Ici on tente de s'exercer à écrire sur l'architecture et les livres (pour l'essentiel). Ça nous arrive aussi de parler d'art et on a quelques humeurs. On poste quelques photos ; celles qu'on aime et des paréidolies. Et c'est évidemment un blog qui rend hommage à l'immense poète et chanteur Léonard Cohen.
samedi 4 juillet 2026
Le Prytanée national militaire fait parler de lui
Ce matin, un article dans « Le Monde » dénonçant le fait qu’au Prytanée, on n’admettait pas en classes préparatoires des élèves issus d’établissements hors contrat, ce qui constituerait un fait de « discrimination ». Mais ce qui m’a davantage intéressé, c’est un passage d’un rapport récent de la Cour des comptes citant des « comportements et propos sexistes, racistes ou discriminatoires », ou encore la « participation à un chahut particulièrement violent à l’égard du personnel encadrant ».
De mon expérience personnelle au « Bahut » (6 années, de la 4eme à la Maths sup), je confirme qu’à mon époque il existait déjà des « comportements et propos sexistes », mais en revanche, pas racistes ni discriminatoires.
Ce qui existait en revanche, c’est bien des chahuts particulièrement violents à l’égard du personnel encadrant - les enseignants et les appelés qui nous encadraient.
Il nous est arrivé de « juger » des profs. Je me souviens d’un prof de philo (un jeune qui faisait son service militaire) qu’on avait séquestré dans une classe transformée en tribunal. Alors que nous étions en 4eme ou en 3eme, notre professeur d’histoire, surnommé « Le Baveux », était pratiquement aveugle. Il faisait son cours à haute voix en se promenant dans les rangs. Les élèves déchargeaient l’encre de leurs stylos sur son pantalon de costume, à chacun de ses passages, ou lançaient des boules de papier juste devant lui, à hauteur de ses yeux, si bien que le pauvre homme percevant que quelque chose venait de lui passer sous le nez, agitait la tête dans tous les sens ; inutile de dire que ces agissements nous faisaient rire comme des tordus. Une autre fois, c’était un pétard qu’on faisait exploser en classe de français, qui provoquait la frayeur du prof affublé, du fait de sa maigreur, du surnom de « L’Os » ; d’ailleurs un os était souvent dessiné à la craie sur le tableau juste avant son cours. Un appelé du contingent avait eu le malheur d’arriver pour nous garder à l’étude du soir avec la joue enflée. A partir de cette date, dès que nous l’apercevions, nous entamions en chœur le refrain « voilà la Chique, voilà la Chique, … ».
Nous étions en somme de sales petits cons, mais pas racistes ni discriminants.
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