L’une de mes amies est allée aux US, à NYC précisément, à l’occasion des fêtes de fin d’année. Elle n’y allait pas comme une simple touriste ; elle a de la famille là-bas, c’était à l’occasion d’une fête familiale (un mariage).
Elle m’a rapporté que l’ambiance était totalement délétère, que les gens sont sur leur qui-vive, qu’ils font très attention à ce qu’ils disent, qu’ils se sentent espionnés. Le milieu dans laquelle elle a été reçue est démocrate et dans ce milieu, c’est la crainte qui domine, quotidiennement.
Elle m’a aussi rapporté une scène chez un laveur de voitures. Les employés sont majoritairement des latinos. Des qu’une voiture suspecte passe à proximité, qui pourrait être d’ICE, c’est la débandade ; ils partent tous se cacher !
Que sont devenus les US, soi-disant la plus grande démocratie du monde ? Une dictature où la seule loi qui vaille est celle de la force.
Le trumpisme qui se fonde sur une idéologie pensée, réfléchie, qui prône la prédation, le colonialisme, l’élimination de toute opposition, la société Orwelienne (voir Peter Thiel et l’ingénieur Curtis Yarvin) est mortifère. Il est possible qu’il s’autodetruise mais, hélas, avec des victimes collatérales nombreuses. Il est aussi possible que la bête poursuive son sinistre parcours, qu’elle contamine d’autres terrains qui lui sont aujourd’hui indifférents et au pire favorables. Comment peut-on allumer des contre-feux pour enrayer la propagation d’un empire de l’égoïsme, de la haine de l’autre, de la loi du plus fort, de l’indifférence cynique ? Les esprits sont formatés par les réseaux sociaux. L’IA parvient à persuader certains que réfléchir par soi-même ne sert plus à rien. La consommation est élevée au rang de nécessité absolue. Solidarité, liberté, partage sont devenus des mots obscènes que seuls les « wokistes », dans leur bonne conscience, osent encore évoquer (ils sont ridicules). Une partie de l’humanité est prête à céder sa liberté pour la garantie de son train de vie et sa sécurité (il y a bien une majorité des 1,4 milliards de chinois qui paraît s'en satisfaire) ; une autre partie s’enivre dans le surmenage et le culte de la performance qui permettent de se soustraire à moindre frais de la réalité. Une autre croit encore pouvoir être sauvée par la technique. Que reste-il ? Une minorité obstinée que l’on qualifie d’extrémiste et bientôt de terroriste mais qui se tient malgré tout droite sous l’orage. Elle a une tache immense : celle de renverser le courant, de parvenir à redonner de la poésie à la vie (pas celle des photos narcissiques de couchers de soleil à l’autre bout de la terre, mais celle des plaisirs simples, conscients, partagés), de persuader le reste de l’humanité que le bonheur n’est pas dans l’accaparement des richesses ou leur jouissance, pas dans le rejet du plus faible, mais dans la lutte pour la justice sociale et le droit à une vie décente pour tous.
« Pessimiste par intelligence et optimiste par volonté ». Faisons le vœu que cette formule de Gramsci nous permette de disposer encore longtemps de la volonté.
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