ce projet en devenir (livraison prévisionnelle en mai 2012), faut-il pour autant se soumettre au concert de louanges autorisées, ou bien avouer, sans honte, le trouble bien réel que cette improbable fractale de métal deployé peut susciter. Il faut préciser au lecteur que les conditions de la visite n'étaient peut être pas optimales pour mettre en valeur un bâtiment, qui plus est "in progress". Donc, il est vrai qu'un ciel d'un bleu péninsule arabique doit être en mesure d'embellir le dispositif. De meme, la vision du projet depuis l'espace périmétrique le long des murs rafraichis de la cour Visconti

jeudi 19 janvier 2012

L'Hôtel des Roches Noires



Les fantômes ne sont pas des âmes errantes dont l’occupation principale est de tracasser les vivants. Non, ce sont des êtres qui nous observent et qui se nourrissent de la vision de nos scènes d’amour et de tendresse. C’est en tout cas vrai pour les fantômes de l’Hôtel des Roches Noires à Trouville, célèbre villégiature de bord de mer qui accueillit de nombreux écrivains et artistes dont Flaubert, Duras ou Monet.
Mais aujourd’hui l’hôtel est devenu désuet. Sa splendeur passée n’intéresse plus une clientèle qui exige un service standardisé. Alors la grande bâtisse est en proie à la rapacité des promoteurs qui veulent la détruire, et édifier à sa place un centre commercial et d’autres horreurs urbaines. Jules est l’un de ses promoteurs, mais en se rendant à l’Hôtel des Roches Noires, il a un accident grave de voiture qui le transporte dans un « entre-deux » où il se retrouve en communication avec ces fantômes.
Ils sont quatre : un ancien directeur de l’établissement, un lord anglais, écrivain raté qui s’y est suicidé, une jeune fille retrouvée noyée sur la plage devant l’hôtel et une ancienne trapéziste. Ils sont bientôt rejoint par « la grande Lala », chanteuse populaire au cœur « gros comme ça ». Sans oublier le pianiste. Des liens vont se faire jour entre certains de ces personnages ; liens qui enjambent le temps grâce à la magie d’un lieu, à son « esprit » (le fameux Genius loci ?). C’est d’ailleurs l’un des ressorts de cette pièce à la mise en scène virevoltante : les lieux gardent le souvenir des personnes qui les ont fréquentés. Qui d’ailleurs n’a jamais ressenti cette présence indicible lors de la visite d’une ruine ou d’une bâtisse en déshérence ?
Mais si l’Hôtel des Roches Noires traite de sujets graves – la mort, la séparation, le temps, l’échec, la solitude – cette pièce chantée est surtout un véritable hymne au bonheur et à la joie de vivre.
Françoise Cadol qui a écrit cette pièce, et qui joue le rôle de la trapéziste, a semé dans ce texte en apparence simple, un grand nombre de pistes ; à nous de les explorer si nous le souhaitons.
J’ai emprunté l’une de ces pistes et je m’interroge désormais sur le fait de savoir si les fantômes ne seraient pas les seuls (et derniers ?) êtres de raison de notre univers ? Les seuls capables de prendre de la hauteur, de nous redonner une forme d’espoir, à nous autres vivants, obsédés par nos envies dérisoires et notre goût insatiable des petits profits immédiats, alors que la vie est là, à notre portée, avec tous ses bonheurs. Et trop souvent nous ne voyons rien !
Merci à RG qui se reconnaitra s'il vient jusqu'ici, et bien sûr à FC.

La pièce se joue actuellement au Vingtième Théâtre. Vite ! A vos réservations !

Hommage à Jean-Marie Monthiers


Je viens d'apprendre la disparition de Jean-Marie Monthiers, très grand photographe d'architecture, mais surtout un homme attentif ; attentif à l'autre, aux choses de la vie. Cette vie qui a décidé, dans la nuit de lundi à mardi, de lui fausser compagnie.
Je n'étais pas un intime de Jean-Marie, mais je considère que j'ai eu deux chances. Tout d'abord, celle d'avoir comme amie une personne très proche de lui avec laquelle nous parlions de Jean-Marie régulièrement. Puis notre première rencontre, une fin d'après-midi ensoleillée sur une terrasse, dans un lieu agréable, à l'initiative d'un autre ami*. Il ne m'a fallu que quelques mots échangés pour que je ressente que Jean-Marie était un grand Monsieur, avec les qualités essentielles que j'associe à ce terme : attentif, réservé, vrai. Apprenant qu'il était photographe, je lui soumettais - sans bien réfléchir à mon audace - quelques photos que j'avais sur mon IPhone. Il s'agissait de photos réalisées à l'occasion de la visite d'une usine désaffectée. Nous étions en concours pour transformer ce lieu en espace culturel. La végétation avait envahi les locaux désaffectés où les traces (les cicatrices ?) d'un travail industriel étaient encore bien présentes (dossiers d'inventaire dans des armoires béantes, chaises et tables éparses, renversées, tableaux de peintres du dimanche encore suspendus dans ce qui pouvait être le local du CE,... La toiture était effondrée par endroits ; certains plafonds calcinés. Il avait plu dans la nuit, et ce matin-là, le soleil d'hiver était généreux. Les photos étaient faciles.
Jean-Marie a pris le temps de les regarder et m'a fait un compliment sur leur qualité.
Quelques mois plus tard j'étais invité à l'une de ses expositions. J'avais préparé un tirage de l'une de celles que je lui avais montrées et que j'aimais particulièrement (Cf ci-dessous). Je l'avais encadrée et je lui ai donnée lors de cette exposition. Il paraissait très touché par mon geste ; je crois qu'il l'était. Mon amie m'a dit qu'il avait mis cette photo dans son bureau. C'est une fierté de ma vie ; vraiment. Merci Jean-Marie. En espérant que depuis ton poste d'observation tu puisses jeter un regard sur ce texte. N'hésite pas à y mettre un commentaire.

* Il faudra que je retrouve le texte que j'ai écrit suite à cette 1ère rencontre ; mais il est quelque part parmi les 650 textes de ce blog !

lundi 16 janvier 2012

Dictionnaire ouvert jusqu'à 22 heures

Allez, une petite avant d'aller se coucher !
Socialisme : Doctrine politique qui aime tant les pauvres qu'elle en fabrique !

Blogueurs sans bagages


Les russes m'épatent : 20 qui sont venus aujourd'hui sur Everybody Knows (presque autant que les français) ! Que n'ai-je pas été plus studieux pendant mes études secondaires quand j'avais choisi le russe en seconde langue...
ya loubliou vsetch vass ?

Médiathèque Ulysse de Saint-Denis



5ème et dernier épisode de la ballade en banlieue (pour cette fois).
Tout nouvel équipement de quartier de la Ville de Saint-Denis (janvier 2011), la médiathèque Ulysse due aux architectes Hesters et Oyon est un curieux petit objet posé dans un lieu urbain insolite composé de grands ensembles, d'un pavillonnaire modeste en brique, et en bordure d'une grande prairie. Sa façade principale porte haut, et sur toute sa surface, la traduction en 15 langues du mot "médiathèque", sérigraphié sur des panneaux de verres posés sur un voile en béton. Des volumes élémentaires aux couleurs contrastées semblent simplement placés sur la terrasse comme les pièces d'un jeu de construction.
Une interrogation : les lisses métalliques noires qui équipent le pied des façades et qui paraissent très fragiles (et qu'il faudra nettoyer en permanence) étaient-elles vraiment nécessaires ?

Logements rue Marcel Carné à Aubervilliers

4ème épisode de cette véritable "saga" de banlieue, avec un détour par Aubervilliers, dans la pointe nord-ouest de la ville, à proximité du Canal de l'Ourcq et de l'A86, face au parc Elie Lotar, réalisateur de cinéma confidentiel des années 40. Deux programmes étonnants qui se côtoient sans visiblement se fréquenter.

L'un joue la profusion de duplex en décrochés, d'encorbellements, de bow-windows dans une composition acrobatique soulignée par des teintes choisies dans une palette d'ocres, de briques et de Terre de Sienne. Les vues offertes sur le canal et le parc depuis les immenses fenêtres urbaines des derniers étages doivent être spectaculaires (bon, c'est quand même pas les hauteurs de Passy !).

L'autre joue plus sobre - on va dire "moins riche" - avec des balcons filants décorés de motifs de feuilles de papyrus (?) stylisées, une peinture des murs en vert d'eau assez pâlichonne, mais surtout une débauche superfétatoire de tiges métalliques (celles des papyrus ?) formant grilles de dalle à dalle (de balcon), interdisant pratiquement aux locataires de s'accouder à plus de deux côte à côte à leur balcon, dans une contemplation indolente du parc Elie Lotar (à quoi sert un balcon si on ne peut pas s'y accouder avec indolence à plusieurs ?).
C'est O Zone Architectures qui a réalisé le premier ensemble, et si quelqu'un peut me souffler le nom des auteurs du second ... (les commentaires ça sert à ça !).

dimanche 15 janvier 2012

Le groupe scolaire intercommunal Casarès-Doisneau à Saint-Denis par AAVP Architecture


3ème épisode de la promenade Saint-denisienne, la Mention au prix de l'Equerre d'argent 2011. A ceux qui prétendent qu'il n'y a plus de bons artisans dans le bâtiment, dites leur d'aller faire un tour dans le quartier de la Petite Espagne où se trouve cette curieuse réalisation (à nulle autre comparable !). Les deux bâtiments dont la façades donnent sur le sud sont enveloppés d'une peau métallique composée de panneaux rectangulaires couleur or (mordorés ?), perforés au laser ; l'outil miraculeux recompose un dessin en forme de losange, donnant à cette enveloppe un aspect de tissu précieux. Sur les façades est et nord, les corps de bâtiment sont revêtus d'un savant bardage bois ponctué de zones (toujours des losanges) dans lesquelles le bois a été tourné en forme de quenouilles (une nouvelle évocation du travail du tissu ?).

Le traitement de l'entourage des fenêtres évoque l'architecture vernaculaire russe. La cheminée, vestige du passé industriel du lieu, a été réhabilitée et participe pleinement, avec ces entrelacements dorés, de la composition esthétique de l'ensemble.
Petit clin d’œil supplémentaire : le drapeau de l'entrée de l'école élémentaire (façade nord) est comme un immense jouet, planté dans la façade à la façon d'un accessoire de Lego.

On sent bien que Vincent Parreira qui anime cette agence n'est pas hanté quotidiennement par les fantômes de Mies van der Rohe et son "Less is more", ou d'Adolf Loos et son "L'ornement est un crime" ! Peut-on qualifier cette architecture de "new-baroque" ou "post-post-post moderne" ?

Une chose est certaine : il s'agit de la plus belle porte de local technique jamais dessinée (à ma connaissance)

Interxion Zac du Landy à Saint-Denis par DK Architectes


2ème épisode de cette balade à Saint-Denis.
A tous ceux qui croient qu'un bâtiment industriel doit forcément être laid ou au mieux sans saveur, un seul mot d'ordre : allez faire un tour rue de la Procession ! Les architectes de l'agence DK Architectes ont dessiné un petit bijou, avec une façade d'une élégance et d'une légèreté remarquable composée (simplement ?) de longs panneaux de verre de type Reglit placés, avec beaucoup de précision, perpendiculairement à la façade et sur toute sa hauteur, selon un module assez serré (une quarantaine de cms ?).
Il parait que la nuit un éclairage anime cette façade.

Un excès de patriotisme ?

Le commissariat Saint-Denis Zac du Landy par X-TU


Premier de ces petits textes faisant suite à une escapade dominicale au nord de Paris - St Denis, Aubervilliers - afin de constater que (en s'inspirant des Inconnus) si la banlieue c'est pas forcément rose, c'est loin d'être morose ; tout du moins sur le plan architectural.
La balade commence avec un commissariat, celui du Landy, rue du même nom. Il existe des programmes plus ludiques et jubilatoires, mais il faut bien loger la police ! Les architectes de l'agence X-Tu ont choisi pour celui-ci, installé dans une zone urbanistiquement très hétéroclite, un dessin qui semble s'inspirer de plusieurs écritures : une "koolhaassienne" - probablement - avec ces deux prismes qui se télescopent, et l'austérité de traitement du parement (un béton noir sans concession), une "néo années cinquante" (ou Tati ?) avec l'inscription sur la façade de ces séries géométriques de hublots blancs, une autre enfin dans une tendance plus japonisante (le pignon nord avec son très beau vitrage comme moiré). Nos policiers sont gâtés ! Dommage que quelques traces blanchâtres soient bien visibles sur les bétons extérieurs ; participent-elles d'une esthétique un peu brutaliste, ou bien "soulagienne", ou encore d'une faiblesse dans les finitions ? Et qu'en pensent nos policiers gâtés derrière leur grands vitrages muets ?

Quoi de neuf ? Shakespeare !


Gilles Cailleau donnait ce samedi à Pantin la 508ème représentation de sa pièce "Le tour complet du cœur", soit un spectacle de 3H30 au cours duquel toute l’œuvre de Shakespeare est passée en revue (37 pièces !).
Minuscule chapiteau adossé à une antique roulotte (à moins que ce ne soit l'inverse), une cinquantaine de spectateurs privilégiés (ou tout du moins avertis) qui se pressent sur des gradins sommaires, une scène - petite évidemment -, mais ingénieusement équipée d'accessoires qui serviront au fur et à mesure de ce "one man show" pour lequel il est absolument nécessaire de prendre ses dispositions avant de pénétrer sous la tente ; et ce, pour deux raisons : primo, l'exiguïté du lieu rend toute sortie dommageable pour le spectacle ; secondo, le rire excessif peut détendre les sphincters, et là ...
Othello, MacBeth, Le songe d'une nuit d'été, Hamlet, mais aussi Timon d'Athènes, La nuit de rois, Comme il vous plaira, ... 37 oeuvres dramatiques (vous ai-je déjà dit !) sont passées au filtre magique de Gilles Cailleau, tour à tour funambule, bouffon, acrobate, musicien, improvisateur ; en un mot, Acteur, à la façon d'une Comedia del Arte qui nous fait du bien à nous, pauvres hères, frappés depuis ce sinistre vendredi 13 (janvier 2012) du sot(!) de l’infAAmie !
Merci à EV - qui se reconnaitra -, s'il parvient jusqu'ici !
Nota : pour ne pas rater la 509ème et les suivantes, aller sur le site www.attentionfragile.net

Ah ! Ah !!!!!!!!!

Il faut se ressaisir ! La France a perdu un A ; oui, OK, bon : "Frnce", c'est pas facile à dire, mais on ne va pas en faire un fromaage ! Everybody Knows a réfléchi et vous propose de voir le "AA" d'une autre façon :
- AA, c'est les initiales de la revue Architecture d'Aujourd'hui !(quand même : rappelé à l'ordre par un blogueur)
- Association Amicale (c'est déjà pas mal !) Association Amicale des Authentiques ne veut rien dire du tout d'ailleurs !
- Amour & Amitié
- AA, que l'on peut prononcer Ah ! Ah ! (avec un accent coquin), n'est-ce pas mieux que QQ ? ou le "double " ?
- Lady Gaga a bien un double A et pourtant elle fait un tabac (tiens, lui aussi !)
- Sarkozy lui n'a qu'un seul A, mais il a épousé Carla qui en a deux ! (un couple présidentiel avec un triple A en quelque sorte !)
- François Hollande, itou : un double A
- Art et Architecture
- Aa : cher aux cruciverbistes de tout poil, est un petit fleuve côtier pénard qui coule sans emmerder personne du côté de chez les Chtis
- quelques exemples de mots simples à deux syllabes qui n'ont que deux A et qui ne s'en portent pas plus mal : papa, nana, dada, baba, mama, tata, gaga (déjà dit), salsa, et évidemment caca, mais il y a aussi para, lama, kata, Valda, rasta, barda, basta, calva, gala, Alma (le zouave de), ça va ?, ...
A vous !

samedi 14 janvier 2012

Dictionnaire ouvert jusqu'à 22 heures


Noël, la nouvelle année, constituent des rites sympathiques dont l'abrogation ne figure d'ailleurs dans aucun des programmes des impétrants à la Présidence de la République (lesquels sont probablement en cours de rédaction du côté d'Arles... si vous voyez ce que je veux dire) ; et heureusement ! Dans le monde professionnel, ils nous permettent - même en temps de crise - de recevoir ces petits encouragements à poursuivre des amitiés dans l'espoir de les ponctuer (les amitiés) de découvertes gastronomiques célébrant la signature d'un beau contrat. Ainsi va la vie des affaires... même en période de dégradation ; même quand le niveau d'éthique est classé "gold" ou "platinium". M. X reçoit donc de (plus en plus) rares bouteilles de vin, une collection de cartes de voeux manuscrites (de plus en plus rares également), une avalanche de cartes électroniques dont la vocation est d'être immédiatement orientées vers la "poubelle" et, cette année, un livre dont les premières minutes de lecture constituent à elles-seules une promesse de bonheur(s) : il s'agit du "Dictionnaire ouvert jusqu'à 22 heures", établi par d'augustes membres de l'Académie Alphonse Allais, à laquelle Mr X. devrait logiquement (?) appartenir du fait de la proximité de sa résidence de campagne avec Courtenay, la ville d'Aristide Bruant, célèbre chansonnier de la fin du 19ème siècle (il figure même sur des couvercles de boîtes de brie, c'est dire !) qui partagea avec Allais, les riches heures du cabaret le Chat Noir à Montmartre.
Extraits :
"Architecte : Personne diplômée qui se prétend capable de tracer des plans originaux dans la conception d'édifices, mais qui n'a jamais été fichue de concevoir un troisième étage situé ailleurs qu'entre le deuxième et le quatrième."
Pour conclure (provisoirement) avec Alphonse Allais, on peut affirmer qu'il s'agissait d'un visionnaire puisque, avec un siècle d'avance, il arborait déjà le "double A" de ses initiales avec une certaine fierté, quand d'autres le cache comme une maladie honteuse...