mardi 11 août 2026

2 livres pour boomers un tantinet intellos

Bien que n’appartenant pas à cette catégorie de la population (plutôt « post-boomer et moyennement intello), je ne peux que recommander la lecture de ces 2 ouvrages, lus pratiquement en parallèle : « Ghost stories » de Siri Husdvedt ayant été commencé puis interrompu pour lire l’excellent « Zem » de Laurent Godé (pour un public plus large), et repris ultimement après avoir achevé « Au fond des années passées » de Jens Christian Grondhal. Les 2 auteurs ont respectivement 71 ans (pour Siri) et 67 ans (pour Jens Christian). Bien qu’il s’agisse de 2 récits différents - l’évocation de la mort de son mari, Paul Auster en avril 2024 et sa vie d’après, pour la 1ere ; la rencontre, 40 années après leur séparation d’un amour de jeunesse, pour le second -, il s’agit bien d’histoires d’amour entre 2 êtres que le temps a uni ; dans une vie de couple fusionnel pour Siri et Paul Auster, dans une mémoire jamais effacée pour Jens Christian et Anna. Mais, quand l’absence ne sera comblée que par le fantôme de l’être aimé dans un cas, l’apparition, après une séparation de 40 ans pour l’autre, donnera lieu à une nouvelle vie à deux, bien que la maladie incurable du narrateur fait planer sur cette résurrection la perspective d’une nouvelle séparation, celle-ci définitive. Il ne s’agit toutefois pas de livres comparables, même si les personnages et les thèmes centraux peuvent présenter des analogies. Les styles sont très différents. « Ghost stories » se présente comme une succession de chapitres eux-mêmes comprenant des paragraphes qui peuvent évoquer des souvenirs, souvent intimes, mais aussi des considérations sur l’actualité, en particulier les attentats du 11 septembre ou la présidence de Trump. Dans « Au fond des années passées », le lecteur amoureux de l’œuvre de Grondhal retrouvera cette ambiance envoûtante que l’auteur danois parvient à composer sur la base d’éléments a priori sans importance ; un style d’une force remarquable que j’ai tendance à comparer à celui d’Haaron Appenfeld. Le temps qui passe, l’amour, le hasard, le tout dans un parfum de nostalgie.