samedi 4 février 2017

Quand Fillon censurait Descartes ...

Exhumé de mes archives, ce petit texte enjoué datant de janvier 2009, dans lequel un dénommé François Fillon, probablement sénateur de la Sartre, tranche en défaveur du transfert du crâne de Descartes au Prytanée Militaire de La Flèche. Rien d'autre. On ne tire pas sur l'ambulance...

François Fillon a tranché : le crâne du philosophe René Descartes restera au Musée de l'Homme, avec ses potes (un australopithèque et le moulage du crâne d'un footballeur ; quel télescopage !),et n'ira donc pas au Prytanée Militaire de La Flèche qui en revendiquait l'exposition au prétexte que l'illustre philosophe avait été pensionnaire pendant huit ans entre ses murs, à l'époque jésuistique, bien avant que le goupillon ne le cédât au sabre.
Qu'à cela ne tienne, je suis prêt à proposer mon organe encéphalique, et sacrifier mon intégrité post-mortem en substituant mon pariétal et ses voisins anatomiques au vénérable ossuaire cartésien. Il faut raison garder en la circonstance : il ne s’agit après tout que d’accepter d’exposer une partie de son squelette, vraisemblablement la plus noble, sur les bords du Loir, au pays des rillettes et du Vert Galant ! Sans fausse modestie abusive, je dois convenir que je suis à l’heure actuelle un peu moins illustre que mon honorable ancien (bien que la messe ne soit pas totalement dite et que je dispose, je l'espère, d'un peu de répit pour atteindre une quelconque - et néanmoins improbable - postérité !).

Avec l'auteur du Discours de la Méthode, la seule chose avérée que nous partageons, est d’avoir usé nos fonds de culottes respectives pendant de trop longues années, en ce même lieu infichu, à 4’ et 34’’ près, de s’aligner sur le méridien de Greenwich.
Une autre chose encore et parfaitement évidente, c’est que je suis autrement plus sympathique que René la Science qui, parce qu’il avait des insomnies liées à un transit intestinal défectueux –les historiens sont unanimes -, est parvenu à soppoter des générations de potaches avec ses théories fumeuses et, qui plus est, à dresser des dynasties de premiers de la classe prétentieux qui vous rabattent les oreilles avec la question de la Méthode, la logique binaire ou le raisonnement analytique, incapables qu’ils sont d’anticiper l’évidence, faute d’avoir inscrit dans leur programme génétique les mots rêve, poésie et humanité, et de reconnaitre que l’Homme, configuré selon les préceptes du triste René, peut-être le plus redoutable engin de destruction massive que l’Histoire ait jamais engendré.
Tout ça pour dire que mon crâne, même s’il ne jauge qu’un timide 58, pourrait être considéré avec attention par les membres dépités de l’association de soutien au rapatriement de la boîte cartésienne. Je propose donc de lancer sur le web une pétition pour le rapatriement (s’il vous plait après ma mort) de mon crâne à La Flèche (de préférence après ma mort) ; le reste de mon corps de rêve devant appartenir à la terre insulaire de Bréhat, comme chacun sait. Parallèlement à cette pétition, j’engage les signataires à souscrire massivement à la Fondation pour l’exposition du réceptacle de ma cervelle. J’envisage en effet, si ces types du Prytanée ont un peu de suite dans les idées, de soumettre ma venue partielle à la condition expresse d’être exposé dans une boîte de verre, sur l’autel baroque de la chapelle royale, en vis-à-vis du cœur d’Henri IV, qui se trouve bien seul depuis près de 4 siècles. Si la générosité devait être au rendez-vous, il serait convenable de réserver un peu de crédit au montage d’un petit son et image truculent, où l’on verrait mis en scène, sous le regard intraitable de mes orbites aveugles, les frasques croustillantes du bon roi Henri.
Je gage que ce spectacle raffiné réjouisse plus d’un touriste égaré qui s’obligeait à visiter les ores d’une église baroque estampillée trois étoiles. Là, je délire…

Nota : je ne connais rien à Descartes, et c’était juste pour causer !...

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