Luigi Mangione est ce jeune ingénieur à la gueule d’ange soupçonné d’avoir assassiné de 3 balles de revolver, le 4 décembre 2024, le PDG de la première assurance santé des Etats-Unis (UHC). Bien qu’il n’ait pas reconnu le meurtre, le mobile est très probablement lié au fait que cette compagnie est connue pour mettre tout en œuvre pour retarder les délais des remboursements, jusqu’à trouver tous les arguments pour refuser de les effectuer.
Le jeune homme est devenu, pour une partie des américains, une icône ; une sorte de martyr du capitalisme le plus sauvage.
Il part de ce geste a priori insensé (Luigi est un jeune homme appartenant à la classe aisée de la société, il a un très bon niveau scolaire et de culture, et il risque aujourd’hui la peine de mort), qu’il dénonce sur le plan moral, mais qu’il comprend pour plusieurs raisons. La principale - et qui constitue la thèse du livre - est que le changement de politique impose le rapport de forces et, au final, la violence.
Toujours sans excuser le geste supposé de Luigi, il met en lumière les crimes du capitalisme en commençant par ceux de la firme de M. Brian Thompson : 29% des demandes de remboursement de soins sont refusées pour 29 millions d’américains qui en dépendent. On estime à 45000 les personnes décédés faute d’accès aux soins et 500000 qui tombent en faillite personnelle à cause du prix des soins aux Etats-Unis. McKinsey qui a couvert la stratégie mortifère de la famille Sackler, propriétaire de la firme Purdue Pharma qui fabrique l’Oxycontin, un médicament responsable de l’addiction et de la mort de plusieurs centaines de milliers de personnes. UHC comme Purdue Pharma ont vu leurs bénéfices considérablement augmentés pendant la période de développement de ces stratégies.
L’auteur multiplie les exemples des nuisances dévastatrices du capitalisme et n’oublie pas les géants de la Tech lesquels, avec leurs gigantesques projets de data-center, épuisent les ressources naturelles.
Parallèlement, il dresse le constat que les actions telles que les manifestations pacifiques n’ont plus aucun impact sur la modification des choses en cours.
Le seul levier d’action est de « faire peur aux gouvernants ».
Pour ma part, j’aimerais que cette peur ne se matérialise pas en un déchaînement de violence - pillages, incendies, démolitions -, mais par une révolution douce. Est-ce trop tard ?



















