mardi 22 janvier 2013

Anima de Wajdi Mouawad



On referme "Anima" de Wajdi Mouawab, troublé par ce long roman, écrit dans une langue riche, poétique, ensorceleuse, qui vous entraine à la poursuite d'un serial killer particulièrement épouvantable, du Canada des réserves indiennes à l’Amérique profonde, aux cotés de Wahhch Debch, un homme dont la femme a été cruellement assassinée par ce monstre. 
Mais "Anima" c'est encore autre chose, puisque le récit est vu au travers des yeux  - ou des sens - d'animaux croisés dans cette chasse à l'homme. Tout un bestiaire du continent nord-américain y passe, et la mise en perspective de l'histoire par le biais d'une multitude de perceptions animales est à la fois insolite et intéressante.
Mais "Anima", c'est encore plus : un mystère terrible que l'on sent sourdre lentement, dont certains éléments apparaissent par touches énigmatiques, au fil des pages,  jusqu'au dénouement cauchemardesque. 
Faut-il ajouter qu'"Anima" c'est aussi un regard sur l'homme, cette espèce capable du meilleur comme du pire (et Wajdi Mouawad est capable lui aussi d’écrire des phrases porteuses d'une infinie tendresse, comme d'autres d'une insoutenable cruauté) ?
Livre déroutant, qui développe une impression étonnante de vulnérabilité et de puissance. Livre magnifique, à ne pas forcément recommander aux âmes sensibles. 
Wajdi Mouawad sera présent à la Librairie de l'Escalier, 12, rue Monsieur Le Prince, Paris 6ème, le vendredi 1er février à 19H00 pour une rencontre.


dimanche 20 janvier 2013

Le deuil

JN Spuart, poète (1924-1968) a publié un recueil de 77 poèmes. Extrait. Poème N°18

La pluie étincelle le macadam.

Sous  les toits de la ville
Une  vie en fuite de drames
S'échappe, volutes fébriles,
Dont un vent mauvais se moque.

Le ciel gorgé de vide,
Bavard d'un indicible soliloque,
Sur le convoi humide
Pèse de son malheur.

Une vie épuisée de vivre
A renoncé à sa douleur.
Effacer des pages du Livre,
La fortune dérisoire des habitudes
Que le temps pare de certitudes.

lundi 14 janvier 2013

Sens cachés

La bougie parfumée est éteinte.
Sur le bois calme de la table,
Un livre pressent l'étreinte
D'une main chaude, seule capable,
De délivrer le sens
Des sens cachés
Oh meurtres ! Oh innocences !
Tout serait-il désormais consommé ?

Poème N°6 JN Spuart

mardi 8 janvier 2013

Ivresse

Il se résigne aux tâches sombres de ses mains
Quand le miroir lui rabâche un infini matin.
Il ne parvient pas à s'épargner des rêves la folie
Et la nuit l'embarque traquer l'oubli.
Il est un conquistador sans plus aucune conquête
Sur une terre qui décomposent de pompeuses défaites.
Il est un étranger jusque dans la solitude
Dont les mains se menottent sur des habitudes.

Poème N°53 JN Spuart     

Rue des voleurs de Mathias Enard


Avec "Rue des voleurs", Mathias Enard frappe un grand coup... dans l'estomac du lecteur, sans gant et, pour poursuivre dans la métaphore du "Noble art", son héros Lakhdar, un jeune marocain de 20 ans originaire de Tanger, est à l'image du boxeur de seconde zone, out-sider définitif, hissé malgré lui sur un ring planté au fond d'une salle glauque pour un combat perdu d'avance.
Entre deux rounds, groggy, abimé, il peut encore rêver d'une terre non promise, l'Europe, d'un espoir fragile en la personne de Judit, une étudiante espagnole draguée au hasard de son désœuvrement, et qui sera son premier vrai et seul amour.
Sur fond de révolutions arabes désenchantées, de crise économique qui broie des hordes de damnés dont des grappes viennent s'échouer sur les côtés d'Algésiras pour alimenter le commerce d'un névrosé morbide , le jeune Lakhdar va surnager grâce aux amitiés interlopes (dont celles de musulmans radicaux), l'espoir représenté par Judit, et surtout les livres, "ces compagnons de route, dans la révolte ou la resignation, dans la foi ou l'abandon."
C'est un livre magnifique, cruel, tendre et brutal où Mathias Enard va jusqu'au bout de sa démonstration : "Les hommes sont des chiens, ils se frottent les uns aux autres dans la misère, ils se roulent dans la crasse sans pouvoir en sortir, se lèchent le poil et le sexe à longueur de journée, allongés dans la poussière prêts à tout pour le bout de barbaque ou l'os pourri qu'on voudra bien leur lancer..."
Merci à Marie-Bé P., qui se reconnaîtra si elle parvient jusqu'ici !

jeudi 3 janvier 2013

L'Omega des Chevaliers

Les yeux épuisés aux larmes
Et les corps oubliés des âmes
Et pourtant le ciel est ouvert
A l'oiseau solitaire.
De son suaire innocent
Une araignée tisse le temps
Outil de capture
Ou mortelle parure ?
Les ongles sur le sable ont dessiné
L'oméga des chevaliers
Fils de Don Quichotte
Qu'une Mancha dévote
Ne protège plus pour en finir
Que d'un silence contaminé d'un soupir.

Poème 18 de JN Spuart




mercredi 2 janvier 2013

Golden Book 2012


 De la vingtaine de livres lus au cours de l'année 2012, le palmarès Everybody Knows du meilleur livre est décerné à :
Toutes catégories et Golden Book 2012 : "La peste et le choléra" de Patrick Deville

Prix Spécial du Jury : "La Déesse des petites victoires" de Yannick Grannec










Prix Spécial Square Littéraire : "La mort d'Artemio Cruz" de Carlos Fuentes





Catégorie BD : "Saison brune" de Philippe Suarzoni


Catégorie Classiques : "L'invention de Morel" d'Adolfo Bioy Casares


Catégorie Étranger : "Home" de Toni Morrisson











Catégorie Politique : " Le Capital en manga" de Charles Louis Dutournay



Catégorie Nostalgie : "L'année de rhéto" d'Antoine Compagnon

Catégorie Humour : "Le cas Sneijder" de Jean-Paul Dubois



Catégorie Poésie : "Recueil de 77 poèmes" de JN Spuart