samedi 5 février 2011

Zapping 4 (court)

Pour tous ceux qui sont passés à côté de ce dessin de Plantu du "Monde" daté d'aujourd'hui...
Tant que l'on pourra publier de tels dessins en 1ère page d'un éminent quotidien, tout ne sera pas perdu !...
Bon, il faut faire un petit exercice des vertèbres cervicales (ou mieux, tourner l'écran de l'ordinateur)...on a rien sans rien !

vendredi 4 février 2011

Studies in Organic


"Le monde d'hier" et "L'homme qui aimait les chiens" ont du me couper toute inspiration ... Rien depuis pres d'une semaine sur ce palimpseste virtuel !
Donc, j'emprunte a la lecture du moment "Studies of Organic" de l'architecte japonais Kengo Kuma :
"Both modernism and postmodernism were ultimately forms of internationalism, aggressively promoted by the powerful. I am constitutionally averse to high-pressure salesmanship of international goods."
Que je tente de traduire en :
"Le modernisme et le posmodernisme furent deux formes d'internationalisme, qui ont ete imposes agressivement par la puissance. J'ai une profonde aversion pour le mattraquage des techniques de vente des marchandises internationales."

Veritable declaration anti-globalisation ; non?
Pour Kuma, l'architecture ne peut etre un simple produit que le marketing peut refiler aux quatre coins de la planete.

dimanche 30 janvier 2011

Citations


"Le roman est aujourd'hui le seul observatoire d'où l'on puisse considérer l'espèce humaine dans sa totalité." Ernesto Sabato (Écrivain argentin)

"On est toujours plus trompé par défiance que par confiance." Cardinal de Retz (1613-1679)

vendredi 28 janvier 2011

Découfflé et Novarina

L'un danse avec des corps, à Chaillot ; l'autre danse avec des mots à l'Odéon. Le spectacle du premier cède à quelques paresses. Celui du second gagnerait à s'alléger. Il y a du talent, bien entendu ; on a envie de dire : c'est la moindre des choses ! Mais le talent avec une traîne de regrets. Dommage. Mais dans tout ça - et après tout ça - il reste encore beaucoup de matières pour rêver.

Zut !!!!

Zut : j'ai laissé passer le cap des 5.000 visites ! Que je ne l'eusses su plus tôt ! Comme le marin qui s'est assoupi au large du Cap Horn, et regarde s'éloigner le rocher mythique avec le regret définitif de l'occasion manquée, me voilà reparti vers d'autres horizons, d'autres latitudes et je pense avec un peu de tristesse à cet anonyme 5.000 ième visiteur que je ne connaitrais jamais et qui, pire, ne se connaîtra jamais non plus lui-même (en tant que 5.000ème visiteur) ! Et le 5001 unième ? S'agissait-t-il d'une blonde capiteuse avec une chevelure comme "un ouragan d'or endormi" (a "sleepy golden storm") ? Une brune fatale, forcément fatale, au regard cruel autant que lascif, une sorte de Reine de Sabat escortée des volutes fiévreuses des parfums les plus diaboliques ? Ou bien un étudiant boutonneux égaré sur mon blog croyant y trouver la réponse aux questions existentielles que tout étudiant boutonneux normalement constitué devrait instruire à la veillée plutôt que de gaver son site Facebook d'allusions crétines ? Ou bien mon chat ? (non : mon chat ce n'est pas possible).
Que le 5000 ième et le 5001 unième osent se dénoncer ! Courage !

lundi 24 janvier 2011

Attention

Un petit mot d'attention a Gerard qui est le seul promeneur sur ce blog a laisser des commentaires ; je lui dois bien ca.
Alors, une petite precision sur les photos "IPhoniennes" (voir plus bas) ; elles ont toutes ete prises a Rouen, sauf la passerelle suspendue, a Lyon.
La "A" anarchiste etait tagge sur le lit artificiel d'un petit cours d'eau qui passe dans des vieux quartiers. Le type a cheval, c'est Napoleon. Les voutes sont celles de l'admirable cathedrale. La tete de mort en bois n'est qu'une parmi des centaines sculptees sur des pans de bois qui composent les facades d'un ancien ossuaire. La tete du Che (?) figurait dans une ruelle, sur un pignon d'immeuble, a 3,00 m du sol.

samedi 22 janvier 2011

Zapping 3

Une lectrice attentionnée m'avait signifié son intérêt pour cette rubrique. Je vois que ses encouragements datent déjà et que je n'ai rien produit dans ce sens. Donc...
"Le Monde" datée du samedi 22 janvier 2011.
Formidable Sylvain Wotan de Bougival dont un texte figure en dernière page de ce N° (je regrette pour les lecteurs plus rationnels : ma lecture du "Monde" s'engage toujours par la dernière page).
Il nous alerte tous : "Parents, votre responsabilité est en jeu ! Ne faites pas des profs de vos rejetons. Payez-leur une bonne école de commerce, ou bien dites-leur de devenir avocats d'affaires formés à utiliser les failles des lois pour permettre à de grosses sociétés d'accroître leurs bénéfices. Avec un peu de chance, pas mal d'entregent et beaucoup de culot, l'un deux finira bien par se faire élire président de la République et à devenir le garant des lois et le symbole des valeurs à la mode."

Alexandre Lacroix a coordonné un dossier dans "Philosophie magazine" sur le rapport entre les français et la démocratie. On est plutôt fiers car nous sommes profondément attachés à des choses comme : "une répartition équitable des richesses entre les citoyens, une égalité devant la loi, une interdiction des discours haineux, racisme et antisémites dans la sphère publique..." Le commentaire de Lacroix est le suivant : "nous nous trouvons dans une situation inédite et passionnante où les valeurs de la démocratie sont opposées à la logique de la représentation." "Nos gouvernements sont oligarchiques." "Le pouvoir de tous est accaparé par une petite minorité qui s'autoreproduit." Et de citer Napoléon qui considérait que "l'Histoire est un théâtre. Sur la scène il y a des dirigeants qui feignent d'avoir prise sur le cours des choses. Mais, en réalité, ce sont des comédiens, qui n'en savent pas plus que le public"
La météo annonce -16°C à Montréal, et pourtant, "nous connaissons actuellement et globalement la période la plus chaude depuis 125.000 ans", comme l'affirme un climatologue sérieux, James Hansen. Il ajoute : "Je m'attends à ce que 2012 soit l'année la plus chaude jamais enregistrée". Rendez-vous dans quelques mois pour vérification. Un conseil : si on vous propose de reprendre une petite affaire ; préférez la vente de sorbets à celle des marrons chauds !
"Des hackers ont détourné 28 millions d'euros de quotas de CO2" : pour accompagner les spaghettis à la place du gruyère ?

Suzanna York est morte ! Extraordinaire danseuse désespérée de "On achève bien les chevaux" de Sidney Pollack (à revoir impérativement).
"Des domaines viticoles, aux terrains immobiliers, du tourisme aux voitures de location, rien n'a échappé à leur rapacité", au sujet de la bande à Ben Ali. Je me dis que je ne suis jamais allé en Tunisie ; mais que ça pourrait maintenant être l'occasion...
584.453 € de plus-value sur les stock-options de Mr Mesrallet. On est très content pour lui car on l'imaginait dans le besoin (si, si !). Ce montant correspond à 428 fois le smic mensuel, soit : 35,6 années de smicards. Arrivé là, pourquoi pas 40 années ou 50 même ? Faut pas être mesquin !
Quand nos élites comprendront-elles que le déséquilibre indécent sur cette planète entre des toujours plus riches et des toujours plus pauvres nous conduit tous dans le mur ? C'est simple, non ? Pas besoin d'avoir fait Polytechnique !

jeudi 20 janvier 2011

L'immobilier, le sens des valeurs



Je vous l'avais promis, vous en aviez rêvé ; je vous le fais (ce petit compte-rendu de l'intervention de Luc Ferry au 36ème Forum CBRE Richard Ellis).
En italique mes propres réflexions (pas grand chose !).

Il est intelligent le bougre. Vous me direz : "au royaume des aveugles...". Mais quand même ! On peut imaginer que l'intervention est rodée (aucune allusion à l'immobilier), qu'il a déjà du servir à plusieurs reprises de ce bon potage où baignent en abondance : bons mots, citations, ironie, références historiques, philosophiques, vers, etc. ; force est de constater que l'homme est un tribun honorable, servi par un débit de parole remarquable.
L'individu est un intellectuel de droite, et il ne s'en cache pas.
Mais quel fut le potage ?
Une grande idée : en Europe, nous assistons à une déculpabilisation de la peur ; cette passion jadis infantile et honteuse, nous, adultes, l'assumons désormais totalement. Notre monde a ainsi peur de tout. Nous sommes passés d'une philosophie des Lumières à une philosophie de la peur. Exemples : l'environnement, l'école, la culture, l'argent, les valeurs, ... Mais surtout, nous avons peur de la Mondialisation. (ici, il ne s'agit pas du thème de la sécurité ou des émigrés, mais des thèmes de gauche que l'on brocarde).
2 raisons :
1) déconstruction des valeurs traditionnelles
2) la famille moderne fondée sur le libre choix
Concernant le point 1), Luc Ferry cite : la figuration dans l'art qui a été cassée, la nouvelle vague au cinéma, le nouveau roman en littérature, la remise en question de l'harmonie en musique, le regard sur l'école, la révolte contre la morale bourgeoise (68), etc. Cette déconstruction a été portée par 2 choses :
1) la fin du monde paysans
2) le statut des femmes
Dès 1850, avec le mouvement qui s'appelait la "Bohème", on voit apparaître des révoltés contre l'ordre bourgeois.
Mais derrière la Bohème, il y avait des bourgeois qui poussaient.
Il a fallu que les valeurs traditionnels soient déconstruites par des jeunes gens révoltés pour que nous puissions entrer dans l'aire de la consommation à outrance.
Plus vous avez des valeurs culturels fortes et moins vous allez au supermarché ! (En fait : la révolution fait le lit des forces qu'elle prétend combattre et seuls les intellectuels tirent leur épingle du jeu).
La preuve : les 68tards sont tous à droite maintenant (et encore plus que moi qui était déjà à droite avant !)
Concernant le point 2) "l'invention de la famille moderne" en Europe ; c'est un véritable bouleversement politique.
Jadis (au Moyen-Age) :
1) on ne se marrie jamais par amour
2) le mariage est une sorte de contrat social avec la communauté (le village)
Avec le salariat, le couple échappe au contrat social. Le mariage d'amour nait dans la classe ouvrière. 3 conséquences :
1)l'invention du divorce
2)l'amour des enfants
3)la fin du sacré
Concernant ce 3ème point, il faut s'interroger sur ce qui nous ferait accepter de nous sacrifier. Hier c'était Dieu ou la patrie. Aujourd'hui, c'est des êtres humains, et nos proches en particulier. (et pour certains : le fric)
Mais, attention : tous les c... qui disent que c'est un repli sur la sphère privée et une montée en puissance de l'individualisme sont vraiment des c... (tu parles !)
Et de conclure sur cette phrase : "je déteste l'indignation (référence à Hessel, humaniste de gauche) et je préfère l'intelligence et le courage (comme si Hessel n'en avait pas !). Je suis hésitant."
Le rapport à l'immobilier ? Evident, non ?
Ci-dessous un copain qui s'interroge sur le sens des valeurs (dans l'immobilier).

dimanche 16 janvier 2011

Veinard(e)s

On a (presque) tout changé à droite !

Regards IPhoniens






samedi 15 janvier 2011

Le monde d'hier


Immense et ultime ouvrage de Stefan Zweig, écrit en 1941 quelques mois avant de se donner la mort au Brésil (février 1942), "Le monde d'hier" est un témoignage bouleversant sur une période exceptionnelle dans l'histoire de l'humanité qui a vu toutes les valeurs établies depuis plusieurs siècles - en particuliers sociales, humaines et économiques - basculer complètement à une échelle qui englobait plusieurs continents. Cette période, c'est celle qui va de l'enfance de Sweig en Autriche (il est né en 1881) jusqu'en 1941. Elle comprend donc la chute de l'empire millénaire Austro-Hongrois, la 1ère guerre mondiale, les crises économiques, la montée en puissance et la prise du pouvoir d'Hitler, l'antisémitisme exacerbé, la déportation des juifs et des opposants, et le début de la seconde guerre mondiale.
Ce n'est pas un livre d'histoire, bien qu'il évoque avec beaucoup de précisions de nombreux évènements historiques ; ce n'est pas non plus un livre sur la nostalgie ou "passéiste", bien que le chaos est charrié un océan de douleurs et d'atrocités.
C'est le livre d'un homme, d'un humanisme acharné, européen convaincu, d'une immense sensibilité (quand l'intelligence n'a plus besoin de démonstrations ?), pétri de culture et qui va observer, impuissant, au naufrage de cette culture balayée par la barbarie.
On y voit également un intellectuel proche d'autres très grandes figures du monde littéraire ou des arts, nourrit de ces multiples rencontres et des amitiés fortes qui s'y sont développées : Romain Rolland, Richard Strauss, Rilke, Hofmannsthal, Freud, Rodin, Verhaeren, etc.
C'est un livre qui interroge sur une certaine fatalité du cours de l'Histoire ; fatalité qui peut conduire à la désespérance, et certainement au suicide pour des personnages comme Zweig qui se sentent responsables, en partie, de ce naufrage.
Il interroge évidemment sur le futur de notre époque ; pouvons-nous nous croire raisonnablement à l'abri de tels inhumanités ? Des évènements dramatiques comme le 11 septembre 2001, les krachs boursiers, les enjeux écologiques ne sont-ils pas autant de signes qui montrent à l'évidence notre fragilité et devraient nous alerter ? Comme les hommes de ce "monde d'hier" ne savons-nous pas "voir" ? Ne saurons-nous pas agir ?

jeudi 6 janvier 2011

Le jour ou Nina Simone a cesse de chanter


Un texte sur l'intolérance religieuse, la guerre - celle du Liban en particulier -, sur le déshonneur - celui des hommes et celui des femmes qui ne sont pas équivalents -, la liberté de la femme sur une terre dominée par l'homme et le prétexte religieux, un texte sur une descente aux enfers d'une jeune femme "libérée", qui interroge aussi sur l'éducation. Une écriture de combat, sans fioritures.
Le texte a été repris en pièce de théâtre à succès depuis sa consécration à Avignon en 2007. Elle est jouée par Darina al-Joundi, "l'héroine" (sans jeu de mot) du texte.
Merci a MBP qui m'a offert ce livre, et qui se reconnaitra si elle dérive jusqu'à ces quelques lignes.

mercredi 5 janvier 2011

Les anonymes de R.J. Ellory


L'auteur de "Seul le silence", policier dont Everybody Knows ne cesse de faire l'éloge, récidive avec "Les anonymes", un roman qui ne ménage pas le système américain et son bras armé, la CIA. Une série de cinq meurtres de femme perpétrés avec une violence inouïe, et selon un rituel identique (étiquette au cou des victimes, position indécente du corps et odeur de lavande) vont entrainer l'inspecteur Miller dans une histoire jonchée de cadavres où les individus sont autant d'anonymes, où toutes les portes se ferment à chaque indice possible, et où la collusion entre le pouvoir et l'argent ne fait aucun quartier.
Écrit avec beaucoup d'intelligence et de rythme, ce livre, iconoclaste vis-à-vis de la toute puissance de l'impérialisme américain, n'est absolument ni "trash" ni "gore" mais au contraire assez élégant, distillant son suspens page après page, jusqu'au dénouement final ... que nous laisserons (forcément) en suspend !
Les 689 pages ne permettent pas de le lire d'une seule traite ; dommage, car devoir refermer un livre comme celui-là le soir pour aller se coucher est un vrai déchirement !

dimanche 2 janvier 2011

My fair lady


Belle surprise que cette comédie musicale qui fit longtemps les grandes heures de Broadway et qui a investi le Théâtre du Châtelet jusqu'à cet après-midi.
Des acteurs parfaits dotés de voix remarquables, une mise en scène comprenant des chorégraphies bien troussées, de très beaux décors et un accompagnement musical vif et enjoué ; quoi demander de plus ?
L'histoire ? Un éminent linguiste - et célibataire endurci - se targue d'éduquer en quelques mois une jeune marchande de fleurs à l'accent et aux manières frustres et de la faire paraître duchesse dans le beau monde. Il s'agit pour lui d'une sorte d'expérience et d'un pari. Pour la belle il en est, en final, tout autrement...
Au passage l'auteur égratigne le snobisme mondain et les mysogines ; les plus heureux sont les gens simples ; les plus honnêtes ne sont pas forcément les "honnêtes gens".
Le fantôme d'Audrey Hepburn était-il dans la salle ?
Merci à MCF et TF de nous avoir donné l'idée de ce spectacle. Ils se reconnaîtront si d'aventures ils devaient s'égarer jusqu'ici.

Le joueur d'échecs


"Le joueur d'échecs" est la dernière petite nouvelle écrite par Stefan Zweig depuis sa retraite de Pétropolis dans les environs de Rio de Janeiro, juste avant de se donner la mort en février 1942. Comme pour "Amok" ou "La ruelle au clair de lune" (cf commentaire du ...), l'un des thèmes majeurs du récit est la passion ; celle qui s'empare de certains hommes jusqu'à les conduire parfois vers un destin tragique ("Amok"). Ici, il s'agit du jeu d'échecs dont Zweig avait acquis un manuel dans lequel figuraient des parties de grands maîtres qu'il s'exerçait à rejouer quelques mois avant sa mort. Il est donc très probable que les affres mentaux issus du travail des combinaisons et des stratégies auxquels M. B. se soumet, Zweig a pu, sinon les subir, du moins en imaginer la teneur.
Comme souvent chez Zweig, la construction du récit est "enchassée" et l'auteur est le confident d'un drame ; ici, les performances exceptionnelles de M. B. lui viennent d'une expérience tragique subie lors d'une séquestration par les nazis.
Au passage, on peut remarquer que Zweig (même exilé en Amérique du Sud) semble parfaitement informé, en septembre 41, de l'existence des camps de concentration nazis ; même s'il n'est pas au fait de toute l'horreur que le monde entier a pu découvrir lors de leur libération.
Zweig aborde également le thème de l'intelligence, ou plutôt des formes d'intelligence : "l'innée" qui peut-être frustre, exclusive dans un domaine, et en définitive inhumaine, et "l'experte", construite sur quelques dispositions mentales et un travail de forcené. Dans l'un ou l'autre des cas, elles ne constituent un intérêt que sur le plan clinique ou de la curiosité.
La prétention, la bêtise, la suffisance grotesque que Zweig abhorre, sont également décrites au travers du comportement de ce MacConnor, un ingénieur écossais qui "avait amassé une grosse fortune en creusant des puits de pétrole en Californie" et qui "était de cette espèce d'hommes qui ont réussi et sont si pleins d'eux-mêmes qu'ils ressentent comme une humiliation personnelle de perdre, fut-ce une inoffensive partie d'échecs."
L'histoire se passe sur un paquebot, lors d'une traversée New-York - Rio de Janeiro; un espace clos : une métaphore de l'exil ?

Belle lecture (évidemment).

samedi 1 janvier 2011

Le point d'ironie



On m'a demandé ce que représentait ce petit signe au revers de mon manteau.
Il s'agit d'un signe de ponctuation inventé par l'écrivain français Alcanter de Brahm à la fin du 19ème siècle. Il est très peu - voire pas - utilisé alors qu'il veut signifier un passage ironique dans un texte.
On peut le rapprocher de l'"émoticône" ;-) .
Repris en 1997 par la styliste Agnès B. à l'occasion d'une discussion avec l'artiste Christian Boltanski, il correspond au titre d'une publication périodique, elle-même support d'une oeuvre réalisée par un artiste (à ce jour 50 n° sont parus).
C'est aussi le point d'exclamation des poètes !...

Le cadeau du jour de l'an

Vous êtes toujours des veinards : on a tout changé (ou presque) à droite !

The first surprise of 2011

Le parc de Bagatelle pour soi (ou presque) et que les murs ont plus que des oreilles !

vendredi 31 décembre 2010

The last surprise of 2010

Découvert ce 31 décembre, c'est sans doute un signe du destin !
Gageons qu'il fera honneur aux festivités insulaires prévisionnelles de l'été 2011...

Sukkwan Island



Jim a été dentiste à Fairbanks, marié et divorcé plusieurs fois, coureur de jupons invétéré ; il pleure la nuit et se lance dans des actions le plus souvent foireuses. Sa dernière idée : aller passer plusieurs mois seul avec son fils Roy agé de 13 ans dans une cabane isolée sur une île déserte en Alaska.
L'aventure va assez rapidement se transformer en une succession de galères car Jim est en réalité un vrai paumé de l'existence, immature, sans aucun sens pratique. David Vann, un jeune auteur américain d'une quarantaine d'années récompensé pour ce roman par le Prix Médicis Etranger, parvient à créer avec une écriture simple une tension dramatique où la folie s'installe progressivement dans un décor naturel, froid, forcément hostile pour un apprenti-sorcier et son fils innocent mais le plus lucide.
"Tu crois que tout est parti en vrille quand tu t'es marié avec maman ?" lui demande un jour Roy. "Non, c'est parti en vrille un peu avant, je crois. Mais c'est difficile à dire", lui répond son père.
Et sur Sukkwan Island, la vrille va se transformer en véritable cauchemar...

jeudi 23 décembre 2010

Indignez vous ! (pour ceux qui n'ont pas d'idée de cadeau à mettre sous le sapin : 3€ pour semer une graine)


Plutôt réjouissant de voir qu'à 93 ans on peut encore garder une capacité de révolte intacte contre certaines dérives suicidaires du monde.
Stéphane Hessel, ancien contributeur majeur à l'écriture de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, résistant, déporté, diplomate et philosophe nous livre dans cet opuscule d'une vingtaine de pages quelques raisons de nous indigner. Lui qui commence son propos en disant : "93 ans. C'est un peu la toute dernière étape. La fin n'est plus bien loin.", appelle les jeunes générations à prendre le relais et "à faire vivre, transmettre, l'héritage de la Résistance et ses idéaux."
L'instruction la plus développée pour tous, la liberté de la presse, une plus grande égalité sociale, l'intérêt général qui doit primer sur les intérêts privés, celui du monde du travail contre celui de l'argent, le traitement fait aux émigrés, autant de thèmes qu'Hessel souhaiterait voir se substituer comme préoccupations majeures aux seuls horizons proposés aujourd'hui à la jeunesse : "la consommation de masse, le mépris des plus faibles et de la culture, l'amnésie générale et la compétition de tous contre tous."
Peut-être faudrait-il encore davantage de démonstrations, d'exemples de la nécessité d'une mobilisation en faveur de l'"insurrection pacifique" pour convaincre les indifférents ("la pire des attitudes").
Mais, selon le dicton: On ne peut pas forcer à boire un âne qui n'a pas soif !

mardi 21 décembre 2010

Purge


Prix Fémina Etranger, Purge est un roman dont certains passages sont "terribles", au sens douloureux du terme. L'histoire se déroule pour l'essentiel en Estonie, le plus septentrional des 3 Pays Baltes qui ont défié l'URSS en réclamant leur indépendance a la fin des années 80, avant l'écroulement de l'empire soviétique. Elle comporte de nombreux va et vient entre le passé et le présent qui lèvent progressivement le voile - jusqu'aux toutes dernières pages - sur les drames du roman.
L'histoire de l'Estonie - utilement rappelée a la fin du livre - est une suite d'invasions, d'occupations, de guerres de libération avec la cohorte des drames humains et des atrocités qui, inévitablement, les accompagnent. Des atrocités, le roman de Sofi Oksanen en délivrent au lecteur jusque parfois la nausée. Mais il n'y a ici aucune complaisance douteuse ou malsaine. La cruauté de certains faits rappellent que l'homme peut être un loup pour l'homme ; voire pire surtout si la victime est une femme...
Plusieurs thèmes traversent le roman et en particulier celui de l'amour-fou, de la jalousie extrême et du sacrifice. Le style s'adapte parfaitement aux variations d'intensité du récit qui navigue entre un passe lourd, complexe, et le présent très souvent d'une dureté absolue.
Il n'est pas possible de raconter ne serait-ce qu'un peu de l'histoire sans risquer de trop en dévoiler. Juste dire qu'un matin, une femme qui habite seule en bordure de la foret aperçoit dans son jardin un "ballot" qui "avait quand même l'air d'être de ce monde (...), il était de taille humaine.(...) Le ballot était une fille."
Extraits (pour la beauté du style) :
"Les rides avaient aspiré ses joues a l'intérieur de la boite crânienne, comme s'il avait le visage étroitement ligoté."

"(elle) fut projetée au milieu d'un groupe qui attendait a l'arrêt, au milieu des minijupes et des bas blancs des filles de bonne famille qui dégageaient a la fois une odeur d'innocence et d'avortement, leurs ongles rouges griffaient familièrement l'obscurité et l'avenir."
L'ambiance du livre est semblable par moments à celle de "Breaking the waves" de Lars Von Trier. Âmes sensibles : prudence !

lundi 20 décembre 2010

Tendance

Ne cherchez plus : offrez à Noël la tendance de l'hiver 2011 : le plastron en laine. Existe en de nombreux coloris.
Tient dans un attaché-case et peut s'enfiler très rapidement au restaurant afin d'éviter de tâcher sa cravate.
Utile également pour les gros baveurs.

Philosophie immobilière



Humour ? Cynisme ? Oxymore assurément.
Ci-dessous copie d'un bristol d'invitation à un Forum d'une des agences immobilières les plus importantes de la place. Le thème sera "Le sens des valeurs" et Luc Ferry en sera l'invité vedette... ("exceptionnel" !). Le même forum avait jadis invité Mr S. et l'an dernier Eric Orsenna (de l'Académie française) avait cachetonné ! On attend Allègre dans les années qui viennent !
Petit décryptage :
- valeur = valeur vénale (prix de base d'un immeuble) ou valeur locative (le loyer), ou valeur résiduelle
- sens : il s'agit essentiellement de l'olfactif (sentir l'argent bien que - soi-disant - il n'ait pas d'odeur)
Évidemment "Everybody Knows" vous fera un commentaire détaillé du message philosophique délivré par notre Mr. Ferry.

dimanche 19 décembre 2010

Veinards !

On a (presque) tout changé à droite !

Art et Ingénierie

Un avant-gout de la Fondation Louis Vuitton pour l'art contemporain qui est en train de se construire dans le Bois de Boulogne, en bordure du Jardin d'acclimatation.
Avant que l'œuvre architecturale soit parachevée et que les œuvres d'art ne prennent place dans les espaces imaginés par F.O. Gehry, l'architecte du Guggenheim de Bilbao et du Marques de Riscal, les ingénieurs se sont exercés également à quelques simulations complexes aux allures psychédéliques.

samedi 18 décembre 2010

L'homme qui aimait les chiens



Le 22 aout 1940, Ramon Mercader del Rio - alias Jacques Mornard, alias Frank Jacson - assassinait sur ordre de Staline le Proscrit Lev Davidovitch - alias Trotski, alias "Le Canard" - en lui transperçant le crâne avec le pic d'un piolet, dans sa résidence-forteresse de Coyoacan dans les faubourgs de Mexico.
Un soir de mars 1977, sur la plage de Santa Maria del Mare à la Havane, Ivan Cardenas Maturell, correcteur dans une revue vétérinaire après avoir été l'un des jeunes espoirs de la littérature cubaine, rencontre Jaime Lopez, un vieil homme d'origine espagnole d'environ 70 ans qui se promène sur la plage en compagnie de deux lévriers russes - des barzoïs.
Celui qu'Ivan va désigner comme "L'homme qui aimait les chiens" va bientôt lui raconter l'histoire dramatique de Ramon Mercader, son ancien ami, qu'il a connu pendant la guerre d'Espagne, et qu'il a revu à Moscou quelques temps avant sa mort. "Je t'ai demandé de venir aujourd'hui parce que je veux te raconter cette histoire, Ivan (...). C'est une histoire terrible."
15 ans plus tard, Ivan se décidera enfin à coucher sur des notes le récit qu'il a entendu de "l'Homme qui aimait les chiens".
Léonardo Padura, l'auteur d'un précédent roman splendide : "Les brumes du passé" (Cf article ante 17/10/10) , revisite une nouvelle fois l'Histoire et plus particulièrement le Stalinisme. Il met en scène la victime - Trotski - et son bourreau - Mercader -, tous les deux progressant vers un destin tragique partagé, totalement manipulé par un monstre dont ils seront deux victimes parmi des millions d'autres.
Le décor est immense, des confins de la Siberie au Mexique, en passant par les étapes de l'exil du "Canard" : la Turquie, la France, la Norvege. La fresque historique, avec ses accents picaresques, est d'une très grande richesse : la guerre d'Espagne ou Mercader accepte sa condition d'instrument fanatique, les procès truqués et sanguinaires de Moscou par lesquels Staline va tenter d'effacer la mémoire de ses crimes, la montée du nazisme en Europe ; toutes choses que Trotski doit se contenter d'observer depuis ses lieux d'exil, toujours plus marginalisé et calomnié par la propagande stalinienne.
Le roman - Padura insiste sur le fait que son récit est romancé bien qu'historiquement très bien documenté et fidèle aux évènements - est parcouru par une galerie de personnages qui sont tous, peu ou prou, des pantins pris dans le piège gigantesque d'une utopie détournée. "Cette histoire (...) C'était la chronique même de l'avilissement d'un rêve et un témoignage sur l'un des crimes les plus abjects jamais commis, non seulement parce qu'il affectait le destin de Trotski, après tout concurrent de ce jeu pour le pouvoir et protagoniste de nombreuses atrocités historiques, mais aussi celui de millions de gens entraînés - malgré eux, bien souvent sans que personne ne se souciät de leurs désirs - par le ressac de l'histoire de la folie de leurs maîtres déguisés en bienfaiteurs, en messies, en élus, en héritiers de la nécessité historiques et de la dialectique incontournable de la lutte des classes..."
Mais ce "gros" livre (670 pages) va bien au-delà de la simple condamnation d'un système dont Padura a du subir les affres à Cuba pendant de longues années ; il traite, en particulier, de la compassion (qu'Ivan, après en avoir refusé l'idée, finira par accepter) et de la peur qui représente le véritable frein à une vie digne et choisie. Le vécu (matériel et intellectuel) misérable à Cuba, notamment dans les années 90, est également replacé dans cette perspective historique.
Le récit est servi par un style précis, en parfaite symbiose avec le bouillonnement de l'histoire, trempé à l'encre de la mélancolie et du regret, sans jamais versé dans le pathos.
Un roman formidablement humain ! Magnifique.

A paraître le 6 janvier.
A l'occasion de sa parution, les Editions Métaillé organisent des rencontres avec Léonardo Padura à Paris entre le 2 et le 9 janvier.
Merci infiniment à PLC qui se reconnaitra s'il vient jusqu'ici ; et à mes amis APG et SG sans lesquels je serais dans une ignorance littéraire encore plus abyssale.

mardi 14 décembre 2010

L'homme qui aimait les chiens

La brume glaciale devora le profil des dernieres chaumieres et la caravane penetra de nouveau dans le vertige de cette blancheur angoissante, sans horizon, ou rien n'arretait le regard. A ce moment Lev Davidovitch compris enfin pourquoi, depuis l'origine des temps, les habitants de cet apre coin du monde s'obstinaient a adorer les pierrres."
Leonardo Padura

jeudi 9 décembre 2010

On a tout changé !

Un coup d'œil à droite : on a tout changé (veinards !)

Fondation Bemberg

Mr Bemberg est un humaniste de 93 ans, qui dispose d'une fondation exceptionnelle abritée dans le plus bel hôtel particulier de Toulouse, l'hôtel d'Assezat édifié dans la seconde moitié du 16ème siècle par un riche négociant de pastel.
Héritier d'une famille luthérienne originaire de Cologne qui fit fortune en Argentine, Georges Bemberg a constitué une collection d'oeuvres d'art (peintures, sculptures et mobiliers) absolument unique, et ce depuis le jour où, à l'âge de 19 ans, il faisait l'acquisition d'une première gouache de Pissaro.
La Fondation Bemberg possède la plus grande collection privée de Bonnard (plus de trente).
Il faut arpenter les salles et les couloirs de cette superbe demeure à la muséographie un peu sommaire, et puis se laisser porter par cette succession de chefs d'oeuvre. Une vierge à l'enfant de Carpaccio, une présentation au temple de Tintoret, une Vénus et Cupidon de Cranach, un immense fauconnier de Véronèse, un portait d'homme de Lotto, une collection de portraits flamands du 16ème, une collection (forcément)impressionnante d'impressionnistes (Vuillard, Signac, Renoir, Sisley, Caillebotte, Monet, Pissaro), une nature morte de Fantin-Latour tellement belle que le qualificatif de "morte" est une injure, un de Vlaminck aux accents "cézanniens", Toulouse-Lautrec, Picasso, et puis, étrangement Rouault.
Une fondation à déconseiller aux personnes sensibles au syndrome de Stendhal.
Une merveille !



Et oui ! Il faut faire un effort !

Que de neige ! Que de neige !

Alors que l'avion s'apprêtait à amorcer sa descente vers Paris-Orly, il était possible d'admirer ce matin la mosaïque verte et brune de la campagne française. Et puis, subitement, à l'avant de l'aile, s'agissait-il d'une illusion d'optique ? Tout était blanc et, ce qui était extraordinaire, c'était cette démarcation extrêmement précise entre la terre enneigée et la terre "vierge". Une ligne parfaite comme une cicatrice sur cet immense plan-relief.
Hélas, je n'ai pas saisi sur mon IPhone4 cette sorte de méridien météo ! Sauf à me trépaner (et encore !), il m'est donc impossible de vous le servir. Mais, sympathiques comme vous l'êtes, je vous fais quand même profiter de quelques vues lors de la descente.



lundi 6 décembre 2010

La Défense ou l'Offense ?


Je ne parviens pas à trouver une légitimité au projet de ces deux immenses tours jumelles plantées au pied du Pont de Neuilly ; ni urbaine, ni architecturale.
Sur le plan urbain, elles déséquilibrent totalement la perspective et masquent le skyline de La Défense qui est constitué, à cet endroit, d'objets relevant d'une échelle toute autre. On va dire : "oui, mais la Tour Eiffel, objet métallique porteur d'un imaginaire industriel, est bien plantée au milieu d'un quartier minéral et bourgeois !".
Réponse : la précaution urbaine, la politesse
1) par rapport à la Seine (un certain retrait servi par la légèreté de la volumétrie et sa transparence)
2) par rapport au quartier lui-même (une perspective, une esplanade, un dégagement, et non un empilement)
3) la Tour Eiffel n'est pas un symbole de la richesse d'une minorité, mais celui d'une ingéniosité française.
Sur le plan architectural, quel "sens" donnent aujourd'hui ces édifices prétentieux à la ville ?
Ces deux tours ostentatoires réservées aux riches constituent le symbole d'une sorte d'insulte au peuple des gens ordinaires.
Notre société est-elle réduite à investir exclusivement pour des arènes festives, des musées élitistes ou des gratte-ciel de luxe ? N'y-a-t-il pas mieux à faire ?
Ce qui est étonnant, alors que l'on bavarde sur "Le Grand Paris", que l'on disserte sur la Seine, ses berges à reconquérir, etc., c'est qu'aucune voix de référence ne se prononce sur l'incongruité de ces érections mortifères (au sens où elles témoignent de la fin d'une civilisation). Aux armes, architectes !

dimanche 5 décembre 2010

Au commencement était la mer


Signalé et même encensé dans un des derniers suppléments littéraires du "Monde", "Au commencement était la mer" est un roman qui traite de la désillusion ; celle d'un couple jeune, J. et Elena, qui choisissent de "fuir une certaine forme de rationalité avilissante, aussi stérile que le pétrole, l'arrivisme ou le béton." Ils quittent Medellin pour une propriété au bord de la mer. Mais cette nouvelle vie, en résonance avec la nature, s'avère rapidement ponctuée de difficultés (la saleté du logement, la cuisine détestable de la femme du contre-maître, le troupeau qui "végète", les recettes qui ne viennent pas, etc.). Et puis il y a "les autres", les gens du village, ses employés, qu'Elena a toujours eu du mal à supporter et dont elle s'est fait autant d'ennemis.
Viennent les désillusions, les fuites occasionnelles à la ville pour J. ou dans le lit d'une maîtresse "d"une volupté abyssale", et qui sombre progressivement dans l'alcoolisme à grands renforts de bouteilles d'aguardiente ; petit à petit une tension s'instaure au sein du couple ; elle se traduit par des coups de haines et des indifférences. Viennent aussi les bûcherons "des hommes au regard mauvais" et enfin Octavio, le nouveau contre-maître inconnu des villageois et sorti de nulle-part qui annonce la fin tragique...
De Tomas Gonzales, l'auteur, la 4ème de couverture indique qu'il représente "le secret le mieux gardé de la littérature colombienne".
"Au commencement était la mer" est son 1er roman traduit en français.
Excellent moment de lecture.

Les Bons Enfants à Saint-Julien du Sault



Ce soir les reliefs tranquilles de la campagne sont comme pétrifiés sous une couche de neige épaisse et têtue. Le route est déserte. A la campagne, quand il fait froid, et que les risques de verglas sont réels - comme par exemple, des plaque assassines à l'entrée des bois - chacun reste bien au chaud chez lui.
Tant mieux, car il nous est ainsi plus facile d'obtenir, un peu au dernier moment, une place pour diner aux Bons Enfants.
Ce blog s'est déjà fait l'écho de ce lieu de félicité gastronomique. (cf 19 mai 2010).
Aujourd'hui encore nous confirmons : il existe en effet, très probablement, peu de lieux comparables sur cette planète qui conjuguent tout à la fois : excellence du contenu de l'assiette, soin attaché à la présentation des plats, attention du service, chaleur du cadre, sympathie d'un patron passionné et cultivé ; le tout pour un prix plus que raisonnable (28€, entrée + plat + fromages + dessert).
L'apéritif qui, jadis, était compris dans la formule, est proposé désormais pour un supplément prohibitif de 2€ ! Ce qui peut constituer presque un affront à l'encontre du verre de vin ou de la coupe de champagne - toujours choisis - et aux délicieuses gougères chaudes et parfumées qui l'accompagnent.
François-Pierre Lobies, le patron, nous fit le plaisir - dans cette maison, il s'agit de plaisir et non d'honneur - de nous proposer de goûter un Tokay Pinot gris vendanges tardives de la maison Frick dans un millésime 2002 ; une robe couleur miel clair, une douceur équilibrée, une rondeur ajustée et une belle longueur en bouche. Merci pour cette découverte.

Précisons que le choix, dans chacun des plats qui composent le menu, doit s'effectuer parmi trois ou quatre suggestions. C'est vraisemblablement l'acte le plus redouté du repas ! Car, comment privilégier le foie gras maison plutôt que les tempuras de gambas, la joue de bœuf braisée et sa poire pochée plutôt que la tête de cochon croustillante ? Cornélien ! Ah, la joue de bœuf braisée ! Comment se fait-il qu'il n'existe pas encore de Chemins de Compostelle envahis de pèlerins gastronomes qui mèneraient à cette joue, tendre comme celle d'un bébé, précisément fondante, galamment accompagnée d'une sauce tellement goûteuse qu'il serait coupable de ne pas l'épuiser jusqu'à la dernière larme ? On a à faire ici à quelque chose qui se situe entre la promesse de bonheur et l'échantillon du paradis !


Une recommandation concernant le vin : faire confiance au patron qui, en fonction des plats choisis - et vraisemblablement de l'idée qu'il se fera des convives -, vous dénichera toujours la bouteille à petit prix qui vous enchantera (à moins que vous n'exigiez un cru prestigieux et une addition de seigneur).
Nous nous régalâmes donc d'un Cairanne déclassé, siglé "Vin de table de France" de chez Marcel Richard dans des cépages Cyrah (55%) et Grenache (45%).

C'est promis, la prochaine fois, nous réserverons dans la salle Kimura (du nom du chef japonais) pour une fête supplémentaire !