Le 7 novembre 2016, il y a 10 ans, le poète et chanteur Léonard Cohen tirait sa révérence. Le lendemain, trump était élu 45eme président des Etats-Unis. Le vieil homme élégant coiffé de son Fédora, n’avait pas voulu assister à ce qu’il annonçait dans Everybody Knows, « that the boat is leaking (que le bateau fuit) - that the captain lied (que le capitaine a menti).
J’avais 12,5 ans quand j’ai découvert Léonard Cohen. Songs from a room, son second album après le mythique, fut le premier disque que j’ai écouté et Like a bird on the wire, la première chanson.
Presque 60 ans plus tard, c’est toujours avec beaucoup d’émotions que j’écoute ses chansons. Il m’arrive même de pleurer sur Famous Blue Raincoat, If it be your will, Gipsy Wife, Dance me to the end of love ou It seems so long ago, Nancy.
Cohen a été mon compagnon de solitude, celui de mes amours, l’inspirateur de ma personnalité et de mes tentatives d’écritures poétiques.
J’avais 17-18 ans quand j’ai eu ma première guitare. Elle m’accompagnait partout, dans tous mes voyages à travers la France. J’avais appris à jouer une vingtaine de ses chansons.
Peut-être que Cohen fut pour moi le double que je n’ai jamais osé être. C’était un homme imparfait, un « Perdant magnifique » d’une très grande beauté spirituelle et bien supérieur à tous les « gagnants misérables (forcément misérables).
J’ai inventé mon personnage de Léonard Cohen. J’ignore bien sûr comment il était dans la vraie vie. Je suppose qu’il avait ses petites ou ses grandes médiocrités, comme tout le monde. Mais il portait en lui une immense lueur d’espoir : « There is a crack in everything and that’s how the light gets in ».
C’est pourquoi sa poésie est intemporelle. C’est pourquoi, il m’accompagnera jusqu’à ce que, moi aussi, je tire ma révérence.


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