mercredi 16 décembre 2009

Spleen existentiel


Il y a des soirs où on se demande à quoi ça sert. Tout ça. Dans moins de 50 ans, il est probable que les personnes qui se souviendront de vous se compteront sur les doigts de la main. En étant optimiste. Et dans votre descendance. L'ingratitude que vous témoignez à ceux qui se sont employés, sans faire exprès la plupart du temps, à vous donner une existence, sera partagée par ceux-là même à qui vous avez donné l'illusion d'exister pour une éternité. Car on a toujours un peu cette illusion quand on vit. Notre unicité, notre singularité sont des facteurs de trouble de la lucidité. C'est vrai que le présent n'appartient qu'aux seuls vivants. C'est essentiellement le privilège, à la fois dérisoire et fondamental, qu'ils ont sur les absents. Autrement dit une sorte de luxe. Nous en avons rarement conscience. Mais est-ce bien un luxe pour tout le monde que de vivre ? Vivre étant compris ici dans son acception la plus sommaire ; c'est à dire survivre. Le SDF qui dort ce soir dans le recoin du Conservatoire de musique du 7ème arrondissement, a-t-il conscience de ce "luxe" ? Mais, dans cette pièce, seul mon chat s'en fout ce soir. Et c'est sans doute lui qui a raison.

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