
Je republie ici un texte datant de janvier 2010 qui n'a rien perdu de sa pertinence. Et maintenant : Aux abris ou sur le front ?
Faisant le constat que le monde va à sa perte, sa désintégration, s'il ne change pas radicalement, Edgar Morin, dans un grand article du Monde daté de ce WE, appelle à la métamorphose, cette transformation effectivement radicale qui permet, à partir d'un processus d'autodestruction, de renaître sous une forme différente, tout en conservant certains liens fondamentaux de l'état antérieur (cf l'exemple de la chenille et du papillon).
Pessimiste notre sociologue national, inventeur de la "politique de civilisation" ? Pas vraiment, bien qu'il nous foute les pétoches : "le probable est la désintégration". Faisant deux autres constats, un historique "l'histoire humaine a souvent changé de voie" grâce à "une innovation, un nouveau message déviant, marginal ...", l'autre contemporain "il existe sur tous les continents un bouillonnement créatif", Edgar Morin énonce les voies possibles du "salut" :
1) le surgissement de l'improbable (comment l'invraisemblable, l'inimaginable, peut sauver le monde ; cf Athènes face aux Perses, cf Joukov qui parvient à mettre en déroute les armées nazies)
2) les vertus génératrices/créatrices inhérentes à l'humanité
(espère !)
3) les vertus de la crise
(espère encore, et fume même !)
4) Ce à quoi se combinent les vertus du péril
"Là où croit le péril, croit aussi ce qui sauve"
5) L'aspiration multimillénaire de l'humanité à l'harmonie
(j'en reprendrai bien une petite taffe !)
M. Morin, votre texte est magnifique, mais la chenille ne va pas se transformer en papillon, car elle est d'une race qui a perdu le code génétique de la métamorphose ; c'est une chenille processionnaire hyper-urticante dont la seule raison d'exister est de tout bouffer devant elle sans réfléchir. Maintenant qu'elle a inventé un système qui la dépasse et qu'elle a perdu la clé de contact, et bien ça va être "sauve qui peut" ; sauf surgissement de l'improbable (bien entendu) !
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