mardi 20 décembre 2011

Blogueurs sans bagages


Fantastique ! Un martiniquais et un chinois se sont retrouvés !

Misères

Hier vers 14H00, rue de l'Ecole de Médecine, vu un SDF couché sous un amas de couvertures au pied d'un mur de l'université, avec, devant lui, deux plats gigantesques, l'un garni de tranches de foie gras, l'autre rempli de morceaux de saumon froid mayonnaise, et autour de lui, une nuée de pigeons.
Ce matin, Porte Dauphine, vu une camionnette blanchâtre stationnée le long d'un trottoir, avec les warnings et une petite estrade recouverte d'un tapis rouge pour accéder à l'intérieur.

jeudi 15 décembre 2011

Carnets 4 Supplique pour être enterré sur la ...



Vous pensez que je suis un rouleau de papier hygiénique qui fait de la résistance ? Vous vous trompez ! Regardez-moi (je suis à gauche à côté de l'autre dodu innocent) : ai-je vraiment une allure de rebelle sur mon réservoir d'eau non potable ? Simplement, c'est déjà un peu déprimant d'être considéré hors d'usage, alors abandonné, ignoré ! Et si j'étais le seul ! Non, une ou deux fois par semaine, j'ai des collègues qui finissent comme moi. De solides travailleurs qui n'ont jamais rechigné à la tâche (ceci étant, de vous à moi : ils n'avaient guère le choix !). Parlons-en de la "tâche" ! Vous voulez des détails ? Vous accepteriez, vous, d'être traité de la sorte ? D'abord on nous empale, ensuite on nous déchire, et enfin..., bon, je vous passe les détails ! Le monde est ingrat. Il y en a qui faisaient les fiers en sortant de la Grande Epicerie, sous prétexte qu'ils embarquaient dans le coffre d'une limousine. J'ten fouterais des limousines ; les riches, quand il faut aller faire sa grosse commission, c'est pas des perles ni du cachemire qu'ils nous font goûter ! Bon, je vais vous pas vous la jouer à pleurer dans son casque. De toute façon vous pouvez pas comprendre. Simplement, ça fait plus d'une semaine que je suis exhibé comme une créature de foire sur cette tablette et je n'en peux plus. Vous me dites que personne fait attention à moi ? Qu'importe ! S'il vous plait : prenez-moi une dernière fois dans votre main, sentez comme je suis léger, je ne vais pas vous mordre, je n'exige rien de plus que ce petit aller simple vers la cuisine. Pourquoi ? Non, pas pour manger, rassurez-vous. Juste pour que vous me déposiez dans la poubelle et qu'on n'en parle plus. Vous refermez le couvercle, là, comme ça, c'est simple, pas d'efforts particuliers...mais voilà que vous êtes déjà reparti, je vais devoir attendre encore plusieurs heures dans le noir, nu, seul, abandonné, en regardant cet autre imbécile, là, dodu sur son porte-je-ne-sais-quoi, prêt à toutes les bassesses et qui fait encore le fier ! Vous ne savez pas ce que c'est pour un rouleau d'être au bout du rouleau !

Charia

Entendu (encore) ce matin à la radio, un débat sur la Charia. Jadis je croyais que la Charia c'était pas terrible au niveau de la tolérance, du droit des femmes, etc. Voilà, qu'on m'incite à croire le contraire, qu'on me raconte que la Charia est soluble dans la démocratie, etc.
Au secours Wikipédia !
Définition : La charia ou charî'a (arabe : الـشَّـرِيعَـة) représente diverses normes doctrinales, sociales, culturelles, et relationnelles édictées par la « Révélation ». Le terme utilisé en arabe dans le contexte religieux signifie : « chemin pour respecter la loi [de Dieu] ». Il est d’usage de désigner en Occident la charia par le terme de loi islamique qui est une traduction très approximative puisque n'englobant que partiellement le véritable sens du mot (ce terme est d’ailleurs utilisé en place de droit musulman). La charia codifie à la fois les aspects publics et privés de la vie d’un musulman, ainsi que les interactions sociétales. Les musulmans considèrent cet ensemble de normes comme l’émanation de la volonté de Dieu (Shar').

Soluble ou non ?
La Cour européenne des droits de l'homme, dans un arrêt du 31 juillet 2001 Refah Partisi c. Turquie, fait « observer l’incompatibilité du régime démocratique avec les règles de la charia »38.

« À l’instar de la Cour constitutionnelle, la Cour reconnaît que la Charia, reflétant fidèlement les dogmes et les règles divines édictées par la religion, présente un caractère stable et invariable. Lui sont étrangers des principes tels que le pluralisme dans la participation politique ou l’évolution incessante des libertés publiques. La Cour relève que, lues conjointement, les déclarations en question qui contiennent des références explicites à l’instauration de la Charia sont difficilement compatibles avec les principes fondamentaux de la démocratie, tels qu’ils résultent de la Convention, comprise comme un tout. Il est difficile à la fois de se déclarer respectueux de la démocratie et des droits de l’homme et de soutenir un régime fondé sur la Charia, qui se démarque nettement des valeurs de la Convention, notamment eu égard à ses règles de droit pénal et de procédure pénale, à la place qu’il réserve aux femmes dans l’ordre juridique et à son intervention dans tous les domaines de la vie privée et publique conformément aux normes religieuses. »

Bon, d'un autre côté, je ne wikipède pas plus loin que le bout de mon nez !

Le Balzac et la Huchette


Deux institutions, l'une du septième art et l'autre du théâtre, menacées de disparaître. Entendu ce matin à la radio :
Question : à quoi peut bien servir un théâtre ?
Réponse : ? silence, long silence,
et puis quelques minutes plus tard... "on s'en aperçoit quand il n'existe plus"...
Il est toujours possible de devenir "Ami du Balzac" (comme moi !). Il suffit d'aller sur le site du Balzac (et de payer une petite cotisation bien sûr !).
Allez courage !

mercredi 14 décembre 2011

Blogueurs sans bagages


Nouvelle prise : deux thaïlandais(e)s

La halle Freyssinet : quel avenir ?


Ce soir, une table ronde à la halle Freyssinet (13ème) animée par quelques défenseurs de cette icône de l'architecture d'ingénieur dont Rudy Ricciotti, l’infatigable zélateur du béton sous toutes ses formes (et en l’occurrence sous la précontrainte), et Michel Virlogeux, polytechnicien et père d'un certain nombre de ponts dont celui de Normandie et la viaduc de Millau.
Certains termes utilisés pour décrire l'oeuvre elle-même ou son auteur méritent d'être consignés ici : "cristallisation d'historicité", "concrétisation de la pensée constructive", "une élégance qui est celle de la pensée", "une étape fondamentale de la construction moderne", "une prévention contre l'haussmannitude ou l'haussmannité".
Au bout du bout, quoi faire de cette halle, enclavée dans un tissu urbain insipide, illisible, fatiguée, en rade en contrebas de la dalle de couverture des voies SNCF ? Alors, voila deux propositions :
- exemplaire : et si on y mettait une école d'ingénieurs ? (c'est vrai : on les déporte toutes dans les champs de betteraves !)
- généreuse : et si on la transformait en logements pour les sans-abris ?
A vous !

Fra Angelico et les maîtres de la lumière

Fra Angelico (1400-1455) était un religieux dominicain et surtout un peintre immense du Quattrocento. Saviez-vous qu'il a même été béatifié par Jean-Paul II en 1982 et proclamé patron des artistes ? Il fit l'essentiel de sa "carrière" à Florence, mais sa très grande notoriété fit que le pape l'invita à Rome où il réalisa plusieurs oeuvres, avant de revenir à Florence. Fra Angelico rompit avec les aplats de la peinture gothique en apportant dans son travail un jeu d'ombres et de lumière novateur et exceptionnel.
L'exposition présentée actuellement au musée Jacquemard-André - une première en France semble-t-il - et dans laquelle quelques oeuvres de Fra Angelico sont installées parmi d'autres peintures de ses disciples, permet de bien réaliser ce que le terme "génie" veut dire.
En particulier, le "Jésus et les instruments de la passion" est d'une modernité remarquable.

dimanche 11 décembre 2011

Carnets 3 Rouleau au bout du rouleau


Et voilà : ça devait bien arriver ! Je n'intéresse plus personne. Il fut un temps encore récent où on me cajolait. Chacun m'effeuillait délicatement en prenant soin de ne pas me blesser. J'avais été choisi pour mon teint - vert pâle - et aussi pour mes origines que j'affichais assez fièrement : 100% viscose naturelle et bio-dégradable. Coquet, j'étais assez fier de ces petites fleurs discrètes qui me donnaient un air printanier et que j'arborais même en hiver. Soupirs. A présent, je suis au bout du rouleau ; inutile et délaissé sur le rebord carrelé et glacial de cette tablette encombrée d'étrangers ; nu comme un vers. Soupirs. Indécent même. La vie m'a créé muet, hélas. S'il en était autrement, mon cri déchirerait l'espace d'une supplique insupportable aux oreilles de mes bourreaux. Je revendique, après une courte vie ancillaire, juste le droit d'être accompagné dignement jusqu'à mon ultime demeure : la poubelle du 1er étage.

samedi 10 décembre 2011

Dernière prise anthropomorphique



Gare Montparnasse, dalle de béton, fin d'après-midi.
(c'est mieux avec 1/4 de tour dans le sens contraire des aiguilles d'une montre !)

Carnets 3 Résolutions

8 octobre 2005
"Hommage à moi-même qui tente de résister aux outrages du temps, lequel vient de me balancer sa 49ème salve en pensant sans doute, une nouvelle fois, me déstabiliser. Résistance. Il faut entrer en Résistance ! Rien de mieux (faute de mieux ?) que de tenter de croire qu'une liste de résolutions - que des bonnes évidemment - correspond au bouclier adapté pour "réparer des ans l'irréparable outrage", et que ce cauchemar d'"un horrible mélange d'os et de chairs meurtris, et trainés dans la fange, / Des lambeaux pleins de sang, et des membres affreux / que des chiens dévorant se disputaient entre eux.", que ce cauchemar, dis-je, puisse s'évanouir dans les vapeurs de l'illusion-résolution.
Donc :
- moins de bon Whisky et moins de bon pinard
- on recommence le sport
- on perd quelques kilos (4 ou 5)
- on travaille moins
- on lit plus
- on se met (remet ?) au dessin
- on est gentil avec sa femme
- on est gentil avec ses enfants
- enfin, on économise pour s'acheter une Aston-Martin."

Carnets 2 Vespasiennes

8 octobre 2005
"Hommage à mon père qui avait une assez haute considération de ce lieu égalitaire où les grands de ce monde, comme les plus misérables gueux, s'exécutent dans une position semblable, immortalisée par Rodin dans la mythique sculpture du "Penseur".
Figurait ainsi dans les toilettes de mon père, la citation facile suivante :
"C'est ici que tombe en ruines
Les meilleurs plats de la cuisine !
"
Mais aussi un plan de Paris, punaisé sur la porte, et sur lequel étaient recensées par un gros point de feutre rouge toutes les vespasiennes de la capitale.
Ayant assez maltraité son corps durant une grande partie de sa vie, celui-ci lui rendait parfaitement la politesse en lui imposant de fréquentes poses urinaires. Ainsi, la contemplation quotidienne de cette "carte de Tendre" devait-elle lui permettre d'enregistrer chacun de ces havres d'aisance, et de rejoindre "subito presto" le plus proche d'entre eux, quand, égaré dans la ville, ses organes de filtration le rappelaient à la pénitence."

Carnets 1

Ce samedi, naissance d'une nouvelle rubrique : "Carnets". Au pluriel, car il y en a des dizaines éparpillés dans différents lieux : maison, campagne, bureau, ..., à différentes places : étagères, tiroirs, WC, ..., dont les pages sont noircies de textes improvisés, de qualité aléatoire. D'ailleurs le terme "carnets" peut être réducteur, car certains textes ont été écrits sur cette partie centrale en carton du rouleau de papier hygiénique que d'aucuns laissent en guise de décoration (ou de tentation à l'écriture ?) dans les toilettes après l'épuisement total du rouleau...
Donc un poème (8/10/05) :

"Histoire incroyable et pathétique
De quelques rouleaux de papier hygiénique
Abandonnés dans un état critique
Sur un rebord horizontalique,
Pour une durée probablement emphytéotique,
Et qui inspire aux divagations rhétoriques
Le passant de passage qui passe,
Empruntant ce noble siège de guerre lasse,
Veillant à ne laisser de traces
Que le fruit de ses délires éparses
Couchés sur le vélin afin que ne s'efface
Ses pensées qu'il rêvait cocasses.
"

Christian Hauvette Hommage

Hier en soirée à la Cité de l'Architecture et du Patrimoine s'est tenue une manifestation en hommage à Christian Hauvette, architecte disparu en avril dernier.
J'avais écrit un petit texte au lendemain de sa mort aussi soudaine qu'inattendue car, bien que n'étant pas un proche de Christian, il m'était arrivé à plusieurs reprises de le croiser, d'échanger quelques mots avec lui. En particulier, il m'avait été donné de connaître un très beau moment que j'évoque un peu plus loin (écrit déjà paru dans Everybody Knows en avril 2011).
Pour entrer dans l'intimité de Christian Hauvette, il eut fallu se rencontrer ailleurs ; peut-être sur l'eau, peut-être dans son atelier ou sur l'un de ses chantiers. En tout cas, pas seulement à l'occasion de manifestations au Pavillon ou à la Cité. Il n'était pas utile d'être architecte, même si la communion des vécus reste un facilitateur de relations.
J'ai retenu de cet hommage une réflexion de Myrto Vitart : "Le silence est une dimension de son travail." Francis Soler, complice de tant de ses pairs, dit de lui : "Il se méfiait de tout ce qui pouvait le séduire." Lui, Christian Hauvette, considérait que "l'architecture est une culture de la lutte". Il pouvait aussi confier avant un rendez-vous : "quelle bande de crétins allons-nous être encore obligés de contourner aujourd'hui ?". Je me méfie de cette "culture de la lutte" et de l'a priori sur "la bande de crétins", érigées en dogmes ; ils peuvent conduire au pire si ils sont contaminés par le mépris. Je n'imagine pas que c'était le cas pour Christian Hauvette ; l'anecdote du texte suivant en témoigne.

Christian Hauvette tire sa révérence


Christian Hauvette, Grand Prix National d'architecture, dont les œuvres conjuguaient élégance et rigueur, est parti vers le paradis des créateurs ce week-end.
Nous nous croisions parfois - trop rarement - à l'occasion de ces manifestations qui réunissent les architectes et les amateurs d'architecture, au Pavillon de l'Arsenal ou à la Cité de l'Architecture et du Patrimoine. Je le saluais, quand il m'était possible de le saluer ; c'est à dire quand je jugeais que je n'allais pas le déranger. Non que Christian Hauvette fasse partie de ces architectes qui se drapent dans leur notoriété afin de s'entretenir qu'exclusivement avec leurs pairs ou des personnes influentes (on en connait !) ; mais il y avait chez cet homme que j'aurais aimé connaître d'avantage, une certaine réserve, et, quand j'étais en sa présence, je ressentais une impression de justesse, de précision, de culture qui n'invitait pas aux propos superficiels.
Je me souviens tout particulièrement d'une petite discussion en présence (rarissime) d'un professeur agrégé de mathématiques. Contrairement à nous tous qui ne nous intéressons trop souvent qu'à notre "champ de manoeuvre", il s'était longuement entretenu avec cette personne, l'interrogeant sur ce métier qui fait souvent débat (souvent "pauvre débat"), de l'importance des mathématiques - matière de la précision, du concept et, in fine, de l'élégance (encore). Cette discussion nous avait amenés sur les terrains de la musique et de l'art. Le tout en quelques minutes, par une grâce indicible.
J'ai écrit sur le vaisseau très pur qu'il a posé près de la gare d'Austerlitz, presque (on peut regretter ce "presque !) sur les berges de la Seine. Je ne manque jamais de regarder son grand bâtiment de logements en bordure du périphérique près de la Porte de la Chapelle, dans lequel il a introduit, avec beaucoup de délicatesse, quelques touches de bleu profond.
Le marin qu'il était a pris un cap vers l'horizon.
Nous sommes nombreux à être tristes.
Publié par Pergame à l'adresse 09:11
mercredi 27 avril 2011

mercredi 7 décembre 2011

Conversation

Cher R.,
Comment peux-tu te compromettre dans un magazine pour bobos cathos cyclistes végétariens non fumeurs et de gauche ? Crois-tu que ton costume Dior peut à lui seul te sauver ?

Ami, Dieu reconnait les siens ! Cela dit, je ne me signe jamais en entrant, mais je me signe toujours en sortant des églises car je suis superstitieux. On ne sait jamais !

Bel hommage en ce moment sur France Culture à ton projet de M.

Merci. Tu as quelque chose à redire j'imagine ?

Je n'ai rien à dire sur les architectures que je n'ai pas vues. Sur ta posture, oui : pourquoi laisser penser que ton talent est une usurpation ? C'est une injure faite à l'architecture car certains vont le croire.

Nombreux par déficit identitaire le croient. Je n'ai plus de patience, plus le temps d'expliquer, et je n'aime plus que les ingénieurs, derniers héros avec les poètes à avoir un projet.

mardi 6 décembre 2011

Quoi de neuf ? Le monde

Parmi les dizaines de mails quotidiens, ...

Alerte International Mardi 6 décembre 2011
Un attentat anti-chiite fait au moins 54 morts en Afghanistan
Au moins 54 personnes ont été tuées et 150 blessées mardi 6 décembre dans un attentat à Kaboul : l'explosion a visé un sanctuaire chiite lors d'une procession pour la fête sacrée de l'Achoura. L'attaque n'a pas été revendiquée.

lundi 5 décembre 2011

Une rencontre

Ce soir un homme en a rencontré un autre. Ils savaient qu'ils devaient se rencontrer, mais ils se sont ignorés avec attention toute la soirée. Ces hommes s'appréciaient il y a quelques années ; deux au maximum. On peut imaginer que le lieu est un grand musée ; peut-être le plus grand du monde. On dirait qu'ils ont été invités à l'occasion d'une exposition de peinture, la collection d'un mécène inconnu ; prétexte à quelques mondanités. Il y a toujours de belles choses à prendre de ces expositions. Ils en sont convaincus tous les deux. Art et business : un processus comme un autre. Ils ont chacun intégré un cercle d'invités, mais en s'attachant à toujours avoir le dos tourné dans un face à face aveugle et muet. Un instant une journaliste d'une chaine de télé est venue distraire l'Un des deux hommes. Elle lui dit qu'elle montait à cheval dans le bois de Saint-Cloud. Elle aimait par dessus tout les promenades dans les allées gorgées de feuilles mortes. Elle aimait aussi le saumon. Elle pouvait être belle. Son cou était prisonnier d'un collier or jaune et or blanc muni d'une paire de menottes. Un grain de beaute semblait vouloir y faire de la résistance. Surtout son parfum lui rappelait une autre femme. Oubliée, elle, mais pas cette plage où il avait été initié à cette odeur définitive. Plusieurs connaissances ont partagé une coupe avec l'Autre. Le pétillant des bulles. Les toasts au saumon mitraillés d'aneth. Un blinis. De la crème. Une vieille gloire du monde de l'art avait installé son camp de base sur le stand du saumon. L'Un l'observait tenter ponctuellement des assauts vers d'autres félicités : brochettes de bar cru au gingembre, sushis, sashimis, crevettes au soja, ... Mais dans un buffet la foule des amateurs d'art est redoutable. Aussi, c'est avec une précaution de Petit-Poucet, que la vieille gloire revenait de plus en plus définitivement au havre du salminodé. Il observait tout ça. Un critique d'art est venu un instant proclamé que X. était très mauvais. Deux ou trois gastronomes faisaient mine de l'écouter. Cette audience factice paraissait le combler. Et puis, même dans un grand musée où parfois le temps semble vertigineusement arrêté, l'heure tourne pour les humains. Les invités ont commencé à procéder à une évacuation disciplinée du cocktail. Il était tard pour les hommes ordinaires. Ils étaient encore sans regard l'Un pour l'Autre. Progressivement, l'espace s'est rempli de vides. Alors il a bien fallu se retourner. Ils ont échangé quelques paroles d'une convenance ironique ; même pas apprêtées car ils se connaissaient trop. Le Premier a tenté de raisonner le Second. L'Autre lui a ri au nez. Pas méchamment. Le Premier a été étonné de ce qu'il a pris pour un peu de respect. Ils auraient pu se haïr. A quoi bon ? Le Second a posé le décor : "je préfère vendre des pizzas qu'être obligé de courber l'échine. Je me fous des décisions qui seront prises. Je peux vivre six mois sans rien. Qu'ils aillent tous se faire foutre !" "Moi pas", lui a dit le Premier. Il a enchainé : son admiration, pour celui qu'il est, mais pas pour l'autre, celui qui vit dans le mépris de ce qui est étranger à son univers. Il a ajouté dans un murmure, sans bien savoir pourquoi : "Tous les grands artistes sont des fascistes. C'est une femme blonde, grande, inconnue, qui me l'a dit au fond d'une nuit, sur un trottoir de Berlin". Ils ont bu une coupe. Ils ont noyés leurs regrets. Ils ont admiré l'espace vivant de sculptures d'un autre temps que l'on voyait depuis le balcon où ils s'étaient déplacés. Tellement immenses et fortes sous la nuit. Presque irréelles. Certainement inhumaines. Etait-ce un musée où bien simplement l'illusion d'un autre monde ? Ils se sont dit adieu. Ils ont marché l'un à côté de l'autre, en silence. Et ce silence leur était utile.

dimanche 4 décembre 2011

Blogueurs sans bagages


Dans les filets ce dimanche :
- 5 Belges
- 4 Algériens
- 2 Tchèques
- 1 Chypriote
- 1 Allemand
et 1 Libanais
Bienvenue !

Hermitage Towers

Vu comme ça, vous les trouvez pertinentes les deux tours de Foster en bord de Seine ? Non ?

Et bien, c'est pire comme ça !

SIMI (vu au...)

Au SIMI (Salon de l'Immobilier International ?), on pouvait y admirer de bien belles maquettes !...Mais, mais : n'est pas Zaha hadid qui veut ! Démonstration :



(Au fait : Qui a écrit le livre : "Faut-il pendre les architectes ?")

Street art in Paris

A droite, il est possible que ça soit Françoise Hardy (St Germain des Prés). A gauche, il est certain que c'est Pinocchio (Le Marais) composé avec des petits bouts de photos couleur et noir et blanc d'Obama

Pour changer du bambou !

Vu à Berlin, un bâtiment rigolo (c'est quand même mieux que le bambou !)
et une bibliothèque sublime, celle de l'Université Humboldt de l'architecte suisse Max Dudler.


Pour la "petite" histoire (un détail sans doute), 20.000 livres de la bibliothèque de cette université ont été brulés par les nazis le 10 mai 1933 au prétexte, qu'ils avaient été écrits par des "dégénérés". Goebbels avait alors déclaré que l'Allemagne n'était plus un pays du livre, mais de la volonté ...

Stupeur et tremblements



Qu'est devenu le Mabillon ? Ce Resto U où l'on mangeait si mal ? La façade, c'était franchement pas terrible avant, mais maintenant, avec ce faux air de cabane au Canada !... Suis-je devenu réactionnaire ? La modernité se loge-t-elle désormais dans le bambou ?

mercredi 30 novembre 2011

Equerre d'argent 2011 (la vraie !)

La tour Bois-le-Prêtre (17ème)
(recyclage d'un article paru en aout dernier ici-même)

Construite entre 1959 et 1961 par Raymond Lopez, cette tour de logement a fait l'objet d'une rénovation en 2010 par Frédéric Druot et l'agence Lacaton-Vassal (Grand prix d'architecture 2009). L'immeuble est caractéristique de la production de Raymond Lopez et de la période de la reconstruction au cours de laquelle il était fait appel à des systèmes constructifs industriels, préfabriqués, assemblés sur une trame standardisée.
AVANT

APRES

La tour Bois-le-Prêtre a reçu l'Equerre d'Argent 2011, prix décerné chaque année par un jury dont les membres (architectes, maîtres d'ouvrage, critiques, ...) sont choisis par la Direction d'AMC, le magazine spécialisé en architecture du Moniteur du BTP.
Le prix honore à la fois la qualité architecturale et la démarche du maître d'ouvrage.

Le principe de la "métamorphose" a consisté en :
1) l'ouverture des baies existantes
2) le rajout de balcons de 3,00m de profondeur
3) la réalisation de jardins d'hiver.
La chirurgie esthétique a permis à cet immeuble banal de 16 niveaux de retrouver une image décente.
Les charges (sans doute de chauffage ?) ont été divisées par deux.

Les regrets (sauf à apporter la contradiction positive) :
1) des matériaux "cheap" (baies coulissantes des jardins d'hiver en plastique sur cadres galvas, re-plastique pour la cage d'ascenseur "panoramique")
2)le revêtement aux teintes criardes des parties communes
3) les rideaux (imposés ?) des baies vitrées en maille métal imitant les textiles amiantés des années 70
4) On peut s'interroger sur la pérennité de certains matériaux ; et donc de l'ensemble...


Témoignage d'un locataire : "C'est mieux maintenant, mais il y a quand même des "petites imperfections"..."

Cette opération est quand même intéressante à plusieurs titres :
1) Il s'agit d'une rénovation d'une tour de logement social dans Paris Intra-muros ; ce qui signifie une volonté de permettre à une classe de population disposant de revenus limités de rester dans Paris
2) Elle a été réalisée avec un budget "compétitif" ; c'est plutôt bien adapté à une période de crise
3) Plutôt que de démolir ces constructions vieilles d'une quarantaine d'années, il est démontré qu'il est possible d'en tirer un parti satisfaisant (même si on ne va pas se prosterner devant "l'oeuvre architecturale") ; en termes de développement durable, c'est plutôt positif (mais bof, le plastique et le galva...)

Moralité : il n'y a pas que dans les transports aériens qu'il y a du "low cost" ! Et pourtant, ça marche !

lundi 28 novembre 2011

Equerre d'Argent 2011


L'Equerre d'Argent 2011 n'a pas été décernée ce jour à Suzel BROUT pour sa résidence de jeunes travailleurs Denis Diderot à Paris (12ème). Maître d'Ouvrage RIVP. Et c'est dommage !
Ce très beau bâtiment, audacieux et juste, s'impose (sans indisposer) sur le boulevard Diderot aux confins de la Place de la Nation. Enveloppé dans une vêture métallique au calepinage précis, doté d'une modénature de façade qui renouvelle les postures aléatoires, coloré sans outrances, cet ensemble d'une dizaine d'étages constitue un exemple d'architecture contemporaine de qualité. Par ailleurs, son usage - une résidence de jeunes travailleurs - constitue à lui-seul un sujet pertinent dans le champ d'études de l'habitat urbain.
Et en plus, après enquête, les résidents en sont satisfaits !

Artem non odit nisi ignarus

"L'art n'est odieux qu'à l'ignorant", c'est la devise inscrite au fronton de pierre du Pergamon Museum de Berlin et dont j'ai retrouvé la traduction en quelques secondes grâce à internet. (et si "internet" n'était odieux qu'à l'ignorant ?)

dimanche 27 novembre 2011

Neues Museum de David Chipperfield à Berlin


Certains bâtiments connaissent plusieurs vies. C'est le cas du Neues Museum de Berlin ouvert en 1855 dans l'île aux Musées, et qui fut laissé au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, et pendant 70 ans, dans un état de quasi-ruine. Dans les années 90, les deux Allemagne s'étant réunifiées, le projet de le reconstruire fut adopté. Et c'est en 2009 que le "nouveau" Neues Museum, rénové par l'architecte britannique David Chipperfield, pu offrir à nouveau la contemplation de sa magnifique collection égyptienne dont la pièce maîtresse est le célèbre buste de la reine Néfertiti, épouse d'Akhétanon, vieux de plus de 3.300 ans, dont le modelé, le rendu de la peau, le port de la tête sont d'une telle perfection que si le visage s'animait subitement, nous n'en serions peut-être pas surpris.

Le choix de Chipperfield n'a semble-t-il pas été simple. De nombreuses "autorités" ont milité pour une reconstruction à l'identique du musée ; aspect extérieur, mais également restitution des salles dans leur état originel, c'est à dire chargées de toute la décoration "historiciste" en vogue dans la seconde moitié du 19ème siècle. Une autre école, à laquelle appartenaient le directeur du Staatlich Museum et tous les directeurs du Neues Museum, défendait le projet de Franck Gehry, sans doute plus radical, avec l'espoir d'une répétition du désormais fameux "Syndrome de Bilbao".

L'approche de Chipperfield a consisté à ne pas opposer patrimoine et modernité, et à développer le concept du palimpseste appliqué à l'architecture. Il s'est attaché dans son projet à composer avec la mémoire du lieu, les absences, les vides, les blessures du temps. Il a cherché à remettre au coeur du projet les oeuvres elles-même - servies par une muséographie d'une très grande délicatesse - davantage que le spectacle des espaces qui les accueille.

Il justifie l'ensemble de son travail pour le Neues Museum en prenant l'image d'un vase antique dont il ne reste que quelques fragments, qui seront reliés par une pâte de plâtre (neutre) sans volonté de réinterpréter, ou pire, de répliquer l'oeuvre, mais juste avec l'intention de donner à imaginer la substance et la beauté originelle de celle-ci.
La "pâte de plâtre" est ici un béton bouchardé (ou polymérisé ?) d'une couleur sable assez claire, qu'il décline également pour les parties structurelles neuves composées d'éléments préfabriqués (poteaux, poutres et dalles de plancher). Dans ces dernières, on retrouve la rectitude de l'écriture de Chipperfield ; laquelle s'exprime pleinement dans le nouvel aspect du hall central dont la composition géométrique d'origine, assez raide, a été conservée, livrant un espace d'une très grande sobriété - qui peut confiner au dépouillement -, et dans lequel la seule concession à une modernité affichée correspond au plafond, composé d'un assemblage orthonormé de très grandes poutres en bois, inspiré des charpentes de certains temples japonais du 12ème siècle.

L'expression de Renzo Piano considérant que "l'architecture est un art contaminé" prend toute sa pertinence dans le Neues Museum de son confrère Chipperfield.
Pour les architectes soucieux d'approfondir leurs connaissances en stratégie de concours, ils peuvent aller consulter l'article de "The Independant" en date du 13 novembre 1997 de la journaliste Nonie Niesewand : une leçon !

vendredi 25 novembre 2011

A saisir

France Inter, ce matin. Invité Elie Wiesel, seul écrivain Prix Nobel de la paix, déporté à Auschwitz à 15 ans, rescapé, miraculé. Il évoque une "anecdote", un "détail de l'Histoire" probablement, que je connaissais, mais qui est d'une portée incommensurable : un nazi dit un jour à un déporté ; "je te laisse en vie, et tu me maudiras chaque jour, car quand tu raconteras ce que je t'ai fais, personne ne te croira !"

Toujours France Inter, toujours ce matin. Le joueur de foot le mieux payé du championnat gagne 360.000 € brut par mois. Il faut se rassurer pour les autres : un bon nombre ne sont qu'à 250 ou 300.000 !
Plus de 260 fois le smic !
Reiser disait quelque chose comme ça : "je déteste le foot, ce sport où des millions de pauvres regardent et applaudissent 22 millionnaires qui poussent un ballon !"

jeudi 24 novembre 2011

Patrimoine(s) Tous conserv(n)és ?


Titre d'une table-ronde organisée récemment à l'initiative du magazine "Architecture d'Aujourd'hui" ("AA" pour les connaisseurs) sur la question du patrimoine, de sa protection, écartelé entre les conservateurs à tout crin et les adeptes de la "tabula rasa", (sur ?)protégé par une réglementation imparfaite (normal : dura lex sed lex !). Qu'en tirer d'essentiel ? Une unanimité de la tribune pour rappeler qu'il était absurde d'opposer patrimoine et modernité. Un contraste saisissant d'épaisseur dans les discours des intervenants : l'invective, l'ironie ou l'agression verbale (plutôt chez les architectes) ne pèsent finalement pas lourd face à l'argumentaire construit, étayé et calme (chez un docteur en histoire de l'art et de l'architecture). Et puis surtout la prise de parole de Claude Parent, relatant l'anecdote de sa rencontre avec l'évêque à propos de son église de Nevers qui, si elle n'est pas consignée quelque part (l'anecdote... et par exemple, ici !) risque d'être oubliée. C'est peu de dire que Sainte Bernadette fit - et fait sans doute encore - polémique. Cette église, coincée dans un territoire peuplée d'immeubles sociaux, évoque à première vue un bunker. Je laisserai à chacun son jugement sur l'édifice. J'espère pouvoir revenir dans ses lignes apporter mon point de vue ; mais ce sera après l'avoir visitée, évidemment. Revenons à l'anecdote. Donc, Claude Parent face au "Monseigneur" qu'il décrit grand, baraqué et portant soutane (nous sommes dans les années 60). L'église est construite. Notre architecte iconoclaste et néanmoins académicien (un oxymore à lui tout seul), s'attend à passer un quart d'heure moyennement sympathique, tant la levée de boucliers a été quasi unanime. Et voilà l’ecclésiastique qui lui dit : "il y avait tant de gens qui étaient contre votre projet, tant de choses épouvantables dites à son sujet, que je me suis dit : si je la fais, il se passera des choses dedans, c'est évident !". L'auteur de Sainte Bernadette souligne qu'à chacune de ses visites dans l'église, il a découvert une "chose" qu'il n'avait absolument pas imaginée lors de sa conception ; et de faire glisser le propos vers la question de l'autonomie d'une œuvre ; question fondamentale, en guise de remède contre l'ego (démesuré) de la plupart des architectes...

mardi 22 novembre 2011

Veinard(e)s

On a (presque) tout changé à droite !*

* il était temps !

Topographie des terrors


C'est le nom du bâtiment-exposition édifié à l'endroit-même où se trouvaient les bâtiments qui ont abrité, de 1933 à 1945, le siège des services qui ont mis en oeuvre l'horreur nazie (Gestapo, QG des SS, Sécurité du 3ème Reich, etc. ...).
Le bâtiment se présente comme un très grand parallélépipède métallique creusé en son centre d'un patio rectangulaire, légèrement surélevé par rapport à un terrain paysagé uniquement d'une caillasse sinistre rappelant les cailloux brisés à coups de pioches et de masses par les déportés. Le dessin des modules de façades - tous les mêmes - est minimal, mais parfaitement juste. L'ensemble donne une impression de retenue, de discrétion, qui correspond bien à la symbolique du lieu*.

Dans l'espace intérieur est installée une exposition présentant, à grands renforts de photos, les acteurs du nazisme ; principalement les bourreaux mais également les victimes. Les visages des premiers ne sont pas particulièrement monstrueux, même si, sur certains, on ne peut s'empêcher de détecter les marques de la lâcheté ou de la perversité (voir le poème de Léonard Cohen sur Eichman).

Surtout, on est stupéfait de constater que certains individus particulièrement épouvantables, responsables de tueries ou d'actes de barbarie, n'ont écopé que de quelques années de prison au terme desquels ils ont été libérés pour "bonne conduite", et recyclés sans problèmes dans la société allemande.
Enfin, l'exposition montre à quel point, même si l'Allemagne a eu ses héros, le nazisme a pu contaminer une large partie de la population.
Cette exposition interroge : sur la montée actuelle des extrêmes (et en Allemagne aujourd'hui, le nazisme suscite encore, tristement (de plus en plus ?), des vocations !), sur le courage qu'il faut aux allemands pour affronter le fait que la génération de leurs parents ou grands-parents furent celles qui accompagnèrent le régime hitlérien, de son ascension jusqu'à sa débâcle sanglante.
Aurions-nous le courage de faire un "Musée de la collaboration" ?
* l'architecture du bâtiment est l'oeuvre d'Ursula Wilms, de l'agence berlinoise Heinle, Wischer & Partner)

Collection Boros à Berlin : le bunker



Cette collection privée d'art contemporain est installée dans un ancien abri géant anti-aérien de la seconde guerre mondiale qui pouvait contenir jusqu'à 4.000 personnes. Edifié en 1942 sur des plans d'Albert Speer, le bâtiment à l'allure monumentale est couronné d'un attique néo-renaissance et coiffé du penthouse du collectionneur. Les murs, épais de 2 à 3 m, ont été percés à de rares endroits afin d'y créer une fenêtre (partie intégrante d'une oeuvre exposée), et une cage d'escalier + ascenseur afin d'accéder à "l'étage propriétaire" (privé).
C'est à l'architecte Jens Casper de l'agence Realarchitektur que le publicitaire et collectionneur Christian Boros a confié le soin de transformer ce lieu invraisemblable, constitué de cellules en béton armé au plafond bas, en un espace digne d'accueillir une galerie accessible au public d'amateurs.

Le travail de l'architecte est particulièrement réussi. Il est parvenu à dégager des perspectives dans lesquelles certaines oeuvres d'art déploient leurs interrogations. Quelques vestiges des installations de ventilation, des portes blindées habillées d'une rouille qui leur confère le statut d'oeuvre d'art, un ancien téléphone rappellent la vocation originelle du lieu.

La collection exposée est composée essentiellement d'oeuvres qui entrent en résonance avec l'espace. Joli travail de dialogue minimaliste et insolite entre art et architecture.
Attention : inscription obligatoire sur internet pour la visite guidée du "Bunker" !

Merci à CL qui se reconnaitra si elle vient jusqu'ici (ce qui est peu probable).

jeudi 17 novembre 2011

Tendance hiver 2011


Le retour de la rigueur (climatique et économique) risque de nous imposer des mesures radicales. Everybody Knows a testé pour vous une paire de chaussures qui, si elle peut paraître surprenante (uniquement pour les individus blasés), présente des avantages non négligeables : la surface de frottement de la patte d'éléphant vous assure une certaine stabilité (plus particulièrement sur un sol enneigé), et les vertus de la charentaise ne sont plus à démontrer.
Des grincheux prétexteront que ce port n'est pas altier ou seyant. Il ne s'agit que de grincheux (évidemment).

mercredi 16 novembre 2011

Un témoignage, une rencontre


Le témoignage c'est celui, terrifiant, de cette jeune femme de 22 ans qui fut pendant plusieurs années l'esclave sexuelle de Khadafi. A lire dans "Le Monde" daté d'aujourd'hui. A 15 ans, il la repère à l'occasion d'une manifestation de collégiens à la gloire du "Prince de Syrte". Il la fait enlever par ses "amazones" et lui dit, quelque part dans le désert où il a installé sa tente: "tu seras ma pute." S'en suivent 5 années de calvaire : "il continue à la réclamer deux ou trois fois par semaine. Toujours violent, sadique. Elle a des bleus, des morsures et le sein déchiré. Elle a des hémorragies. Gala, une infirmière ukrainienne, est sa "seule amie."

Une belle rencontre, celle du libraire de la librairie Henri IV à Paris (21, Bd Henri IV Paris 4ème). Le lieu sent bon le livre aimé. Il y a un modeste carré proposant des ouvrages sur l'architecture ; mais tous sont choisis. Le libraire aime l'architecture, aussi. Les lieux accueillent jeudi 17 (demain) une lecture d'extraits du livre "Jeanne et Marguerite" de Valérie Perronet (voir Everybody Knows du 10 octobre). Sans doute un très beau moment.

Trois ans aujourd'hui !

Et oui, déjà 3 ans, jour pour jour, qu'Everybody Knows existe ! Alors ? 10.975 visiteurs identifiés d'origines multiples (Par ordre de mérite : États Unis, Belgique, Canada, Allemagne, Suisse, Algérie, Tunisie, Pays-Bas, Russie, et bien entendu France en pôle position ; et ces jours derniers : Lettonie, Liban, Réunion, Espagne ; mais également : Palestine, Java, Chine, Slovaquie, ...), 575 textes, environ 700 pages A4, plutôt des commentaires de lecture et de visites d’œuvres architecturales, Cohen un peu délaissé, quelques commentaires sympathiques (mais rares ; normal : pas facile, quoi dire ?), peu de "coups de gueule", une inspiration très aléatoire (une faiblesse ces temps derniers par exemple, alors qu'il y aurait tant à dire : Dodo la Saumure, Khadafi, le triple A, Carlos,...).
A ce propos (inspiration en rade), on recycle ; texte originel d'Everybody Knows publié le 16 novembre 2008 :
Génèse

"A l'instant de créer ce blog, je me suis demandé : "mais que vais-je bien pouvoir inscrire comme premier message ?" Alors, assez naturellement, il m'est venu l'idée de saisir une Bible et de recopier un des passages de la Genèse qui m'apparaîtrait comme particulièrement adapté à cet instant. Et ce fut donc celui où Ève, en mangeant un fruit de l'arbre de la connaissance du bien et du mal, créé en quelque sorte la "vraie" humanité. C'est un hommage à la Femme. C'est aussi une distance par rapport au Dieu de la Bible. Je me suis arrêté avant que Dieu chasse Adam et Ève du Paradis terrestre afin de rester (et de commencer) sur une utopie.
"Or le serpent était le plus fin de tous les animaux des champs que l’Éternel Dieu avait faits ; et il dit à la femme : Quoi ! Dieu aurait-il dit : Vous ne mangerez point de tout arbre du jardin ? Et la femme répondit au serpent : Nous mangeons du fruit des arbres du jardin. Mais quant au fruit de l'arbre qui est au milieu du jardin, Dieu a dit : Vous n'en mangerez point, et vous ne le toucherez point, de peur que vous ne mouriez. Alors le serpent dit à la femme : Vous ne mourrez nullement ; mais Dieu sait qu'au jour que vous en mangerez, vos yeux seront ouverts, et vous serez comme les dieux, connaissant le bien et le mal. La femme donc voyant que le fruit de l'arbre était bon à manger, et qu'il était agréable à la vue, et que cet arbre était désirable pour donner de la science, en prit du fruit et en mangea, et en donna aussi à son mari, qui était avec elle, et il en mangea.
"

vendredi 4 novembre 2011

Nouveau monde Nouvelles idées


C'est le slogan du moment ; tout du moins celui qui s'affiche derrière les pupitres du G20 réuni actuellement à Cannes sous la présidence de notre président. Nouveau monde ? Ces deux mots résonnent dans notre imaginaire comme une promesse de bonheur. Le "Nouveau monde", n'était-ce pas ce continent américain que chacun, jadis, percevait tout à la fois comme une corne d'abondance et un espace immense des "possibles" ? Le "Nouveau monde" de 2011 a-t-il quelque chose de commun avec cette utopie du 19ème siècle ? Nous savons désormais que la corne d'abondance a un fond et que ses fruits se font à la fois plus rares, moins frais et surtout que si rien ne change il n'y en aura pas pour tout le monde ! Nous avons toujours beaucoup de peine à comprendre que le "tout est possible" de la société de consommation n'est qu'un mirage qui ne sert qu'à sans cesse nourrir l'illusion en même temps que les pouvoirs financiers qui l'entretiennent.
"Nouvelles idées" ? Force est de constater qu'elles ne sont pas encore disponibles dans les rayons du magasin de l'humanité. Les grandes théories politiques se sont épuisées à l'exercice concret du pouvoir ; le capitalisme tente de faire croire qu'il constitue encore l'unique planche de salut (comme celle posée sur le bastingage d'un navire de pirates du haut de laquelle les condamnés sont précipités dans la mer ?). Les valeurs humanistes, qu'elles soient portées par les religions ou les philosophies issues des "Lumières", ont été balayées par les nouvelles "valeurs" d'un matérialiste de charbonnier ; les trois piliers des consciences sont aujourd'hui la Communication (avec ses deux bras armés que sont la télévision et la publicité), le Commerce (avec ses fondamentaux : la Bourse et les Centres commerciaux), les Loisirs (j'existe car j'ai "fait" la Thaïlande ou les Maldives).
La tolérance est un concept presque obscène. La démocratie représentative est à bout de souffle.
Le "Nouveau monde" compte désormais 7 milliards d'individus dont 20% qui se goinfrent (pour combien de temps ?). Les "Nouvelles idées" font bruler les locaux d'un journal libre ou manifestent contre la représentation d'une pièce de théâtre, au prétexte du blasphème. Le "Nouveau Monde" continue à spéculer sur la misère de l'autre. Les "Nouvelles idées", c'est un printemps des peuples arabes rattrapé par l'ordre religieux. Le "Nouveau monde" s'est un monde qui continue à dépenser des milliards pour entretenir un arsenal atomique.
Une chose est certaine : plus personne ou presque ne peut croire que ceux qui défilent derrière les pupitres et devant ces mots "Nouveau monde Nouvelles idées" peuvent incarner ce slogan.
(Moralité : on ne peut pas être submergé d'optimisme tous les matins !)

mercredi 2 novembre 2011

Prix littéraires : on vous l'avait dit !

Extrait d'un commentaire que l'humble animateur de ce blog a posté lundi 31 octobre sur le site du Square Littéraire :

Blogger Pergame a dit...

Allez, je me lance :
- L'art de la guerre pour le Goncourt
- Limonov pour le Renaudot

Je n'ai pas lu le 1er, mais depuis l'été on ns dit que c'est super. J'ai le le second et, personnellement, j'ai beaucoup aimé.

lundi, octobre 31, 2011


Moralité : il faut lire les blogs sérieux !

Voir commentaires sur "Limonov" dans Everybody Knows daté du mardi 4 octobre, et annonce ce même jour - soit un mois avant l'annonce officielle - du très probable couronnement au Renaudot !

mardi 1 novembre 2011

Les souvenirs


Neuvième roman de David Foenkinos, figurant dans la 2ème sélection du Goncourt (mais viré de la 3ème !), "Les souvenirs" constitue le regard que le narrateur jette sur certains épisodes de son passé - la mort de son grand-père, la fugue de sa grand-mère, l'égoïsme de son père, la dépression de sa mère, le divorce raté de ses parents, son boulot de réceptionniste d'hôtel, son amour pour Louise, etc. ... - qui sont autant de fragments de sa vie qui lui ont permis d'être aujourd'hui ce qu'il est, et surtout ce qu'il va advenir ; c'est à dire, un écrivain. C'est une "auto-analyse" en quelque sorte. Résumé comme ça, c'est peut être un peu banal, voire trivial. Mais David Foenkinos parvient, avec de très belles images, des formules simples ("On devrait vieillir avec la beauté. Ou plutôt on devrait se soulager de la vieillesse par la beauté."), des rencontres au hasard de la vie, des infortunes ou des moments plus heureux, à nous faire partager tout un univers qui résonne en chacun de nous ; plus vraisemblablement chez les quadras ou même les quinquas que chez les plus jeunes.
Le récit est entrecoupé de petits textes "Souvenir de ..." qui correspondent à des souvenirs liés à d'autres personnes que lui (Mastroianni, Kawabata, une femme russe inconnue, Fitzgerald, ...), et qui sont autant de mises en perspective du récit. Ainsi il rappelle les propos de l'acteur italien pour qui "les souvenirs sont une espèce de point d'arrivée ; et peut-être sont-ils aussi la seule chose qui nous appartient vraiment." De Kawabata dont la famille connue plusieurs tragédies, il cite cette phrase extraordinaire que lui avait dite son grand-père : "Nous avons été frappés par la mort, et cela nous donne l'obligation d'aimer."