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mercredi 1 mai 2019

Un jour nous ne serons plus

Un jour nous ne serons plus.

Étrangers au rire des enfants,
Indifférents aux claquements de bottes,
Le ciel pourra être bleu
Ou gonflé d’une pluie lourde,
La mer immense et d’azur
Ou sombre et mauvaise,
Nous n'aurons comme seul compagnon
Qu'un frisson perpétuel,
La mémoire perdue d’une caresse
Ou du parfum de la grève,
Et dans une soumission éternelle,
Le froid comme seul matière.

Un jour nous ne serons plus.

Jean-Noël SPUARTE Poète (1913)

mercredi 20 février 2019

Le chat

Je l’appelle, je l’indiffère.
Je m’installe, il vient se blottir contre moi,
Recherchant de mes doigts les caresses,
Me léchant les phalanges avec délectation,
M’interdisant toute infidélité.
Puis il se donne sur le flanc,
S’étire d’une langueur de courtisane,
S’abandonne avec volupté sur le dos
S’offrant sans crainte,
Les yeux fermés par l’extase,
Le ronronnement bourgeois,
Pour subitement déserter
Vers quelques desseins
Dont il garde, jaloux, le mystère.

Jean-Noel SPUARTE, Poète (1913)


vendredi 28 décembre 2018

En cherchant la paix comme tous les enfants-soldats



Poème de Jean-Noël Spuarte (1913)

Tu m'a attendu longtemps sur cette butte
Si belle dans ta jeunesse inquiète
Tu m'as embrassé sans savoir embrasser
Et tes seins étaient des bijoux de porcelaine.

Tu es venue t'allonger contre moi
Avec tous les interdits que je redoutais
Mais ta peau avait le parfum d'une vestale
Et la chaleur de nos corps te suffisait.

De l'autre côté de la cloison Led Zeppelin
Grimpait sur son échelle vers le paradis
Dans l'air flottait une odeur de mauvais patchouli
Et chaque nuit je me déguisais en combattant ridicule du sexe.

Je t'ai vu prendre le train et puis revenir
Des centaines de fois courir sur le quai
Des larmes dans tes yeux de chat
Pourquoi n'avons-nous pas su t'aimer ?

Quand nous nous sommes quittés
Ton corps était penché sur le rebord de la fenêtre
Mais cet hôtel ne s'appelait pas l' "Hôtel du Suicide"
Et tu vis à présent en ignorant les lettres que je ne t'écrirai jamais.

Tu étais un médecin des âmes et une sœur des désespérés
Maintenant tu ris, tu mens, tu jouis et tu pleures
Un homme chaque nuit couché contre tes hanches immenses
Qui cherche la paix comme tous les enfants-soldats.

Tu ne reviendras plus mendier un baiser
A la bouche qui t'a appris à embrasser
Maintenant que tu n'as plus peur de te soumettre
Un nuage en forme d'ange passe dans le ciel.

Tu désires pourtant remonter aux sources du fleuve
Là où tu trouveras la fleur qui n'est pas encore fanée
Celle qu'il t'avait donnée comme on prononce un serment
En cherchant la paix comme tous les enfants-soldats.


jeudi 27 décembre 2018

I would like to return to this dream/Je voudrais retourner dans ce rêve



Un poème de Jean-Noël Spuarte

Je voudrais retourner dans ce rêve,
Dans un restaurant aux nappes blanches comme la neige
Où tu étais cette inconnue
Qui subitement m’embrassait
Devant les autres convives.

Je voudrais retourner dans ce rêve,
Le long d’une plage déserte de sable noir
Où je te cherchais sans espoir
Mes appels noyés par les vagues
Et ton corps que je savais pris par la mer.

Je voudrais retourner dans ce rêve,
Dans un palais vénitien au mille pièces illuminées
La foule de nos invités sans visage
Et nous pénétrions dans ces tableaux de maîtres
Pour disparaître au-delà du miroir.

Je voudrais retourner dans ce rêve,
Où je m’étais construit un abri de paille
Dans un champ juste moissonné
Pour que tu m’offres avec tristesse
Le privilège de perdre cette nuit-là ma virginité.

Je voudrais retourner dans ce rêve,
Où je te voyais pour la première fois
Traverser une esplanade déserte dans ta robe de mariée
Tu semblais flotter dans l’air comme une magicienne
Dans tes vêtements noirs comme la nuit.

Je voudrais retourner dans ce rêve,
Où je vivais dans une maison minuscule
Avec une seule pièce
Et entendre la pluie frapper sur le toit
Pendant que tu te blottis contre moi.

Je voudrais retourner dans ce rêve,
Sur un trottoir de Berlin ou de Manhattan
Où j’avais juré de te dire « je t’aime »
Après avoir brûlé toutes les allumettes
Qui éclairaient ton visage impatient.

Je voudrais retourner dans ce rêve,
Où tu me disais que tu en aimais un autre
Mais que pour moi tu ferais une exception
Si j’acceptais ton secret sans une parole
Ta volonté de mourir à vingt ans.

I would like to return to this dream,
In a restaurant with table-cloths as white as the snow
Where yoy were this unknown
Who suddenly kissed me
In presence of the other guests.

I would like to return to this dream,
Along a desert beach of black sand
Where I was looking for you without hope
My calls drowned by the waves
And your body that I knew talekn by the sea.

I would like to return to this deram,
In this Venitian palace with thousand illuminated rooms
The crowd of ours guests without faces
And we were entering in these master paintings
To disappear behind the mirror.

I would like to return to this dream,
Where I had built a straw shelter
In a field just harvested
For you to offer me with your sadness
The privilege of losing that night my virginity.

I would like to return to this dream,
Where I saw you for the first time
Crossed a deserted esplanade in a wedding dress
You seemed to float in the air like a magician
With your clothes black as the night can be.

I would like to return to this dream,
When I lived in a tiny house
With a single piece
And listen to the rain knock on the roof
When you snuggle against me.

I would like to reurn to this dream,
On a sidewalk in Berlin on in Manhattan
Where I swore to tell you "I love you"
After burning all the matches
That lip up your impatient face.

I would like to return to this dream
Where you tell me that you loved another
But for me you would make an exception
If I accepted you secret without a word
Your will to die at twenty.







mercredi 21 novembre 2018

Parfois la nuit je pars (French and English versions)


Jean-Noël Spuarte (décembre 1813)
Parfois la nuit je pars sur le chemin
De la Lune, de Mars ou Vénus
Jusqu'à Jupiter ou les anneaux de Saturne
Retrouver les fantômes de mes amours perdues.

Alors je les vois alignées comme les statues de pierre
D'un immense parc abandonné
Leurs noms gravés sur des socles de verre
Leurs yeux qui m'interrogent dans l'obscurité.

Et je dépose sur leurs lèvres un baiser
Comme un amoureux dans les ruelles de Venise
Comme un puceau sur sa première conquête
Maladroit et coupable du temps passé.

Je suis reparti allongé sur la banquette
De ce train de nuit dont le compartiment m'obsède
Bercé par le rythme mathématique de ma fuite
Au creux d'un espace qu'aucun autre voyageur intègre.

Parfois la nuit je pars sur le chemin
De la Lune, de Mars ou Vénus
Jusqu'à Jupiter ou les anneaux de Saturne
Retrouver les fantômes de mes amours perdues.

Comme Orphée sans Eurydice
Comme une feuille orpheline dans l'eau du courant

Sometimes during the night I go away on the path
Of the Moon, Mars or Venus
Towards Jupiter or the rings of Saturn
To find the ghosts on my lost loves.

Thus I see the stone statues
Dressed in a huge abandoned park
Their names engraved on the glass piedestals
Their eyes asking me in the silence of the darkness.

And I put a kiss on their lips
Like a lover in the streets of Venice
Like a virgin on his first conquest
Wrong and guilty of the past time.

I allways will go back on the seat
In this night train whose compartment obsesses me
Rocked by the mathematiques rythme of my escape
In the very depth of a space no other traveler can enter in.

Sometimes during the night I go away on the path
Of the Moon, Mars or Vebus
Unril Jupiter or the rings of Saturn
To find the ghosts on my lost loves.

Like Orphée without Eurydice
Like an orphan leave in the water stream.

lundi 24 septembre 2018

Les vagues (poème en prose de Jean-Noël Spuarte)


Image associée
Jean-Noël Spuarte décembre 1813
J'observe le lent épuisement des vagues
Qui s'ourlent à proximité du rivage
Avec cette élégance solennelle des plis souples
D'un immense drapeau sous les tentations du vent.

Elles parcourent la mer avec une délicatesse de danseuse
Dessinant à sa surfaces d'amples ondulations
Comme une respiration lente 
Chargée des invisibles parfums du large.

Puis elles frémissent et se déchirent,
L'une puis l'autre, dans un ballet sans fin,
Achevant leur ultime voyage
Par un souffle bref sous les caprices du vent.

Et jailli enfin leur dernier orgueil
Dans une gerbe d'écume absolu,
Aussi précieuse qu'une dentelle de Vermeer.


mardi 14 novembre 2017

Les mondes flottants

"Hélas, votre poème n'a pas été retenu dans cette sélection" (des 10 poèmes sur 600 reçus).
Concours de poésie Biennale d'art de Lyon + Télérama
Il s'agissait d'un sonnet aux formes imposés (2 quatrains et 2 tercets et tout ça rimé !).

Alors, il ne me reste plus qu'à le mettre ici (il y aura bien quelques amateurs) :

                                             

                                                           Mondes flottants

Mondes flottants, archipels aux îles sécrètes
Que le parfum d’une caresse dans l’écharpe du vent,
L’écriture d’un cordon d’écume sur le corps d’un enfant,
Dessinent chaque jour au tympan de nos mémoires défaites.

Ne vois-tu pas, étranger, le mendiant sous le blafard des néons,
Une herbe folle au défi du macadam,
Dans la foule autiste, la ballade tragique des armes,
Et l’albatros qui fuit l’exil des illusions ?

Mondes flottants des radeaux à la mer,
Des hordes barbares barbelées aux frontières,
Mondes flottants tout entier dans cette goutte de rosée

Que le soleil habille, fragile comme un murmure,
Comme l’amour, ce pauvre amour, amour impur,
Qui toujours s’invente aux effluves de nos rêves d’éternité.


PS : J'en profite pour remercier les irlandais qui sont toujours mes plus fidèles lecteurs ... (mais pourquoi les irlandais ?)

lundi 16 mai 2016

Famous Blue Raincoat

Probablement l'une des plus belles chansons de Cohen ... avec une (très) libre traduction de Jean-Noël Spuarte.



Il est quatre heures du matin, fin décembre. Je t’écris juste pour savoir si tu vas mieux. New-York est glacial mais j’aime vivre ici. Il y a de la musique dans la nuit sur Clinton Street bien qu’il soit tard. J’ai entendu dire que tu avais construit une petite maison au fond du désert. Qu’il n’y avait plus de sens pour toi à la vie. J’espère que tu as quand même emporté là-bas un disque ou un peu de musique.

Et Jane est revenue avec une mèche de tes cheveux. Elle m’a dit que tu la lui avais donnée cette nuit où tu cherchais à voir clair en toi. Es-tu jamais parvenu à te connaître ?

La dernière fois que nous t’avons vu tu semblais avoir terriblement vieilli. Ton fameux imperméable bleu était troué aux épaules. Tu étais allé à la gare attendre un train, n’importe lequel, mais tu es revenu seul, sans Lili Marlène. Et puis tu as traité ma femme comme une paillette de ta vie. Quand elle est revenue ici, elle n’était plus  la femme de personne.

Je te revois là-bas avec une rose entre les dents, comme un petit voleur gitan. Tiens, Jane est réveillée. Elle t’envoie ses amitiés.

Que puis-je te dire à toi mon frère, mon meurtrier ? Que puis-je réellement t’avouer ? Je crois que tu me manques. Je crois que je te pardonne. Je suis heureux que tu aies croisé mon chemin. Si jamais tu dois revenir pour Jane ou pour moi, je veux que tu saches que ton ennemi s’est endormi. Je veux que tu saches que sa femme est libre.

Merci pour la peine que tu as ôtée de ses yeux. Je pensais qu’elle était belle ainsi, et je n’avais jamais essayé de lui retirer.

Oui, Jane est revenue avec une mèche de tes cheveux. Elle m’a dit que tu la lui avais donnée cette nuit où tu cherchais à voir clair en toi. Es-tu jamais parvenu à te connaître ?


Sincerely, L. Cohen

mercredi 27 février 2013

Il y a dans l'air vrai

La neige a bâillonné la nature,
L'engonçant dans un uniforme pacifiste
Dont les plis aléatoires ruissellent
De torrents distraits.

Un trait de fumée fantôme
Se volute avec maladresse
Sur la toile rêche de l'horizon.

Sous le soleil gris
Il y a dans l'air vrai
Un dialogue froid et métallique
Entre les détonations du fusil
Et l'aboiement rauque et servile du chien.

JN Spuarte Poème inachevé No 19

mardi 19 février 2013



Une buche en équilibre sur la braise.
Des voix confidentes qui fuient le temps
Et ces deux coupes dessechées
Au parfum de champagne.
Un baiser sur le cristal
Et le reflet indolent de la flamme
Comme un voile sur l'objet de sable.
Une odeur de paix
Et d'autres ombres intimes
Lèchent les murs de touches molles
Tout est pretexte à la mesure.
Une buche en équilibre sur la braise
Ce soir, a trompé la mort.
Une fourmi minuscule
Echappe à son destin.

JN Spuarte Poeme 31


lundi 18 février 2013

Debout une fois encore demain ?

Le chat paresse avec élégance.
Ailleurs, la nuit froide fige le mystère
De l'homme couché sur sa grille viciée
Le long des berges sales ;
Visible mais invisible.

Debout une fois encore demain ?

Ivre de solitude, les pieds souillés
Des reliefs volés à vos poubelles,
Trop près du vacarme imbécile
Du trafic des hommes parfumés,
Abrutis de macadam et du temps.

Debout une fois encore demain ?

L'épaule pressée contre la pierre
Humide et seule confidente,
Silhouette oublié des miroirs,
Le regard orphelin définitif
Sans aucune mer où sombrer.

Debout une fois encore demain ?

Je t'imagine le corps pressé,
Refermé sur l'absence,
Reniflant le poison des échappements
Sans pouvoir toi-même t'échapper,
En sursis sur ton refuge d'acier.

Debout une fois encore demain ?

Le chat paresse avec élègance.
Ici peut-être ailleurs, ne crois-tu pas ?

JN Spuarte Poème N°3




dimanche 20 janvier 2013

Le deuil

JN Spuart, poète (1924-1968) a publié un recueil de 77 poèmes. Extrait. Poème N°18

La pluie étincelle le macadam.

Sous  les toits de la ville
Une  vie en fuite de drames
S'échappe, volutes fébriles,
Dont un vent mauvais se moque.

Le ciel gorgé de vide,
Bavard d'un indicible soliloque,
Sur le convoi humide
Pèse de son malheur.

Une vie épuisée de vivre
A renoncé à sa douleur.
Effacer des pages du Livre,
La fortune dérisoire des habitudes
Que le temps pare de certitudes.

lundi 14 janvier 2013

Sens cachés

La bougie parfumée est éteinte.
Sur le bois calme de la table,
Un livre pressent l'étreinte
D'une main chaude, seule capable,
De délivrer le sens
Des sens cachés
Oh meurtres ! Oh innocences !
Tout serait-il désormais consommé ?

Poème N°6 JN Spuart

mardi 8 janvier 2013

Ivresse

Il se résigne aux tâches sombres de ses mains
Quand le miroir lui rabâche un infini matin.
Il ne parvient pas à s'épargner des rêves la folie
Et la nuit l'embarque traquer l'oubli.
Il est un conquistador sans plus aucune conquête
Sur une terre qui décomposent de pompeuses défaites.
Il est un étranger jusque dans la solitude
Dont les mains se menottent sur des habitudes.

Poème N°53 JN Spuart     

jeudi 3 janvier 2013

L'Omega des Chevaliers

Les yeux épuisés aux larmes
Et les corps oubliés des âmes
Et pourtant le ciel est ouvert
A l'oiseau solitaire.
De son suaire innocent
Une araignée tisse le temps
Outil de capture
Ou mortelle parure ?
Les ongles sur le sable ont dessiné
L'oméga des chevaliers
Fils de Don Quichotte
Qu'une Mancha dévote
Ne protège plus pour en finir
Que d'un silence contaminé d'un soupir.

Poème 18 de JN Spuart




samedi 29 décembre 2012

JN SPUART. Poète inconnu

Mais qui est ce JN Spuart dont un recueil de poésies (77) -sans doute édité à compte d'auteur vu la qualité (médiocre) du graphisme et la reliure bricolée - traînait sur un étal parmi d'autres ouvrages désuets dans un vide-grenier que nous avons parcouru un jour pluvieux d'automne à Ezy-sur-Eure ? Et pourquoi me suis-je emparé de cet opuscule dont la couverture exprimait par des tâches multiples comme une indicible lassitude ? Son prix était fixé à 5€ ; j'en fis l'acquisition pour 3, sans imaginer quels petits trésors il pouvait receler. Je l'avais à peine feuilleté, mais l'idée même de découvrir une poésie, fut-elle banale voire mauvaise, m'intrigua. On ne produit pas 77 poèmes impunément devais-je alors me dire. Depuis, la production de ce JN Spuart né à La Ferté Saint Aubin en 1924 et mort à Livry-Gargan en 1968 - ainsi que précisé en caractères des anciennes machines à écrire à ruban sur une feuille volante glissée entre deux pages - m'accompagne au quotidien, et j'ai décidé d'enrichir Everybody Knows avec la présentation régulière des poèmes spuartiens.

Toute la vie (poème 23)

Sur la tête des bourgeons
Perle une nacre de lumière
Dont le soleil s'empare
Comme une conquête légitime
Incubateur de Printemps
Toute la vie réside là
Dressée en ce territoire extrême
Suspendue dans l'air loyal
Au risque de la blessure
Qu'une lame muette inventera
Dans une banale indifférence.

dimanche 23 décembre 2012

Perdant magnifique

La douleur  métallique
Des rames sur l'acier glabre
Submerge la mélodie misérable
De l'homme-orchestre
Qui quette trois sous
Des âmes défaites
Avec  la  désillusion
Du perdant magnifique.

Poème de J.N. Spuart (1924 - 1968)

samedi 22 décembre 2012

Pluie et bambou

Le bambou ploie avec mélancolie
Et le balancement humide et lent
De sa silhouette lourde
Imite je ne sais quelle espèce
Précipitée dans la fosse de l'histoire
Qui régnait en maître jadis
Aux temps immenses où  les hommes
Erraient encore à l'état d'utopie
Déjà traqués par l'inspiration divine
Mais vierges de tout massacres.

Poème de JN Spuart (1924 - 1968)


mardi 27 novembre 2012

Poème de JN Spuart (3)

J'ai vu l'anachorète des guerres perdues
Le soldat des méditations naïves
J'ai vu le juste injuste
La soumission assumée
J'ai vu le monde lapidé
Une haine imbécile
J'ai vu des mers arides
Le sacrifice d'Isaac
J'ai vu l'invisible démasqué
La terreur de vos armes
J'ai vu le miroir de vos doutes
La silhouette d'un souvenir
J'ai vu l'excuse de vos charniers
Les larmes sans excuses
J'ai vu le procès des soumis
L'insuffisance se consoler
J'ai vu l'idéal déconfit
Le sang sur vos blouses
J'ai vu la beauté d'un cil
Le cri du porc
J'ai vu l'ennui sur vos lèvres
L'absence de vos rêves
J'ai vu une île submergée
Une tombe anonyme
J'ai vu un rocher habité
Le suicide de la pensée
........
J'ai vu dans l'œil du chat
........
L'espoir

Poème de JN Spuart (2)

Il y a cet âge de déraison
Qu'arraisonne l'ennui
Dans une cale déclassée
Pupille condamnée
Aux vertiges ultimes
D'une poésie branlante
Emmitouflée dans une incertitude
Lasse des approximations artificielles
Envieuse jalouse
Des chevaux ras au ras des rocs qui se consument
.....
Et si la puissance résidait dans un grain de sable ?