Alors, pour tous les amateurs de légèreté en architecture, je vous conseille vivement la lecture d'un livre remarquable, écrit par un ingénieur ingénieux (sans pléonasme) et complété par un entretien avec un ingénieur philosophe (encore plus rare !).
On se plaint (et moi le 1er) que les ingénieurs ne se saisissent qu'insuffisamment des thèmes sociétaux. On connait Jankovici qui présente la faiblesse de ne jurer que presque exclusivement par le nucléaire (mais qui fait du bon boulot quand même). Les autres sont plutôt silencieux. Or, Ove Arup, ce type assez formidable qui a créé ce groupe éponyme d'ingénierie non moins formidable, ARUP, ne disait-il pas que l'avenir appartiendrait aux ingénieurs et qu'ils avaient le devoir de remonter leurs manches (ce qui, dans la pensée de ce Monsieur, signifiait le devoir de s'engager vis-à-vis des grands enjeux du monde contemporain) ? On a connu Peter Rice, parti trop tôt. Son livre "An engineer imagines" (mal traduit en français par "Mémoire d'un ingénieur) devrait être étudié dans toutes les écoles d'ingénieurs.
Bref, l'auteur de "Vers la légèreté", Raphael Ménard est polytechnicien, ingénieur des Ponts, architecte, docteur en architecture et président d'Arep, une agence d'architectes et d'ingénieurs qui travaille principalement (mais pas exclusivement) sur les gares. Bihouix, ingénieur centralien, est sauf erreur son adjoint chez Arep, en charge de la réflexion sur les questions énergétiques.
Ces brillants cerveaux, plutôt bien faits (toujours pas un pléonasme !), plaident pour la fin de l'extractivisme, du Business as Usual mortifère, pour une frugalité de matière, contre le consumérisme, pour une "sobriété collective heureuse et assumée", contre la publicité à outrance et le règne de la prédation par le fric. Ils sont en faveur des énergies renouvelables mais n'ignorent pas qu'elles sont aussi consommatrices de ressources importantes. Ils pointent du doigt la doxa de la performance et de l'efficience. Ils ne se contentent pas du constat, mais appelle à un changement impératif de paradigme, sous peine d'aller au désastre ; et même si la tâche est immense face aux courants contraires.
"J'imaginais un sursaut collectif, un réveil des majorités - à commencer par celles qui ont une responsabilité historique vis-à-vis de l'anthropocène - requestionnant les équilibres, à commencer par la répartition des richesses, nœud gordien de l'acceptabilité d'une authentique transition vers un métabolisme renouvelable..
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