mardi 1 novembre 2011

Les souvenirs


Neuvième roman de David Foenkinos, figurant dans la 2ème sélection du Goncourt (mais viré de la 3ème !), "Les souvenirs" constitue le regard que le narrateur jette sur certains épisodes de son passé - la mort de son grand-père, la fugue de sa grand-mère, l'égoïsme de son père, la dépression de sa mère, le divorce raté de ses parents, son boulot de réceptionniste d'hôtel, son amour pour Louise, etc. ... - qui sont autant de fragments de sa vie qui lui ont permis d'être aujourd'hui ce qu'il est, et surtout ce qu'il va advenir ; c'est à dire, un écrivain. C'est une "auto-analyse" en quelque sorte. Résumé comme ça, c'est peut être un peu banal, voire trivial. Mais David Foenkinos parvient, avec de très belles images, des formules simples ("On devrait vieillir avec la beauté. Ou plutôt on devrait se soulager de la vieillesse par la beauté."), des rencontres au hasard de la vie, des infortunes ou des moments plus heureux, à nous faire partager tout un univers qui résonne en chacun de nous ; plus vraisemblablement chez les quadras ou même les quinquas que chez les plus jeunes.
Le récit est entrecoupé de petits textes "Souvenir de ..." qui correspondent à des souvenirs liés à d'autres personnes que lui (Mastroianni, Kawabata, une femme russe inconnue, Fitzgerald, ...), et qui sont autant de mises en perspective du récit. Ainsi il rappelle les propos de l'acteur italien pour qui "les souvenirs sont une espèce de point d'arrivée ; et peut-être sont-ils aussi la seule chose qui nous appartient vraiment." De Kawabata dont la famille connue plusieurs tragédies, il cite cette phrase extraordinaire que lui avait dite son grand-père : "Nous avons été frappés par la mort, et cela nous donne l'obligation d'aimer."

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire