dimanche 15 janvier 2012

Le commissariat Saint-Denis Zac du Landy par X-TU


Premier de ces petits textes faisant suite à une escapade dominicale au nord de Paris - St Denis, Aubervilliers - afin de constater que (en s'inspirant des Inconnus) si la banlieue c'est pas forcément rose, c'est loin d'être morose ; tout du moins sur le plan architectural.
La balade commence avec un commissariat, celui du Landy, rue du même nom. Il existe des programmes plus ludiques et jubilatoires, mais il faut bien loger la police ! Les architectes de l'agence X-Tu ont choisi pour celui-ci, installé dans une zone urbanistiquement très hétéroclite, un dessin qui semble s'inspirer de plusieurs écritures : une "koolhaassienne" - probablement - avec ces deux prismes qui se télescopent, et l'austérité de traitement du parement (un béton noir sans concession), une "néo années cinquante" (ou Tati ?) avec l'inscription sur la façade de ces séries géométriques de hublots blancs, une autre enfin dans une tendance plus japonisante (le pignon nord avec son très beau vitrage comme moiré). Nos policiers sont gâtés ! Dommage que quelques traces blanchâtres soient bien visibles sur les bétons extérieurs ; participent-elles d'une esthétique un peu brutaliste, ou bien "soulagienne", ou encore d'une faiblesse dans les finitions ? Et qu'en pensent nos policiers gâtés derrière leur grands vitrages muets ?

Quoi de neuf ? Shakespeare !


Gilles Cailleau donnait ce samedi à Pantin la 508ème représentation de sa pièce "Le tour complet du cœur", soit un spectacle de 3H30 au cours duquel toute l’œuvre de Shakespeare est passée en revue (37 pièces !).
Minuscule chapiteau adossé à une antique roulotte (à moins que ce ne soit l'inverse), une cinquantaine de spectateurs privilégiés (ou tout du moins avertis) qui se pressent sur des gradins sommaires, une scène - petite évidemment -, mais ingénieusement équipée d'accessoires qui serviront au fur et à mesure de ce "one man show" pour lequel il est absolument nécessaire de prendre ses dispositions avant de pénétrer sous la tente ; et ce, pour deux raisons : primo, l'exiguïté du lieu rend toute sortie dommageable pour le spectacle ; secondo, le rire excessif peut détendre les sphincters, et là ...
Othello, MacBeth, Le songe d'une nuit d'été, Hamlet, mais aussi Timon d'Athènes, La nuit de rois, Comme il vous plaira, ... 37 oeuvres dramatiques (vous ai-je déjà dit !) sont passées au filtre magique de Gilles Cailleau, tour à tour funambule, bouffon, acrobate, musicien, improvisateur ; en un mot, Acteur, à la façon d'une Comedia del Arte qui nous fait du bien à nous, pauvres hères, frappés depuis ce sinistre vendredi 13 (janvier 2012) du sot(!) de l’infAAmie !
Merci à EV - qui se reconnaitra -, s'il parvient jusqu'ici !
Nota : pour ne pas rater la 509ème et les suivantes, aller sur le site www.attentionfragile.net

Ah ! Ah !!!!!!!!!

Il faut se ressaisir ! La France a perdu un A ; oui, OK, bon : "Frnce", c'est pas facile à dire, mais on ne va pas en faire un fromaage ! Everybody Knows a réfléchi et vous propose de voir le "AA" d'une autre façon :
- AA, c'est les initiales de la revue Architecture d'Aujourd'hui !(quand même : rappelé à l'ordre par un blogueur)
- Association Amicale (c'est déjà pas mal !) Association Amicale des Authentiques ne veut rien dire du tout d'ailleurs !
- Amour & Amitié
- AA, que l'on peut prononcer Ah ! Ah ! (avec un accent coquin), n'est-ce pas mieux que QQ ? ou le "double Pé" ?
- Lady Gaga a bien un double A et pourtant elle fait un tabac (tiens, lui aussi !)
- Sarkozy lui n'a qu'un seul A, mais il a épousé Carla qui en a deux ! (un couple présidentiel avec un triple A en quelque sorte !)
- François Hollande, itou : un double A
- Art et Architecture
- Aa : cher aux cruciverbistes de tout poil, est un petit fleuve côtier pénard qui coule sans emmerder personne du côté de chez les Chtis
- quelques exemples de mots simples à deux syllabes qui n'ont que deux A et qui ne s'en portent pas plus mal : papa, nana, dada, baba, mama, tata, gaga (déjà dit), salsa, et évidemment caca, mais il y a aussi para, lama, kata, Valda, rasta, barda, basta, calva, gala, Alma (le zouave de), ça va ?, ...
A vous !

samedi 14 janvier 2012

Dictionnaire ouvert jusqu'à 22 heures


Noël, la nouvelle année, constituent des rites sympathiques dont l'abrogation ne figure d'ailleurs dans aucun des programmes des impétrants à la Présidence de la République (lesquels sont probablement en cours de rédaction du côté d'Arles... si vous voyez ce que je veux dire) ; et heureusement ! Dans le monde professionnel, ils nous permettent - même en temps de crise - de recevoir ces petits encouragements à poursuivre des amitiés dans l'espoir de les ponctuer (les amitiés) de découvertes gastronomiques célébrant la signature d'un beau contrat. Ainsi va la vie des affaires... même en période de dégradation ; même quand le niveau d'éthique est classé "gold" ou "platinium". M. X reçoit donc de (plus en plus) rares bouteilles de vin, une collection de cartes de voeux manuscrites (de plus en plus rares également), une avalanche de cartes électroniques dont la vocation est d'être immédiatement orientées vers la "poubelle" et, cette année, un livre dont les premières minutes de lecture constituent à elles-seules une promesse de bonheur(s) : il s'agit du "Dictionnaire ouvert jusqu'à 22 heures", établi par d'augustes membres de l'Académie Alphonse Allais, à laquelle Mr X. devrait logiquement (?) appartenir du fait de la proximité de sa résidence de campagne avec Courtenay, la ville d'Aristide Bruant, célèbre chansonnier de la fin du 19ème siècle (il figure même sur des couvercles de boîtes de brie, c'est dire !) qui partagea avec Allais, les riches heures du cabaret le Chat Noir à Montmartre.
Extraits :
"Architecte : Personne diplômée qui se prétend capable de tracer des plans originaux dans la conception d'édifices, mais qui n'a jamais été fichue de concevoir un troisième étage situé ailleurs qu'entre le deuxième et le quatrième."
Pour conclure (provisoirement) avec Alphonse Allais, on peut affirmer qu'il s'agissait d'un visionnaire puisque, avec un siècle d'avance, il arborait déjà le "double A" de ses initiales avec une certaine fierté, quand d'autres le cache comme une maladie honteuse...

mercredi 11 janvier 2012

Anthologique ?

dans la perspective de la sortie fin janvier de l'album "Old Ideas", Léonard Cohen est victime (consentante ?) du marketing...

Read more on http://www.nme.com/news/leonard-cohen/61353

Merci à GM qui se reconnaitra, s'il vient jusqu'ici...

mardi 10 janvier 2012

Blogueurs sans bagages


Les filets d'Everybody Knows n'ont pas encore péché simultanément un visiteur israélien et un visiteur palestinien, mais aujourd'hui, c'est un monégasque et un citoyen des Emirats Arabes Unis qui nous ont rendu visite. Merci. Thank You.
"Indignez-vous !". "Time for outrage !"

dimanche 8 janvier 2012

Veinard(e)s

On a (presque) tout changer à droite !

La croisière

Y a proposé à X de faire un tour en bateau du côté de Granville, là où le marnage est maximal. X monte à bord d'un voilier magnifique ; un sloop d'au moins 50 pieds, flambant neuf, rutilant. La grand-voile est enroulée autour de la baume et un équipage en uniforme(une dizaine de jeunes) s'affaire pour la déplier. Il n'y parvient pas. X n'est pas un spécialiste mais découvre qu'un sandway (est-ce bien le nom ?) est encore attaché et enserre la voile. De même les "couilles de chat" bloquent les coulisseaux de la drisse. X apprécie particulièrement l'usage de ces vocabulaires vernaculaires ; ceux des marins, du monde de la construction, de l'armée, etc. L'équipage le remercie de son aide savante, mais quand X se propose pour participer aux manœuvres, on lui fait comprendre que l'exercice est délicat et nécessite des habitués.

X va s'installer à la proue du bateau dans une sorte d’alcôve à ciel ouvert, tapissée d'une matière en plastique rouge. X se rend compte qu'il s'agit d'un très grand Chesterfield. Le fauteuil géant est entouré d'étagères moulées en Corian et garnies de livres. X saisit un ouvrage épais à la jaquette bleue : les cours de navigation des Glénans. Il y a une table basse devant X ; en Corian également, revêtue de loupe d'orme cette fois. Au centre de la table basse, un plateau dans lequel se trouve un énorme poulet rôti (ne serait-ce pas une dinde ?). Étrangement le poulet, bien que plumé et bien que présentant une peau parfaitement dorée et croustillante, semble vivant. Coincée sous l'une de ses ailes, se dresse une règle de l'Amiral Cras. Ce sera toujours utile, pense X, si le GPS tombe en panne.

Absorbé dans la lecture des cours de navigation des Glénans, dont il découvre qu'ils ont obtenu le Prix Goncourt dans les années 60, X ne voit pas s'approcher la jeune femme qui ressemblait à Jean Seberg. Elle vient comme prévu pour prendre l’apéritif avec lui. X lève la tête de son ouvrage quand l'ombre de la jeune femme passe devant lui. Elle est habillée comme les membres de l'équipage : un polo marin façon Jean-Paul Gaultier, mais elle porte une jupe blanche extrêmement courte. X constate qu'elle est très bronzée, que ces dents sont d'un blanc suspect (elle doit se les faire blanchir régulièrement). X lui propose une sélection de whisky et lui en explique la provenance et les gouts respectifs avec un grand nombre de détails - dont la plupart sont inventés sur l'instant. X est vêtu d'un poncho multicolore qui semble incongru dans cet ambiance marine. Il porte quand même un bonnet de marin et sa barbe a une longueur de trois jours.

Le bateau est maintenant en pleine mer. La météo est extrêmement favorable. Il n'y a pas une vague, et le navire semble glisser comme sur l'eau d'un lac parfaitement lisse. La surface de la mer prend même, par moment, l'aspect d'une immensité désertique ; comme cette plaine à l'aridité exceptionnelle qu'il avait découvert du haut de Zabriskie Point. X observe que la terre est maintenant assez proche et que l'on parvient à distinguer, par endroit, de très belles propriétés dont les terrasses présentent d'interminables longueurs de balustres et des folies en surplomb de la mer. Il ne sait plus très bien s'il est en Bretagne ou à Montreux ; d'autant qu'en second plan se dresse un panorama de montagnes dont des vestiges de glacier brillent sous le soleil.

La jeune femme est appelée brusquement par l'équipage. X perçoit qu'il y a un problème. Ces cons n'ont pas anticipé les horaires de marée, pressent-il. Il se lève de son siège et constate que le bateau est maintenant très près de la côte et que des rochers affleurent à moins d'un mile sur bâbord. X se rend vers l'arrière et saute dans le carré où Y est seul à la barre. Qu'est-ce que tu fous, lui dit-il. T'inquiète, lui répond Y, nous allons passer juste dans ce bras de mer entre les deux rochers, ou bien nous nous poserons sur la vase. Au même moment X sent que la coque du bateau racle le fond. Mais on va bousiller le bateau, dit X. Non, c'est prévu, je vais l'amener juste à quai, lui répond Y. Et il enclenche les chenilles. Le bateau se lève légèrement et son ère vient mourir le long du quai d'embarquement des anciens bagnards.

Le meilleur tartare


Une déconvenue récente m'impose de prendre la plume (le clavier ?) sur ce plat dont il faut bien reconnaître que son affichage quasi systématisé sur les cartes des bistrots et des brasseries de l'hexagone est loin d'en avoir relevé la qualité.
Tout d'abord, balayons immédiatement le mythe qui voudrait qu'il n'y ait d'authentique tartare que celui tranché au couteau. Une viande hachée mécaniquement fait parfaitement l'affaire, sinon mieux : elle participera davantage du moelleux du plat.
Secondo un tartare, pour mériter une quelconque distinction, se doit d'être préparé avant d'être servi. La présentation en ordre dispersé des différents ingrédients, même au complet, afin que le consommateur se concocte son tartare lui-même relève d'une hérésie : l'échange de saveurs, avant consommation, entre la viande crue et certains des ingrédients, n'a pas le temps de s'opérer. Et puis, c'est un peu comme si Ikea se prétendait ébéniste !
Tertio, le tartare ne se juge pas exclusivement sur la qualité du plat lui-même ; son accompagnement indispensable - frites et salade - n'est pas à négliger ; une frite molle, ou une salade défraîchie équipée d'une sauce-salade insipide, peuvent condamner irrémédiablement le tartare.
Donc, pour vos orbites cruelles, les recommandations d'Everybody Knows dont le tartare est jugé, par des consommateurs non soupçonnés de complaisance, comme l'un des tout meilleurs de la place :

- demander de la viande hachée pour tartare à votre boucher ; il est possible qu'il ait un hachoir spécial : la viande ne doit pas être hachée trop finement ; elle doit être tendre et goûteuse, plutôt maigre ; compter 130 à 150 g par personne

- les ingrédients : 1 jaune d’œuf par personne, des petits oignons blancs (1 à 2 pour 4 personnes), ciboulette, persil plat, cerfeuil, câpres, Worcestershire Sauce, Tabasco, huile d'arachide, huile d'olive, moutarde forte de Dijon, concassée de poivre et fleur de sel ; le Ketchup n'est pas indispensable ; la mayonnaise est à bannir.

- la préparation s'effectue en 3 temps :
1) d'abord mélanger la viande, les jaunes d’œuf, l'huile, les herbes et les oignons hachés finement, et réserver au réfrigérateur (environ 1H avant le service)
2) ajouter la Worcestershire Sauce, le Tabasco, une cuiller de moutarde, sel et poivre 5 à 10' minutes avant de servir, en mélangeant parfaitement l'ensemble afin d'obtenir un tartare bien homogène ; ajoutés trop tôt ces ingrédients cuiraient les herbes ; réserver à nouveau au réfrigérateur
3) gouter et rectifier si besoin selon le moelleux et la tonicité désirés de votre tartare ; servez (avec fierté)

- les secrets du tartare Everybody Knows :
- ne pas lésiner sur la quantité d'herbes (ciboulette et cerfeuil) et de câpres
- une ou deux feuilles hachés de coriandre et/ou de menthe
- ne pas mollir sur l'huile non plus : 3 cuillerées d'arachide pour une d'olive
- la préparation en 3 temps
- le service à température froide, juste comme il faut
- les frites : attention à l'origine de la pomme de terre (l'Alcmaria de l'Ile de Ré est le must), 2 bains évidemment afin qu'elles soient moelleuses à l'intérieur et croustillantes en surface, bien chaudes (contraste avec la viande) ; le plus est de légèrement les saler (toujours fleur de sel) avant de les plonger dans le bain d'huile
- une petite salade (mesclun, pousses d'épinard, roquette) avec une vraie vinaigrette (sans moutarde)
- accompagner ce plat plutôt avec une bonne bière blonde bien fraîche (mais pas trop !) ; éviter le vin.

Les adresses d'Everybody Knows :
- la Closerie des Lilas
- Le Cadran face à la Gare de Lyon
- La Brasserie Stella

samedi 7 janvier 2012

SO FOOT


Le hors-série du magazine So Foot "Supporters" qui vient de paraître est édifiant : il vous plonge dans un univers qui peut donner des frissons ; celui du fanatisme violent qui gangrène depuis toujours le football, mais qui a pris ces dernières années une dimension véritablement inquiétante.
Le sport lui-même est relégué au second plan ; ce qui passionne ces barbares (terme revendiqué et qui ne constitue pas une insulte) des temps modernes c'est tout le contraire de ce qu'une civilisation est censée apporter. Intolérance, haine de l'autre, aveuglement, violence extrême, idolâtrie, fachisme, inconscience ou plutôt "aconscience", rejet ou ignorance de la raison, de la culture : tels sont les moteurs principaux de ces groupes de supporters dont le plaisir hebdomadaire est de faire régner la terreur et de lire la peur dans le regard de l'autre.
Comment une société est-elle capable d'engendrer de pareils cancers ? Peut-on être barbare dans l'enceinte d'un stade et civilisé à l'extérieur ? On ne cesse de concevoir et construire des stades ou des "arénas" (nouveau concept polyfonctionnel capable d'accueillir tout types d'évènements ; et pourquoi pas, demain, des combats de gladiateurs ?) de plusieurs centaine de millions d'Euros, en sollicitant les plus grands architectes qui se précipitent vers cette nouvelle manne ; pour certains au prétexte que "le stade, ça parle du peuple" (cf interview de Ricciotti dans le même N°).
Et si l'on donnait à tous ces supporters déchainés un boulot, un logement décent, une perspective ? C'est totalement "bisounours" et ridicule ? Et si les sommes détournées dans la construction de ces arènes des temps modernes, dans les rémunérations indécentes des vedettes et des entraineurs, dans la publicité, allaient davantage vers l'éducation, la santé, la recherche, le logement, la solidarité ? N'y aurait-il pas moins de gaspillage de matière humaine ? La "noblesse du pauvre" dont parle Ricciotti ne serait-elle pas plus honorée ? Le "bonheur qu'on donne dans un stade n'est pas comparable ailleurs" ... ah bon ? Navrant !

vendredi 6 janvier 2012

Provok ?


C'est l'image du projet des architectes de l'agence MVRDV pour deux tours jumelles à Séoul. Les archis sont gentils : ils sont surpris que certains aient pu y voir une allusion au 11 septembre !

New skin for the old ceremony

And is this what you wanted to live in a house that is hanted by the ghost of you and me ?
L. Cohen

mardi 3 janvier 2012

Take this waltz

Traduction libre d'une des plus belles chansons de Cohen, d'apres un poème de Federico Garcia Lorca :

A Vienne il y a dix femmes magnifiques
Il y a une épaule au creux de laquelle la Mort vient pleurer
Il y a un immense lobby avec neuf cents fenêtres.
Il y a un arbre où les colombes viennent pour mourir.
Il y a un lambeau de l'aube
qui pend dans la Galerie de Glace
Aïe, aïe aïe aïe
Entre dans cette valse, prends cette valse
Prends cette valse et serre fort les machoires

Je te veux, je te veux, je te veux absolument
sur une chaise avec un magazine qui n'existe plus
Dans la grotte au creux du lys,
Dans des couloirs où jamais l'amour n'est allé se perdre
Sur un lit où la lune a transpiré
Dans un cri peuplé d'empreintes de pas sur le sable
Aïe, aïe aïe aïe
Prends cette valse, prends cette valse
Prends sa taille brisée dans ta main.

Cette valse, cette valse, cette valse, cette valse,
Avec son haleine chargee d'alcool et de mort
Dont le souffle se perd dans la mer.

Il y a une salle de concert à Vienne
Où ta bouche posait mille questions.
Il y a un bar où les garçons ne parlent plus,
Ils ont été condamnés à mort par la tristesse.
Ah, mais qui grimpe jusqu'à ton portrait
Avec une guirlande de larmes fraichement cueillies ?
Aïe, aïe aïe aïe -
Prends cette valse, prends cette valse
Prends cette valse, qui se meurt depuis tant d'années.

Il y a une mansarde où les enfants  jouent,
Où je vais vite aller me coucher avec toi,
Dans un rêve de lanternes hongroises,
Dans la douceur d'un après-midi.
Et je verrai ce que tu as enchainé à ton chagrin,
Tous tes moutons et tes lys des neiges -
Aïe, aïe aïe aïe -
Prends cette valse, prends cette valse
Avec ses "Je ne t'oublierai jamais, tu sais !"

Et je danserai avec toi à Vienne,
Je serai deguisé en rivière.
Une jacinthe sauvage sur l'épaule
Ma bouche sur la rosée de tes cuisses.
Et j'enterrerai mon âme dans un album,
Avec toutes les photos et la mousse.
Et j'offrirai à la vague immense de ta beauté
Mon pauvre violon et ma croix.
Et tu m'emmèneras danser
Dans les points d'eau au creux de tes poignets -
O mon amour, O mon amour
Prends cette valse, prends cette valse
Elle est à toi. Il n'y a rien d'autre.

Quoi de neuf ? Le Bookstore !



Quelle superbe nouvelle en ce début d'année 2012 transmise par notre ami MB (qui se reconnaitra s'il parvient jusqu'ici) et relayée par Contrastes & Lumières : le Bookstore de Biarritz, pour lequel nous avions diffusé une pétition l'été dernier alors qu'il était menacé de reconversion en guichet bancaire, parfumerie ou (pire) agence immobilière, va poursuivre son aventure littéraire !
Je n'ai qu'une hâte maintenant : en savoir plus sur cette reprise (et bien entendu aller vérifier que le Chesterfield du 1er étage fait toujours partie du décor !)
Merci en tout cas à tous ceux qui avaient signé la pétition.

lundi 2 janvier 2012

Blogueurs sans bagages


Allez, pour démarrer l'année, pris dans la nasse d'Everybody Knows :

- 11 Algériens
- 3 Belges
- 2 Sénégalais
- 2 Allemands
- 1 Israélien
- 1 Canadien
- 1 Chinois
et bien entendu des Français, mais, mais... l'idéal serait dans la même journée :

- 1 Palestinien et 1 Israélien
ou
- 1 Coréen du Nord et 1 Coréen du Sud
Non ?

dimanche 1 janvier 2012

Les (bonnes ?) résolutions

En début d’année, il faut prendre de bonnes résolutions ! Tous les enfants qui ont été bien élevés (pas ceux qui vendent du hachich dans les banlieues) le savent.
Donc, voici la liste d'Everybody Knows :
- ne pas prendre de beurre avec mon foie gras, ni plus de deux fois des frites avec mes spaghettis carbonara, (trop lourd)
- ne pas mettre mes doigts dans mon nez, même quand je me crois tout seul (multiplication des cameras de vidéosurveillance),
- boycotter le football (trop indécent),
- ne rien faire pour briguer la présidence de la République (trop exposée),
- ne pas céder a la tentation de s'inscrire sur Facebook (trop vulgaire),
- finaliser le projet de tombe en Bfup (trop bien)

Arurbain (gratuit)

Saint-Suaire à Bécon-les-Bruyères (rime riche) ; ou le baiser (au choix)

Pingouin égaré sur une banquise recouverte d'enduit gouttelettes

La crèche

Once upon a time...

Je voeux !

Le meilleur en 2012 pour tous mes admirateurs (rices) qui se reconnaitront, c'est certain, dans le dessin que j'ai piqué à Plantu dans le N° de ce WE du "Monde" !

vendredi 30 décembre 2011

Merveilleuse MEP

Le blog nous permet de réaliser des exploits ; par exemple, celui de remonter dans le temps. Vous l'ignoriez ? Démonstration.
Vous imaginez que ce texte a été écrit en 2011. Normal, si vous vous fiez à la date qui s'affiche. Perdu ! Les mots qui défilent devant vos orbites cruelles ont été ciselés ce 1er janvier. La preuve ? Comment pourrai-je connaître l'information suivante :
LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 01.01.12 | 07h41 •Séisme de magnitude 7 au large du Japon. Pas d'alerte a tsunami.
Explication : le texte sur la MEP a été commencé le 31/12, mais faute d'inspiration ou de temps, il est resté dans la boîte d'enregistrement (la bleue) ; et c'est cette date qui compte. Quand l'humble serviteur que je suis reprend ce texte pour le parachever, et bien je suis toujours dans 2011. Et je peux y rester aussi longtemps que je veux ! Fortiche la machine à remonter le temps !

Bon, parachevons :
La MEP (Maison Europeenne de la Photographie), sise dans le quartier du Marais à Paris est un lieu formidable ; les expositions qui s'y succèdent apportent toujours leur lot d’émotions, de connaissance, de la matière pour le regard ; une sorte de bonheur.
Actuellement, on peut se régaler des photos de Rome que le jeune William Klein fit en 1956 en attendant d'être reçu par Fellini. Toute une humanité semble concentrée dans ces prises de vue en noir et blanc. Ce que fulgurance veut dire !
Un texte accompagne ces photos dont j'ai saisi cet extrait d'Henry James :
"Quand vous vous lassez de la dimension grouillante de vos semblables les touristes, des aspects ingrats de la nature humaine sur le Corso et le Pincio, de la juxtaposition d'une fréquence opprimante des couronnes et des lambris des carrosses, des visages stupides à l'intérieur des carrosses,des cerveaux vides et des bottes vernissées, des rires, de la saleté et de la pourriture, des prêtres et des mendiants, et des marques innombrables d'une civilisation boiteuse, l'image d'un grand temple fait basculer vos doutes, semble réfuter la vulgarité envahissante des choses, et vous assurer que rien de grand n'est impossible."

Et puis, à l'étage, une autre exposition sur la photographie albanaise qui vous fait remonter le temps (une obsession !). Des portraits essentiellement, magnifiques et réalisés pour la plupart par des photographes anonymes ; curieusement des femmes voilées dont la légende nous apprend qu'elles sont catholiques et d'autres, les cheveux longs sur les épaules, qu'elles sont musulmanes ! (intégristes de tout bord : indignez-vous !).
Au sous-sol une 3ème exposition de Marc Fumaroli dont je reproduits l'un des textes explicatif de son travail :
"J'ai saisi au vol, et surpris à son insu, aux hasards de voyages aux quatre coins du monde, l'air d'un visage, d'une attitude, d'un voisinage complice, un air involontaire et anonyme dont la fragilité fugace est un gage de vérité. Avant la photographie, seul peut-être le dessin de Xatteau a pu se proposer de recueillir sa,s les froisser ces fleurs éphémères et pures de corps et d'âme."


Texte écrit le 1er janvier 2012 à 11H38

Everybody Knows'Award

Les lauréats 2011 sont :
- architecture : La bibliotheque Humboldt de Berlin, de Max Düdler
- litterature : "L'homme qui aimait les chiens", de Leonardo Padura
- art : La vieille ville de Valencia pour ses graffs
- musique : Jasmine De Keith Jarrett
- technologie : Steve Jobs
- paix : Stephane Hessel
- horreur* : Le tsunami au Japon ex acquo avec Fukushima
*très forte concurrence en 2011 ; le cru 2012 sera-t-il encore meilleur ?







Palmares littéraire Everybody Knows 2011

Et s'il ne fallait retenir que 10 œuvres lues en 2011 :

Dans la catégorie Roman :
"Le garçon qui voulait dormir" d'Aharon Appelfeld
"Indignation" de Philip Roth
Dans la catégorie Polar :
"Les Anonymes" de R.J. Ellory
Dans la catégorie Essai (d'architecture) :
"Studies in Organic" de Kengo Kuma
Dans la catégorie Iconoclaste :
"Cain" de José Saramago
Dans la catégorie Inclassable :
"L'homme qui aimait les chiens" de Léonardo Padura.
Dans la catégorie Biographie :
"Stefan Zweig" deDominique Bona
Dans la catégorie Roman jubilatoire :
"La vie très privée de Mr Sim" de Jonathan Coe
Dans la catégorie Prix littéraires :
"Limonov" d'Emmanuel carrère
Dans la catégorie Tendresse :
"La musique d'une vie" d'Andrei Makine










jeudi 29 décembre 2011

Hôtels particuliers


Extrait de l'épilogue du très beau livre "Les hôtels particuliers de Paris" d'Alexandre Gady, professeur d'histoire de l'art moderne à l'université de Nantes, spécialiste de l'architecture et de l'urbanisme en France de cette époque (16ème, 17ème et 18ème jusqu'à la Révolution) :
"Si l'on veut bien entendre leur discours muet, les hôtels offrent beaucoup. Cette générosité permet de mesurer toute leur saveur : dans la laideur du quotidien et au milieu de la prose ennuyeuse de tant de bâtisses, l'hôtel fait figure d'exception poétique. Filons la métaphore : dans la ville-orchestre, ne joue-t-il pas en soliste ? Les valeurs qu'il exprime avec éclat - l'équilibre, l'originalité, la beauté, la rareté enfin -, sont d'une extraordinaire force, quasi exotiques dans une époque travaillée par un consumérisme vain."
(un régal : "la prose ennuyeuse de tant de bâtisses...")

Nota : le livre d'Alexandre Gady a été édité à l'occasion de l'exposition "L'hôtel particulier, une ambition parisienne" que l'on peut voir actuellement à la Cité de l'Architecture et du Patrimoine.

mercredi 28 décembre 2011

Veinard(e)s

On a (presque) tout changé à droite !

Palmares architectural Everybody Knows 2011

S'il fallait retenir 10 œuvres vues en 2011, parmi les plus marquantes (jeu stupide !) :

- La Basilique de Syracuse. Architectes : Andrault et Parat (1957)
- Le Pavillon Blanc (Colomiers). Architecte : Rudy Ricciotti (2011)
- Le Neues Museum de Berlin. Architecte : David Chipperfield (2011)
- La Pavillon Veles e Vents à Barcelone. Architecte : David Chipperfield (2007)
- La Bibliothèque de l'Université Humboldt à Berlin. Architecte : Max Düdler (2011)
- Les logements de la Rue Pierre Rebière à Paris (17ème). Architectes : Hondelatte et Laporte, Bow-Wow, Stéphane Maupin, ... (2011)
- La Philharmonie de Berlin. Architecte : Hans Sharoun
- La Mosquée Bleue d'Istanbul. Architecte : Mehmet Aga (1609-1616)
- Le Musée de la Topographie de la Terreur à Berlin. Architecte : Ursula Wilms(2010)
- Le Bunker de la collection Boros à Berlin. Architecte : Albert Speer (1942)

Et maintenant à vous de jouer pour identifier les œuvres (trop fastoche)!











Dégage !


Il s'agit bien du mot de l'année. En espérant qu'il resserve encore pour 2012.

jeudi 22 décembre 2011

Carnets 6 Optimisme

Novembre 2005
Bien sûr, ce matin il pleut des cordes, le fond de l'air est humide et glacial, il vous troue la peau sous le manteau. La journée va être foireuse, un simple coup d'oeil à votre agenda vous l'a confirmé. Comme vous vous êtes levés en retard avec mal au dos, vous allez vous tapper les embouteillages, décuplés par la pluie. Il est fort possible que vous marchiez dans une belle merde de chien ; un voisin indélicat (pervers ?) s'emploie à faire crotter quotidiennement son animal de compagnie juste devant votre porte. Vous avez appris que le virus de la grippe aviaire avait probablement muté. Un cyclone s'apprète à devaster les côtes mexicaines ; vous vous en foutez, car c'est assez loin, mais vous avez toujours conservé, des rudiments éducatifs, cette conscience universelle qui vous fait prêter l'oreille aux informations traitant de catastrophes exotiques. Mais en vérité vous êtes pour l'instant un être comblé car il y a encore suffisamment de papier hygiénique dans les WC !

mercredi 21 décembre 2011

Blogueurs sans bagages


Un israélien et un suisse ! C'est pas beau ça ? Et ça se passe où ? Sur Everybody Knows, évidemment !

mardi 20 décembre 2011

Monsieur Oscar vient d'avoir 104 ans


Qui :
- est communiste depuis toujours sans jamais avoir renié son engagement ?
- a construit à lui tout seul - ou presque - une capitale ?
- s'est marié à l'âge de 98 ans avec une jeunette de 80 ans environ ?
- vit et travaille chaque matin dans un immeuble de Copacabana ?
- a conçu au Havre un volcan en béton ?
- a donné à la Place du Colonel Fabien une spectaculaire sphère (toujours en béton) ?
- était au jury qui a retenu le projet de deux jeunes inconnus, Richard Rogers et Renzo Piano, pour Beaubourg ?
- vient de fêter ses 104 ans ?

Carnets 5 Poésie hygiénique


Vous avez vu l'allure ?
Un peu mou pour un dur !
Je dois dire que ce matin
J'vais pas faire le buzz dans les petits coins !
J'entends déjà les commentaires en apparté :
Ce type, il est drôlement gaulé !
C'est que non seulement je suis nu
Mais en plus je suis tout tordu !
C'est peu de dire que j'ai été malmené,
Sur moi, tous, ils se sont acharnés.
Plus d'une fois on m'a trainé par terre
Tiens, pas plus tard qu'avant-hier !
Jusqu'au chat qui, me voyant tout couillon,
De sa patte diabolique me déroula à fond.
L'un d'eux tenta bien de me refaire une sihouette,
Mais sans attention, c'était pas très chouette !
Et c'est avec une mine patibulaire
Que j'achevais ma sinistre carrière
Bientôt je ne vis plus même d'issues,
On me remisa sur la tablette du dessus.