jeudi 3 septembre 2026

Il faut que tout change pour que rien ne change

Il n’existe plus que des abrutis, des enragés de la consommation ou des indifférents volontaires (quels sont les plus redoutables ?) pour nier les causes anthropiques du dérèglement climatique. Les autres se lamentent en s’exerçant au tri sélectif et en accompagnant les images des désastres quotidiens infligés à notre environnement d’un « putain » ou d’un « my god » de dépit, selon le pays d’origine du regardeur. Les mêmes vont y aller de commentaires aux accents messianiques suggérant qu’il « faudrait arrêter, c’est plus possible », prenant à partie les politiques (« ils ne foutent rien »), voire élaborant des promesses jamais tenues. Bon, une fois les incantations effectuées comme des ablutions virginales, on va s’interroger sur « où c’est qu’on va en vacances » (de préférence en avion), commander le dernier bouquin sur Amazon, faire ses courses dans la grande distribution, et peut-être même se faire livrer par un Uber une pizza. « Il faut que tout change pour que rien ne change » écrivait Giuseppe Tomasi di Lampedusa, dans Le Guépard.

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