mardi 21 août 2012

New-York est une fête. Episode N°7 (Gastronomie)

Après le luxe (l'architecture), le calme (les peintures), voilà la bouffe en guise de volupté !
New-York mange à toute heure du jour et de la nuit toute sorte de choses plutôt préfabriquées et standardisées sauf..., sauf, sauf que maintenant, il y a "Halal Guys" ! Comment vous dire ? Une camionnette banale, 6ème avenue, angle de la 53ème rue. Une odeur incomparable de viande grillée et d'épices qui vous prend aux narines et qui ne vous lâche plus. Une queue permanente de clients d'une trentaine de mètres sur le trottoir. Une grande barquette en allu remplie en 5 secondes chrono de miettes de poulet et d'agneau grillées à la plancha, de riz, et quelques naans, le tout nappé d'une sauce secrète (yaourt + herbe ?), et l'ensemble prêt-à-être consommé sur le macadam pour 6 dollars ! Le bonheur (ou presque !).
 

 La "street food" est à la mode à New-York comme en témoigne ces quelques camionnettes, chacune spécialisée dans un plat. J'ai ouï dire que Paris s'y mettrait, prudemment sans doute ; il doit bien y avoir un ou deux lobbies contre lesquels lutter !
 

El amante bilingüe de Juan Marsé


Après avoir lu ce livre, il est probable que vous ne regarderez pas les cireurs de chaussures ni les types qui font la manche avec un accordéon - surtout ceux qui sont postés près du métro Liceo à Barcelone - de la même façon qu'avant !
Et puis si vous rentrez un soir chez vous à l'improviste et que vous trouvez votre femme (riche, sexy, intelligente) dans les bras d'un de ces Charnegos, qui sait si vous ne sombrerez pas dans la déchéance totale comme Marès ?
Savez-vous réellement ce que recouvre le mot "fou d'amour" ?

Comment ? Vous n'avez pas encore acquis ce petit condensé de nostalgie et de délire ?

lundi 20 août 2012

Bloggeurs sans bagages !

Un petit regard rapide et curieux sur le tableau des "statistiques" et des "participants" du blog à cet instant, et depuis 0H00 ce jour, et c'est le Territoire Palestinien (6 visites) qui surpasse les USA (avec 5 visites).
Ramené au nombre d'habitants, Everybody Knows semble susciter un engouement 100 fois supérieur* en Palestine (4 millions d'hab.) qu'aux US (316 millions d'hab.) !
* hors données corrigées des variations saisonnières

New-York est une fête. Episode N°6 (rereculture)

 Et puisque vos orbites cruelles ne s'en lassent jamais... Au MOMA cette fois (à vérifier !)


 


 


 


 


New-York est une fête. Episode N°5 (reculture)

Je livre à vos orbites cruelles quelques chefs d'oeuvre, qu'elles (vos orbites) ne méritent certainement pas, mais tant pis ! Toujours au MET.


 


 


 


New-York est une fête. Episode N°4 (Culture !)

L'architecture, ça va un temps ! Les musées, c'est pas mal non plus ! Une chose est stupéfiante à New-York, c'est le nombre de gens qui photographient les tableaux, leurs enfants posant à quatre pattes sous un Picasso, la fille et le futur gendre boutonneux devant un Rembrandt, la grand-mère à côté d'un Dali, etc... Je regrette de ne pas avoir pris en photo ce type de scène. Si je n'avais pas un minimum de réserve vis-à-vis des tics de langage, je dirais que c'était hallucinant ! Tout le monde brandissant son portable ou bien son Nikon avec un objectif de 32cm de long (mini), j'ai fini par sortir mon IPhone et rejoindre cette troupe de paparazzis sauvages. Ceci étant, le soir, quelques jours après, maintenant, c'est un régal de pouvoir se remémorer à tout instant le bonheur absolu de la contemplation de ces chefs d'oeuvre qui faillirent vous stendhaliser sur place !
Place à quelques toiles donc du MET...
 


 
 


 


dimanche 19 août 2012

New-York est une fête. Episode N°3

Suite de la "saga" et dernier épisode du volet architectural (avant le culturel et le gastronomique).

- la petite tour de Jean-Nouvel dans le quartier branché de la Highline, avec vue sur l'Hudson River, à laquelle il manque sans doute trois fois sa hauteur pour s'imposer comme l'une des plus belles tours du monde (et oui ! c'est ce que je pense). Pas pris le temps d'aller admirer de près la façade dont ont dit qu'elle est la plus chère du monde (à voir : j'en connais une autre qui doit pas être mal non plus dans ce registre !...), mais le jeu de la lumière sur elle depuis un bateau de pioux-pioux voguant sur l'Hudson, était ni savant, ni correct, mais simplement magnifique !... Bon, si vous aimez les grandes baies vitrées sans aucune menuiserie susceptible de vous contaminer la vue, mieux vaut éviter l'acquisition d'un pied à terre dans ce bâtiment...










- 41 Cooper Square, une université privée dessinée par l'architecte de L.A. Thom Mayne ; acteur majeur de la tendance déconstructiviste, Mayne signe un bâtiment dont l'aspect extérieure est une nouvelle fois étonnant, voire "décoiffant" ; totalement enveloppé dans une résille métallique perforée et scarifiée d'immenses cicatrices ("a sexy sun-catching steel facade"), le bâtiment qui ne se visite pas (sauf à payer les droits annuels de scolarité...) est, parait-il, magnifique de l'intérieur avec un atrium invraisemblable accueillant un escalier du même tonneau. Il est labellisé LEED Platinium : on est rassuré ! Il a donc tout pour convenir au souhait de l'industriel Peter Cooper qui cherchait à promouvoir une éducation  "as free as air and water."

- l'extension de la Morgan Library de Renzo Piano ; pourquoi trouve-t-on ce bâtiment un peu tristounet ? Est-ce cette façade principale au deux tiers opaque, ou bien des dispositifs structurels qui rappellent d'autres dispositifs structurels, identiques, déjà vus dans d'autres bâtiments de Piano ? Ou peut-être encore, cette satanée société du spectacle qui nous porte à en vouloir toujours davantage dans le nouveau, le spectaculaire et "l'épate" ? Les espaces intérieurs sont clairs, reposants, sans surprise, mais sans doute conçus avec un goût précis pour la fonctionnalité, et un certain côté "less is more" qui n'est plus trop dans l'air du temps.

New-York est une fête. Episode N°2

2ème épisode de cette "saga" entamée sur le registre architectural.
- le 40 Bond Street, immeuble résidentiel des architectes suisses Herzog et de Meuron, qui affiche une trame matricielle volontaire carrossée-vernie-verte, en partie basse des arabesques en béton de fibre qui évoquent les graffitis new-yorkais, et une entrée très design-chic. Je trouve pour ma part que le duo suisse a (un peu) surjoué le côté déco.
Jacques Herzog dit de son bâtiment : "Nous aimons les positions radicales et nous essayons de les mettre en œuvre. L'idée des portes s'est imposée à nous en premier. Elle nous donnait une signature, une échelle et une personnalité.Les portes introduisent l'échelle des maisons de ville. (...) Nous avons testé plusieurs choses mais la plupart paraissaient trop traditionnelles, alors nous vint l'idée de quelque chose de réellement chaotique qui puisse être perçu comme relevant de la culture urbaine, dans laquelle le graffiti est partie intégrant du paysage. Ainsi, nous avons pris des graffitis que nous avons manipulés sur ordinateur ; le résultat est radical, mais il s'agit d'un processus classique de transformation." On attend maintenant le 56 Leonard Street, une tour de logement assez gentiment déjantée, actuellement en construction !


- le nouveau siège du New-York Times de Renzo Piano ; monolithe qui s'inscrit dans le skyline new-yorkais avec une certaine retenue (aristocratique ? technique ? modeste ? intemporelle ?), qui gagne à être vu de près, avec un hall qui se présente comme un très large couloir débouchant sur un carré de campagne, sur les deux murs jaunes duquel est installée une œuvre intéressante qui évoque l'activité trépidante et planétaire qui règne dans les étages supérieurs.











- Le nouveau musée d'Art Contemporain des architectes Kazuyo Sejima + Ryue Nishizawa (agence Sanaa), livré en 2007, dont on connait la silhouette légère des six boîtes blanches empilées avec un décalage (semble-t-il) aléatoire à chaque étage. Le concept structurel privilégie des espaces d'exposition entièrement libres. Minimalisme quasi absolu qui frôle la fragilité perçu dès le hall d'entrée, et qui appelle l'incontournable question très basique : "mais est-ce que tout ça va bien vieillir ?" A propos de leur projet les architectes disent : "La solution est venue après une période très intensive d'essais et d'erreurs multiples. Nous avons étudié un nombre incalculable de modèles fondés sur le programme du Musée et les contrainte du site. Et nous sommes arrivés à la notion de boîtes elles-mêmes ; chacun représentant un élément spécifique du programme du musée. Puis nous avons agencé les boîtes pour avoir des espaces intérieurs ouverts et facilement reconfigurables, avec un maximum de possibilités pour que la lumière y pénètre et que des vues soient offertes depuis n'importe quel endroit à l'intérieur."
Voilà : l'architecture, c'est simple en somme !...

New-York est une fête. Episode N°1

Petite saga en X épisodes que j'entame par un premier volet architectural (qui sera suivi par un volet culturel et un volet "gastronomique").
Quoi retenir de New-York après cinq jours de (re)découverte ?
- la (ou devrait-on dire les ?) nouvelle(s) tour(s) de Franck Gehry au sud de Manhattan entre le site de "Ground Zero" et le Pont de Brooklyn, précisément au 8, Spruce Street. A 82 ans le génial architecte americano-canadien crée l'évènement au cœur de Big Apple. Son immeuble de logements qui culmine à 265 m de haut - le plus haut du continent américain - déploie les 10.500 panneaux d'acier de ses façades comme un drapé somptueux qui joue admirablement avec la lumière. C'est un festin pour le regard. Avec l'Aqua-Tower de Jeanne Gang (Cf infra), il s'agit bien de deux bâtiments achevés qui réinventent véritablement le concept plastique du gratte-ciel. On attend celui de Christian de Portzamparc, "One57", situé au sud de Central Park et qui devrait atteindre - en même temps que des prix records pour le penthouse du dernier étage (110 millions de dollars) - la hauteur d'environ 350 m. Livraison mi 2013.

- la Hearst-Tower de l'agence Norman Foster, plus modeste en taille, mais qui compense par son concept (un immeuble de verre constitué de très grands prismes posé sur un bâtiment originel en pierre de 1928 dont la construction fut limitée - crise oblige - à 6 étages) et par son positionnement revendiqué de "green building". Sur le plan de l'ingénierie, l'immeuble utilise une structure de type "diagrid" composée de profilés d'acier placés en façade reprenant une partie des efforts verticaux et de contreventement (système permettant l'allègement du noyau central, et donc un rendement de surface meilleur, mais qui est contraint par des phénomènes de dilatation différentielle dus aux échauffements non uniformes de la structure d'acier). A noter qu'un tel système est en passe d'être réalisé sur la Tour D2 à La Défense, actuellement en cours de construction (Arch. : A. Béchu et Tom Sheehan ; Ing. : setec). Le "diagrid" n'a-t-il pas déjà été employé sur la Hanckock Tower à Chicago ?
- l'extension du MoMa réalisée par l'architecte japonais Yoshio Taniguchi, moins connu que ses compatriotes Tadao Ando, Toyo Ito, Sanaa, Shigeru Ban et Kengo Kuma, qui a livré en 2004 un bâtiment doublant les surfaces d'exposition de l'ancien musée. Les espaces intérieurs, lumineux et blancs, multiplient les perspectives dans un jeu des volumes d'une très grande simplicité (apparente). La cour intérieure, agrémentée de sculptures et de bassins,  est un véritable havre de paix et de fraîcheur dans un quartier plutôt agité. Autre lieu d'hédonisme décomplexé : le restaurant, situé au dernier étage, qui offre une vue plongeante sur le jardin et de quoi se sustenter agréablement, à des prix abordables.