Ici on tente de s'exercer à écrire sur l'architecture et les livres (pour l'essentiel). Ça nous arrive aussi de parler d'art et on a quelques humeurs. On poste quelques photos ; celles qu'on aime et des paréidolies. Et c'est évidemment un blog qui rend hommage à l'immense poète et chanteur Léonard Cohen.
dimanche 27 septembre 2026
La beauté est une promesse de bonheur
« Le climat et l’histoire. Les bons conseils du passé », c’était le thème, le 3 septembre dernier, du « Cours de l’histoire », une émission de France Culture animée par Laurent Mauduit, avec comme invité, l’architecte et chercheur Philippe Rahm, dont le travail sur la thermique des espaces de vie a fait l’objet d’une exposition au Pavillon de l’Arsenal, en septembre 2021, intitulée : « Histoire naturelle de l’architecture ».
Dans cette émission, Philippe Rahm évoque les différentes stratégies mises en place par l’architecture vernaculaire, dans des pays méditerranéens ou d’Europe centrale. Il rappelle les grands principes de base de la conception environnementale : connaître effectivement les ressources et les contraintes de son environnement, composer les orientations du bâti, le dimensionnement des pièces et le positionnement des ouvertures en fonctions des caractéristiques climatiques du lieu, faire le bon choix des matériaux afin qu’ils participent à la qualité de l’ambiance thermique, etc. Ainsi, du marbre au sol qui procure une sensation de fraîcheur, des tentures aux murs qui isolent du froid, des dispositifs de ventilation naturelle capable de créer des courants d’air rafraîchissants ou extraire la chaleur, etc. Bon nombre de ces dispositions ont été mises en œuvre dans le passé. Mais la société d’abondance sur le plan énergétique dans laquelle nous avons vécu depuis les années 50 nous a autorisé à nous en abstraire. Peu importait de concevoir des bâtiments entièrement vitrés : nous avions la climatisation et une énergie « infinie » et relativement bon marché.
Aujourd’hui, nous sommes confrontés à une hausse spectaculaire des températures, à la sécheresse (qui nous empêche de trop compter sur la végétation pour nous protéger de la chaleur), et à la finitude de nos ressources conventionnelles d’énergie (et pour les énergies fossiles - pétrole, charbon -, à leur impact catastrophique sur l’environnement).
Tout ça, nous le savons, mais nous tentons de l’ignorer. L’insouciant peut toujours dire : « il faut pourtant vivre ! »
Ce qui est très intéressant dans le propos de Philippe Rahm, c’est sa conviction que les critères qui prévalaient à la création architecturale ont totalement changé. Aujourd’hui, l’esthétique ou l’image ne sont plus ce qui dicte la qualité architecturale ; l’adaptation aux nouvelles contraintes climatiques représente désormais le critère No1.
Il ne faudrait pas cependant que, sous prétexte d’un retour à la raison, nous sacrifions ce qui constitue la qualité de notre rapport au bâti : la beauté d’une façade, l’élégance d’une modénature, l’émotion d’une perspective.
« La beauté est une promesse de bonheur », comme le disait Stendhal.
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