mardi 28 novembre 2023

De la COP28 et du foutage de gueule


 Dans une tribune parue sur le site « Le Monde.fr» daté du 28 novembre, l’économiste Christian de Perthuis, se veut optimiste en écrivant que le fait que la COP 28 se tienne aux Émirats peut être « une occasion de poser clairement la question de la sortie des énergies fossiles. » 

Avec un président de cette COP ministre de l’industrie du pays hôte et PDG de l’une des plus grandes compagnies pétrolières du Moyen-Orient (laquelle envisage d’augmenter sa production de 25% dans les 4 ans à venir) s’est une position qui semble relever du vœux pieux, sinon du pari insensé. 

Demande-t-on à un banquier de voter en faveur de la suppression des paradis fiscaux, ou à un agent immobilier de lutter contre la spéculation dans son secteur d’activité ?

Cette COP des énergies fossiles sera le triomphe des climatosceptiques. Comment pourrait-il en être autrement ?

A une époque où même l’Europe capitule devant le lobby des producteurs de pesticides, on ne voit pas bien comment cette COP-là, pour laquelle on annonce des records d’accréditation des lobbys des énergies fossiles, renverserait la table et édicterait des accords contraignants, supprimant sine die et ipso facto les nouvelles autorisations de forage où « tout simplement » confirmant les accords de Paris, ce qui serait le minimum pour réduire les impacts de la crise environnementale.

Je parierais que la majorité des types qui vont débattre dans les salles climatisées de Dubaï considère que les conclusions du GIEC sont très exagérées, que les scientifiques qui alertent sur l’impact mortifère des énergies fossiles sur la biodiversité sont à la recherche de sensationnel et qu’enfin, il faut avoir confiance dans l’intelligence humaine qui nous a « toujours sauvés ».

Bref, cette COP 28, ne serait-ce que par sa localisation, démontre l’aveuglement autant que le cynisme de ceux qui détiennent aujourd’hui le pouvoir (industriels, puissances pétrolières, banquiers, milliardaires) et qui n’envisagent pas une seule seconde de modifier d’un iota leur train de vie.

« Parlez-moi de la COP28 et j’vous fous mon poing sur la gueule, sauf le respect que je (ne) vous dois (pas) », aurait pu chanter Brassens.

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