mardi 20 octobre 2026

« La solitude des professeurs est infinie », de Yanick Haenel. Rimbaldien. Un hymne aux « Perdants magnifiques »

Si Yannick Haenel n’a pas le Goncourt, c’est que le jury n’a rien compris à ce qui se passe aujourd’hui dans notre société. 

Bon, je dis ça parce que j’ai été emballé par ce bouquin rimbaldien, un « bouquin ivre », des fulgurances, une ode à la générosité (celle-là même qui a déserté les cénacles du pouvoir et qui se brandit dans les cortèges), et à la Littérature comme vecteur du lien social et d’une transcendance.

Les profs sont ici des « Perdants magnifiques » et Haenel, inspiré par Léonard Cohen, reprend cette phrase essentielle du grand poète : « There is a crack in everything, that’s how the light gets in ».

Haenel, depuis « Les petits soldats » (le bouquin racontant ses années au Prytanée), n’a jamais cessé d’écrire comme un écorché vif marginal, jusqu’à aujourd’hui avec ce dernier opus qui fouraille au cœur d’une institution qui n’est plus qu’un socle vacillant, au plus près de ce qui en fait la substance : les élèves et la question de la transmission.

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