lundi 6 mai 2013

Athropomorphismes espagnols

Dandy

Marx


Raval

Primitif

Tapies

Cocteau

vendredi 19 avril 2013

Dernier jour paréidolique

Samedi 20 avril, de 14H à 20H, dernier jour paréidolique au 13, rue d'Uzès Paris 2ème !






jeudi 18 avril 2013

Soirée paréidolique

Chères lectrices, chers lecteurs,
Vous êtes chaleureusement invités à venir ce soir au 13, rue d'Uzes (Paris 2ème) boire un verre paréidolique autour de quelques photos* d'un regardeur.
* qu'il n'est pas présentement possible de mettre ici car Blogspot boude !

dimanche 17 mars 2013

Château La Coste : un concentré d'épicurisme


Le domaine de Château La Coste est situé un peu au Nord d'Aix-en-Provence, sur la commune de Le Puy-Sainte-Réparade. C'est en 2003 que Patrick McKillen, un riche homme d'affaires et collectionneur irlandais ayant fait fortune dans l'immobilier, acquière cette propriété de 180 ha - dont 130 de vignes - avec dans l'idée le concept original de marier art, architecture et vin. 
Depuis juin 2011, il est ainsi possible d'effectuer une promenade d'environ une heure et demie sur un chemin parsemé d’œuvres d'art et d'architecture, aménagé sur les coteaux de la propriété. Parmi les premières, on retiendra l’œuvre intitulée Aix de Richard Serra : trois lames de métal gris-bleu, scarifiées par la rouille, qui semblent surgir de la colline comme les vestiges d'une installation mystérieuse ; la Oak Room d'Andy Goldworthy invite le marcheur à pénétrer sous terre dans un espace circulaire sombre, dont la voûte est constituée de morceaux de bois disposés de manière concentrique, et dont la taille diminue progressivement depuis le sol jusqu'au sommet à la manière d'un nid renversé ; à mi-chemin entre art et architecture, l'installation "Multiplied Resistance Screened" de Liam Gillick, propose au visiteur de manipuler plusieurs claustras de métal colorés qu'il peut faire coulisser parallèlement les uns aux autres, afin de créer un espace original constitué de la superposition de barres de couleurs différentes avec un effet proche de l'art cinétique ; le peintre Sean Scully s'est exercé à la sculpture avec l'édification d'un parallélépipède de 20 mètres de longueur, 8 mètres de large et 4 de hauteur, Wall of Light Cubed, composé de blocs de pierre de couleur rose et ardoise, striés verticalement par les tiges de forage pour la mise en place des explosifs, et dressés dans un appareillage quasi cyclopéen.
Côté architecture, plusieurs œuvres de l'architecte japonais Tadao Ando sont remarquables. A commencer par le pavillon d'accueil et le restaurant installés au milieu d'un jeu de bassins, de la surface desquels surgissent la silhouette inquiétante d'une Crouching Spider, une immense araignée de Louise Bourgeois, ou la géométrie parfaite et ésotérique d'Infinity, paraboloïde hyperbolique en acier inoxydable, d'Hiroshi Sugimoto. Le béton calepiné selon le "jo" (dimension d'un élément de tatami), marqué des emplacements des trous de banches, et la pureté des façades en verre, signent ici le travail du grand architecte japonais. Sur le point le plus élevé du parcours, Ando a relevé les vestiges d'une ancienne chapelle du XVIe siècle qu'il a placée dans une chasse en verre et métal dessinée avec une très grande simplicité et beaucoup de délicatesse. Ailleurs, c'est un pavillon entièrement en bois sombre qui accueille en son centre une installation composée de 4 cubes de verre sérigraphiée, Four cubes to contemplate our environment, que le visiteur découvre après un cheminement en pente douce (initiatique ?) dans un couloir très faiblement éclairé par quelques fentes inscrites subtilement dans l'enveloppe.  

samedi 16 mars 2013

Quoi de neuf ? Une andouillette !

Sublime découverte hier à Hyères d'une très honorable andouillette, celle de Lauris dans le Var, petite commune située au nord de La Roque-d'Anthéron la musicale. Il semblerait que ce produit magnifique, apparentée en terme de goût et de texture à la famille des Duval (Drancy), Hardouin (Vouvray) et Colin (Chablis), serait issu des coulisses de la Boucherie Pourcin, tenue par Nathalie et  Jean-Paul Cuxcac.
Elle nous fut servie sur un lit de frites maison moelleuses et un buisson de roquette parfaitement relevée par une vinaigrette également maison.
Le restaurant s'appelle Le Baraza. Il est situé à proximité du casino municipal ; lequel ne peut compter sur ce bar à vins tout à fait recommandable pour accroître sa fréquentation en clients désespérés !
Merci à Michel-Yves et Geneviève (qui se reconnaîtront s'ils parviennent jusqu'ici) pour cette découverte.

dimanche 3 mars 2013

L'apiculture selon Samuel Beckett de Martin Page

 
"L'apiculture selon Samuel Beckett" est un très court roman (moins de cent pages), écrit dans un style narratif léger et précis (il s'agit d'un journal), ponctué de paroles imaginaires dites par le grand écrivain du théâtre de l'absurde ("une idiote étiquette qu'on m'a collée"), qui sont autant d'invitations à regarder le monde autrement (n'est-ce pas la contribution essentielle de la littérature à la vie que d'offrir la possibilité d'une lecture différente du quotidien ?).
L'histoire est amusante : celle d'un doctorant en anthropologie engagé par Beckett pour classer ses archives et dont la mission est rapidement détournée par l’écrivain en falsification de ses archives car "Il faut prendre les archives comme une fiction construite par un écrivain et non comme la vérité". Le journal de cette complicité qui durera trois mois et demi révèle un Beckett très éloigné de l'image que nous pouvons avoir de lui - intellectuel presque inaccessible et l'homme au visage dur de ses portraits photographiques -, capable d'excentricités (notamment vestimentaires ou de "look" qui interrogent sur notre regard aux autres), de se passionner pour les abeilles, la cuisine ou le chocolat chaud. Mais il reste l'écrivain iconoclaste fustigeant, à l'occasion de la représentation de Godot dans une prison, les spectateurs qui sont venus de l'extérieur, ces riches qui "sont les vrais coupables. Il est logique qu'ils visitent le lieu qui devrait les accueillir.", ou comparant les supermarchés à des cimetières, "plein de morts, mais (c'est) plus coloré."





Martin Page distille à l'occasion quelques réflexions qui résonnent dans le contexte actuel. Ainsi Beckett qui se souvient de la guerre et des années de résistance, une époque où "les classes sociales étaient abolies : l'intellectuel se trouvait aux côtés de l'ouvrier, le riche était le complice du pauvre.", une époque où "on pouvait se parler et s'entendre. Se comprendre. (...) Où les gens avaient conscience que la vie était précieuse et se jouait à chaque instant (...)"
 Beckett-Page qui considère les années 80 et "les socialistes au pouvoir depuis quatre ans" qui "ont déjà cessé d'être de gauche." 
Et puis enfin ce regard sur l’œuvre littéraire : "Il faut abandonner l'idée d'être compris et bien lu. Le malentendu est la règle. Si on peut vivre en partie grâce à ce malentendu, alors tant mieux."




mercredi 27 février 2013

Il y a dans l'air vrai

La neige a bâillonné la nature,
L'engonçant dans un uniforme pacifiste
Dont les plis aléatoires ruissellent
De torrents distraits.

Un trait de fumée fantôme
Se volute avec maladresse
Sur la toile rêche de l'horizon.

Sous le soleil gris
Il y a dans l'air vrai
Un dialogue froid et métallique
Entre les détonations du fusil
Et l'aboiement rauque et servile du chien.

JN Spuarte Poème inachevé No 19

Escapade cartésienne

Champs sur Marne, Cité Descartes. Des vestiges de neige oubliés sur les talus herbeux. Des voitures débordant des parkings. Quelques étudiants pressés. Des bâtiments aux architectures éclectiques. D'abord les dinosaures : l'ESIEE de Dominique Perrault qui décline avec application la métaphore électronique et la Fonction Oblique, l'ex centre de formation de Bull de Gérard Bonnier reconverti à la cause universitaire, l'Ecole des Ponts de Chaix et Morel qui joue désormais sur une ambiguïté temporelle (années 70 ou années 90 ?) et les édifices de Jourda et Perraudin qui déclinent (très probablement) la théorie environnementale, jusqu'au bout du béton pour l'un, et du panneau de verre pour l'autre. Et puis il y a les constructions plus récentes qui méritent d'être moins brefs.
A un jet de pierre de l'ENPC, la bibliothèque universitaire de Beckmann N'Thépé, telle une épaisse barre de chocolat noir portée au-dessus du sol, ne peut pas passer inaperçue (sauf pour les aveugles... bien entendu). Soumis au diktat contemporain du porte-à-faux, et dotée d'immenses fenêtres dont le verre est serti par des griffes comme inspirées de l'orfèvrerie, la bâtiment prend ses marques sans timidité. Deux cabanes grillagées et surdimensionnées eu égard leur fonction d'abri à vélos, encadrent l'entrée principale. Un soubassement partiel en inox poli miroir (matériau décidément très tendance) se déploie en rez-de-chaussée. Un aménagement paysager bucolique (roseaux, ruisseau, pont de pierre) vient compléter la visite des extérieurs. On reviendra un autre jour pour les espaces intérieurs.
Face à ce monument de chocolat (couleur fétiche du tandem d'architectes), s'affiche sans complexe Descartes +, de l'architecte Thierry Roche, bâtiment dont on a vanté les mérites énergétiques. Le parti est ici tout autant démonstratif que chez ses confrères chocolatiers, mais dans un vocabulaire plus souple, curviligne et aérien, qui évoque une de ces figures de contorsionniste du grand cirque de Pékin. Ici sol, murs et plancher réfutent la traditionnelle tectonique architecturale.
L'espace Bienvenüe de Jean-Philippe Pargade, qu'il aime à qualifier de "bâtiment-paysage", est en voie d'achèvement, même si quelques troupes impatientes ont déjà installé leurs pénates dans ses espaces. Deux concepts se tutoient. Un premier bâtiment un peu sévère, de 200 m de long, dont l'une des deux grandes façades (la sud) est équipée d'élytres noires, en quantité suffisante pour dissuader les rayons du soleil de s'immiscer sur les paillasses, ou de pervertir le bilan thermique. L'autre façade principale, placée au nord, revendique une certaine efficacité économique. Une deuxième construction, parallèle au premier bâtiment, composée de trois grands bolducs de béton formant vagues, végétalisées sur le dessus et brutes de béton en sous-face, abritera des espaces supports, des laboratoires et le saint des saints de ces derniers : le laboratoire d'essai des structures, ajusté au dixième de millimètres ; une tolérance aéronautique dans un univers de bétonneur ! Il faudra attendre encore quelques mois avant  de découvrir toute la subtilité de ce bâtiment qui veut tenter de redonner une logique urbaine à ce "cluster" décousu, et inviter ses occupants au dialogue "savant, correct et magnifique" avec la matière.
  

lundi 25 février 2013

Searching for Sugar Man : lauréat des Oscars !


Sugar ManOn vous l'avait dit : attention, film exceptionnel ! Searching for Sugar Man a remporté la palme aux Oscars dans la série Documentaire ! 
Et si vous lisiez plus souvent "Everybody Knows" ?

 Allez, on vous aide ! Tapper sur :

http://lci.tf1.fr/cinema/news/oscars-2013-le-documentaire-sugar-man-recompense-7850903.html

"Sugar Man", le formidable documentaire à la recherche de Sixto Rodriguez, a glané l'Oscar du meilleur film documentaire lors de la 85e cérémonie. Retour sur un film désormais culte.
Dans "Sugar Man", sortie en salles le 26 décembre dernier, Malik Bendjelloul retrace le parcours hors-norme de Sixto Rodriguez, star déchue de la Motown, icône du mouvement contre l'Apartheid en Afrique du Sud.
Au début des années 70, Sixto Rodriguez enregistre deux albums sur un label de Motown. C'est un échec, à tel point qu'on raconte qu'il se serait suicidé sur scène. Plus personne n'entendit parler de Rodriguez. Sauf en Afrique du Sud où, sans qu'il le sache, son disque devint un symbole de la lutte contre l'Apartheid. Des années plus tard, deux fans du Cap partent à la recherche de "Sugar Man". Ce qu'ils découvrent est une histoire faite de surprises, d'émotions et d'inspiration.
Vous connaissez sa musique, moins sa "drôle de vie"
Le suédois Malik Bendjelloul raconte une histoire qu'il aurait fallu inventer si elle n'existait pas. En l'occurrence, celle de Sixto Rodriguez, chanteur folk de Détroit, auteur de deux albums au début des années 70. Un génie maudit au parcours singulier qui a semé le mystère en se retirant de la scène musicale, avant de devenir sans le savoir une icône du mouvement contre l'Apartheid en Afrique du Sud et d'être accueilli comme un Dieu lors d'une tournée là-bas à la fin des années 1990. Ce documentaire, aux allures de "documenteur" façon "F For Fake", d'Orson Welles et "Forgotten Silver", de Peter Jackson, construit comme une enquête policière avec l'inévitable retournement de situation en milieu de parcours, est clairement divisé en deux parties : la première nourrie de fantasmes et axée sur le mystère Sixto Rodriguez, la seconde sur la renaissance dans tous les sens du terme de cet émule de Bob Dylan, passé pour mort.
Malik Bendjelloul, attentif aux interventions et jamais dans le didactisme, respecte à fond l'œuvre d'un artiste humble, discret et sensible, comme la mélancolie et la poésie industrielle inhérentes au folk. Au prime abord, on pourrait penser à une succession d'actes manqués et à un gâchis artistique considérable (et si Sixto Rodriguez avait signé d'autres albums ?). Mais la beauté de "Sugar Man", sa classe aussi, c'est précisément de distinguer l'homme de la légende, la réalité du mythe. De suggérer, rien que par la force des images voire de l'animation, qu'en ne connaissant pas les joies et les revers de la célébrité et en échappant aux producteurs ayant empoché le pactole à sa place, Sixto Rodriguez n'a rien manqué. Tout simplement parce qu'il avait l'essentiel (une famille aimante dans une petite maison du Michigan), qu'il est devenu un héros pour ses filles, qu'il a eu plusieursvies en une seule (il s'est notamment présenté aux élections municipales) et que finalement il n'est pas passé à côté de la sienne.

"Sugar Man", le formidable documentaire à la recherche de Sixto Rodriguez, a glané l'Oscar du meilleur film documentaire lors de la 85e cérémonie. Retour sur un film désormais culte.
Dans "Sugar Man", sortie en salles le 26 décembre dernier, Malik Bendjelloul retrace le parcours hors-norme de Sixto Rodriguez, star déchue de la Motown, icône du mouvement contre l'Apartheid en Afrique du Sud.
Au début des années 70, Sixto Rodriguez enregistre deux albums sur un label de Motown. C'est un échec, à tel point qu'on raconte qu'il se serait suicidé sur scène. Plus personne n'entendit parler de Rodriguez. Sauf en Afrique du Sud où, sans qu'il le sache, son disque devint un symbole de la lutte contre l'Apartheid. Des années plus tard, deux fans du Cap partent à la recherche de "Sugar Man". Ce qu'ils découvrent est une histoire faite de surprises, d'émotions et d'inspiration.
Vous connaissez sa musique, moins sa "drôle de vie"
Le suédois Malik Bendjelloul raconte une histoire qu'il aurait fallu inventer si elle n'existait pas. En l'occurrence, celle de Sixto Rodriguez, chanteur folk de Détroit, auteur de deux albums au début des années 70. Un génie maudit au parcours singulier qui a semé le mystère en se retirant de la scène musicale, avant de devenir sans le savoir une icône du mouvement contre l'Apartheid en Afrique du Sud et d'être accueilli comme un Dieu lors d'une tournée là-bas à la fin des années 1990. Ce documentaire, aux allures de "documenteur" façon "F For Fake", d'Orson Welles et "Forgotten Silver", de Peter Jackson, construit comme une enquête policière avec l'inévitable retournement de situation en milieu de parcours, est clairement divisé en deux parties : la première nourrie de fantasmes et axée sur le mystère Sixto Rodriguez, la seconde sur la renaissance dans tous les sens du terme de cet émule de Bob Dylan, passé pour mort.
Malik Bendjelloul, attentif aux interventions et jamais dans le didactisme, respecte à fond l'œuvre d'un artiste humble, discret et sensible, comme la mélancolie et la poésie industrielle inhérentes au folk. Au prime abord, on pourrait penser à une succession d'actes manqués et à un gâchis artistique considérable (et si Sixto Rodriguez avait signé d'autres albums ?). Mais la beauté de "Sugar Man", sa classe aussi, c'est précisément de distinguer l'homme de la légende, la réalité du mythe. De suggérer, rien que par la force des images voire de l'animation, qu'en ne connaissant pas les joies et les revers de la célébrité et en échappant aux producteurs ayant empoché le pactole à sa place, Sixto Rodriguez n'a rien manqué. Tout simplement parce qu'il avait l'essentiel (une famille aimante dans une petite maison du Michigan), qu'il est devenu un héros pour ses filles, qu'il a eu plusieursvies en une seule (il s'est notamment présenté aux élections municipales) et que finalement il n'est pas passé à côté de la sienne.

dimanche 24 février 2013

Blow of wind in London



Le nouveau bâtiment de la banque Rothschild dans la City, signée Rem Koolhaas, est une petite merveille d'architecture contemporaine qui évacue (définitivement ?) l'idée trop répandue qu'en dehors du paraboloïde hyperbolique déconstruit et sensuel, il n'y a pas d'avenir à l'architecture. Le regardeur averti (ou celui qu'on avertira) ne manquera pas d'identifier les références miessiennes multiples et détournées : travertin placé au plafond, composition à angles droits, cadrage des espaces, ... Le hall mériterait à lui-seul un examen minutieux. Rien n'est laissé au hasard et tout semble simple.

La tour Shard s'inscrit dans un tout autre registre mais partage avec le bâtiment précédent une qualité : la très grande maîtrise de l'espace et de sa construction. Désormais plus haute tour d'Europe avec ses 310 m au sommet de l'antenne, elle a été conçue par RPBW, l'agence de Renzo Piano. La signature est évidente : vérité du système constructif sans verser dans l'esthétisation du corpus high tech. La nuit, sa silhouette évoque un édifice de Gotham City, et on s'attend à y voir surgir l'ombre de Batman prête à plonger au cœur de la ville. Baptisée "Shard" (l'éclat ou l'esquille- de verre) elle évoque la dureté (métaphore du monde financier qu'elle domine ?). Elle est à l'opposé total d'une tour comme l'Aqua Tower de Chicago.

Le nouvel hôtel 5 étoiles de la chaîne Marriott qui se loge dans la gare St Pancras mérite le détour (si ce n'est le séjour). Ici, le néo gothique et l'architecture métallique du 19ème sont à l'honneur. Il faut y admirer les peintures au pochoir sur les murs, les hauteurs sous plafond déraisonnables, les sols alternant le bois, la pierre et la mosaïque, les escaliers en bois et ferronneries à l'air tout à fait martial.  La restauration de ces anciens bureaux d'employés de la SNCF locale a été conduite de manière remarquable.

mardi 19 février 2013

Une buche en équilibre sur la braise.
Des voix confidentes qui fuient le temps
Et ces deux coupes dessechées
Au parfum de champagne.
Un baiser sur le cristal
Et le reflet indolent de la flamme
Comme un voile sur l'objet de sable.
Une odeur de paix
Et d'autres ombres intimes
Lèchent les murs de touches molles
Tout est pretexte à la mesure.
Une buche en équilibre sur la braise
Ce soir, a trompé la mort.
Une fourmi minuscule
Echappe à son destin.

JN Spuarte Poeme 31


lundi 18 février 2013

Debout une fois encore demain ?

Le chat paresse avec élégance.
Ailleurs, la nuit froide fige le mystère
De l'homme couché sur sa grille viciée
Le long des berges sales ;
Visible mais invisible.

Debout une fois encore demain ?

Ivre de solitude, les pieds souillés
Des reliefs volés à vos poubelles,
Trop près du vacarme imbécile
Du trafic des hommes parfumés,
Abrutis de macadam et du temps.

Debout une fois encore demain ?

L'épaule pressée contre la pierre
Humide et seule confidente,
Silhouette oublié des miroirs,
Le regard orphelin définitif
Sans aucune mer où sombrer.

Debout une fois encore demain ?

Je t'imagine le corps pressé,
Refermé sur l'absence,
Reniflant le poison des échappements
Sans pouvoir toi-même t'échapper,
En sursis sur ton refuge d'acier.

Debout une fois encore demain ?

Le chat paresse avec élègance.
Ici peut-être ailleurs, ne crois-tu pas ?

JN Spuarte Poème N°3




Un texte un jour

Voila une petite appli pour IPhone qui risque de vous rendre plus intelligent chaque jour ! Par les temps qui courent, c'est un vrai luxe !
Tous les matins, plutôt que d'écouter la pub débile des radios périphériques, ou les conseils foireux d'une radio de boursicoteurs, vous tapez :

Et hop, un petit bouillon de culture matinal ! Et si vous êtes d'un tempérament joueur : il y a le Quizz ! Pas facile le Quizz ! Vous avez dit Quizz ? Comme c'est Quizz !

dimanche 10 février 2013

Searching For Sugar Man

Si vous n'avez pas encore vu ce film, il faut vous précipiter dans l'une des rares salles qui l'accueillent encore (2 à 3 salles sur Paris). C'est un chef d'oeuvre, tant sur le fond (une histoire extraordinaire) que sur la forme (très belles images du Cap, de Détroit, montage remarquable et les Chansons... à faire pâlir de jalousie Bob Dylan !). Au tout début des années 70 un ouvrier de Détroit d'origine mexicaine, Sixto Diaz Rodriguez, enregistre deux disques. C'est un flop absolu aux USA. Par un hasard invraisemblable, l'un des disques, "Cold Fact", atterrit en Afrique du Sud et devient le symbole de la révolution anti-apartheid. Rodriguez devient une idole pour toute une génération de jeunes qui ne supporte plus de vivre sous le joug de la dictature raciste de Peter Botha. Les familles libérales blanches du Cap possèdent toutes à cette époque au moins trois disques : Abbey Road des Beatles, The Sound of Silence de Simon and Gardfunkel, et Cold Fact de Rodriguez ! Il est là-bas plus célèbre que les Stones et Elvis Presley ; et en même temps, il est totalement inconnu aux USA (on ne parle pas de l'Europe !). Et puis on perd totalement la trace de Rodriguez dans les années 80. La rumeur prétend qu'il s'est suicidé en se tirant une balle dans la tête lors d'un concert, ou qu'il s'est immolé, également sur scène. C'est l'acharnement d'un fan et celui d'un critique musical sud-africains qui vont permettre de le retrouver, près de 30 ans après ses premiers enregistrements. Il est à toujours à Détroit, vit dans une maison presque en ruine, il est ouvrier dans le bâtiment, spécialisé dans la démolition et la rénovation, et personne ne sait autour de lui qui il est vraiment. Il ignore de son côté totalement le succès fabuleux qu'il a en Afrique du Sud ! A la fin du film, son employeur le compare à un vers à soie capable de détenir un secret et d'en révéler un jour la beauté ; celle de l'âme humaine. Rare, émouvant et magnifique !
Merci à TF qui m' a fait découvrir ce film (il me connait bien le bougre !), et qui se reconnaitra s'il parvient jusqu'ici...


samedi 2 février 2013

Ingénieurs et mathématiciens au service de l'art

Dans son billet du supplément hebdomadaire "science & techno" du journal "Le Monde", Cédric Villani (médaille Fields) évoque "l'importance du triptyque mathématiques-physique-informatique dans le cinéma actuel", et rend hommage à des mathématiciens comme Euler ou d'Alembert, et d'autres plus proches de nous, grace aux travaux desquels les derniers héros des studios Pixar "ont des expressions bien plus mobiles que ce que les nerfs faciaux humains peuvent réaliser" ; et tout cela par "l'analyse des équations aux dérivées partielles, la géométrie constructive, les estimations probabilistes, l'algèbre linéaire", combinés à la puissance informatique. Cédric Villani de conclure, après un clin d'oeil à Léo Ferré et sa "mathématique bleue", en indiquant que toutes ces subtilités techniques échappent au spectateur : "dans ce domaine (le cinéma) la technologie ne doit pas se faire remarquer, mais juste fournir l'écrin où l'art des scénaristes et metteurs en scène pourra s'épanouir." Vous remplacez technologie par ingénierie, cinéma par architecture et enfin, scénaristes et metteurs en scène par architectes, et ça marche aussi !

Quoi ? Le bonheur

 Quoi ? Un ciel d'encre perlé d'étoiles.
Schubert qui flotte sur l'herbe fraichement décapitée.
Un seringua qui sent l'oranger, la jeune mariée et l'espoir.
Le tutoiement familier du vent dans les arbres.
Le babille de cristal des oiseaux.
Les feuilles argentées des tilleuls qui vibrent sous la lumière.
Les ombres blanches des bouleaux.
Le mur de pierres sèches, immuable.
La flamme qui séduit comme une danseuse de flamenco.
Soudain il neige un duvet du saule.
Quoi ? Le bonheur !

Poème No 43 JN Spuarte

mardi 22 janvier 2013

Anima de Wajdi Mouawad



On referme "Anima" de Wajdi Mouawab, troublé par ce long roman, écrit dans une langue riche, poétique, ensorceleuse, qui vous entraine à la poursuite d'un serial killer particulièrement épouvantable, du Canada des réserves indiennes à l’Amérique profonde, aux cotés de Wahhch Debch, un homme dont la femme a été cruellement assassinée par ce monstre. 
Mais "Anima" c'est encore autre chose, puisque le récit est vu au travers des yeux  - ou des sens - d'animaux croisés dans cette chasse à l'homme. Tout un bestiaire du continent nord-américain y passe, et la mise en perspective de l'histoire par le biais d'une multitude de perceptions animales est à la fois insolite et intéressante.
Mais "Anima", c'est encore plus : un mystère terrible que l'on sent sourdre lentement, dont certains éléments apparaissent par touches énigmatiques, au fil des pages,  jusqu'au dénouement cauchemardesque. 
Faut-il ajouter qu'"Anima" c'est aussi un regard sur l'homme, cette espèce capable du meilleur comme du pire (et Wajdi Mouawad est capable lui aussi d’écrire des phrases porteuses d'une infinie tendresse, comme d'autres d'une insoutenable cruauté) ?
Livre déroutant, qui développe une impression étonnante de vulnérabilité et de puissance. Livre magnifique, à ne pas forcément recommander aux âmes sensibles. 
Wajdi Mouawad sera présent à la Librairie de l'Escalier, 12, rue Monsieur Le Prince, Paris 6ème, le vendredi 1er février à 19H00 pour une rencontre.


dimanche 20 janvier 2013

Le deuil

JN Spuart, poète (1924-1968) a publié un recueil de 77 poèmes. Extrait. Poème N°18

La pluie étincelle le macadam.

Sous  les toits de la ville
Une  vie en fuite de drames
S'échappe, volutes fébriles,
Dont un vent mauvais se moque.

Le ciel gorgé de vide,
Bavard d'un indicible soliloque,
Sur le convoi humide
Pèse de son malheur.

Une vie épuisée de vivre
A renoncé à sa douleur.
Effacer des pages du Livre,
La fortune dérisoire des habitudes
Que le temps pare de certitudes.

lundi 14 janvier 2013

Sens cachés

La bougie parfumée est éteinte.
Sur le bois calme de la table,
Un livre pressent l'étreinte
D'une main chaude, seule capable,
De délivrer le sens
Des sens cachés
Oh meurtres ! Oh innocences !
Tout serait-il désormais consommé ?

Poème N°6 JN Spuart

mardi 8 janvier 2013

Ivresse

Il se résigne aux tâches sombres de ses mains
Quand le miroir lui rabâche un infini matin.
Il ne parvient pas à s'épargner des rêves la folie
Et la nuit l'embarque traquer l'oubli.
Il est un conquistador sans plus aucune conquête
Sur une terre qui décomposent de pompeuses défaites.
Il est un étranger jusque dans la solitude
Dont les mains se menottent sur des habitudes.

Poème N°53 JN Spuart     

Rue des voleurs de Mathias Enard


Avec "Rue des voleurs", Mathias Enard frappe un grand coup... dans l'estomac du lecteur, sans gant et, pour poursuivre dans la métaphore du "Noble art", son héros Lakhdar, un jeune marocain de 20 ans originaire de Tanger, est à l'image du boxeur de seconde zone, out-sider définitif, hissé malgré lui sur un ring planté au fond d'une salle glauque pour un combat perdu d'avance.
Entre deux rounds, groggy, abimé, il peut encore rêver d'une terre non promise, l'Europe, d'un espoir fragile en la personne de Judit, une étudiante espagnole draguée au hasard de son désœuvrement, et qui sera son premier vrai et seul amour.
Sur fond de révolutions arabes désenchantées, de crise économique qui broie des hordes de damnés dont des grappes viennent s'échouer sur les côtés d'Algésiras pour alimenter le commerce d'un névrosé morbide , le jeune Lakhdar va surnager grâce aux amitiés interlopes (dont celles de musulmans radicaux), l'espoir représenté par Judit, et surtout les livres, "ces compagnons de route, dans la révolte ou la resignation, dans la foi ou l'abandon."
C'est un livre magnifique, cruel, tendre et brutal où Mathias Enard va jusqu'au bout de sa démonstration : "Les hommes sont des chiens, ils se frottent les uns aux autres dans la misère, ils se roulent dans la crasse sans pouvoir en sortir, se lèchent le poil et le sexe à longueur de journée, allongés dans la poussière prêts à tout pour le bout de barbaque ou l'os pourri qu'on voudra bien leur lancer..."
Merci à Marie-Bé P., qui se reconnaîtra si elle parvient jusqu'ici !

jeudi 3 janvier 2013

L'Omega des Chevaliers

Les yeux épuisés aux larmes
Et les corps oubliés des âmes
Et pourtant le ciel est ouvert
A l'oiseau solitaire.
De son suaire innocent
Une araignée tisse le temps
Outil de capture
Ou mortelle parure ?
Les ongles sur le sable ont dessiné
L'oméga des chevaliers
Fils de Don Quichotte
Qu'une Mancha dévote
Ne protège plus pour en finir
Que d'un silence contaminé d'un soupir.

Poème 18 de JN Spuart




mercredi 2 janvier 2013

Golden Book 2012


 De la vingtaine de livres lus au cours de l'année 2012, le palmarès Everybody Knows du meilleur livre est décerné à :
Toutes catégories et Golden Book 2012 : "La peste et le choléra" de Patrick Deville

Prix Spécial du Jury : "La Déesse des petites victoires" de Yannick Grannec










Prix Spécial Square Littéraire : "La mort d'Artemio Cruz" de Carlos Fuentes





Catégorie BD : "Saison brune" de Philippe Suarzoni


Catégorie Classiques : "L'invention de Morel" d'Adolfo Bioy Casares


Catégorie Étranger : "Home" de Toni Morrisson











Catégorie Politique : " Le Capital en manga" de Charles Louis Dutournay



Catégorie Nostalgie : "L'année de rhéto" d'Antoine Compagnon

Catégorie Humour : "Le cas Sneijder" de Jean-Paul Dubois



Catégorie Poésie : "Recueil de 77 poèmes" de JN Spuart