Ciel d’une pureté azuréenne, fond de l’air frais comme l’eau d’un torrent, souffle de vent comme une caresse.
Voilà plus de trois semaines d’infidélité au parvis de la gare de Bécon les Bruyères et ses fidèles. Je ne suis pas encore descendu de ma bicyclette que P. m’invective gentiment en me reprochant l’absence de casque. Je lui sert l’argument forcément fallacieux que cet accessoire me décoiffe et je change de sujet pour couvrir d’éloges le « terrible engin » près duquel je viens de garer mon deux-roues musculaire : une Royal Enfield bleu lagon des mers du sud, propriété de ce même P. La moto est équipée d’un siège arrière dessiné pour accueillir rien moins qu’une BB ou sa doublure, de pots d’échappement saucisson, d’un feu arrière globuleux très « american fifties » et d’une paire de sacoches en cuir noir genre « Easy rider », à faire pâlir d’envie tous les bikers de la terre.
JM est assisté de Ph qui se réchauffe sous le ventilo-convecteur plafonnier du kiosque. Il (le maître des lieux) me confidie (du verbe confidier, 1er groupe, faire une confidence) qu’une cliente avec laquelle j’avais échangé hier et qui semblait atteinte d’une soif inextinguible de parler et de s’agiter, appartient à une famille de matheux de très haut niveau. J’admire la capacité cérébrale des personnes douées en maths, mais je précise qu’en même, qu’ayant fréquenté les bancs de l’école avec des futurs polytechniciens et normaliens, il n’est pas rare d’en trouver des qui sortent de la normalité. Mieux vaut parfois, pour une vie équilibrée, que les fées n’aient pas fait d’excès de zèle au-dessus de votre berceau. Je parle en connaissance de cause.
Comme je dis tout ou presque à JM, je lui confie mon enthousiasme pour « L’ombre du vent », le roman de Carlos Ruiz Zafon, dont je viens d’achever la lecture des 600 pages avec un bonheur absolu.
Bien sûr JM, lui, il l’a lu depuis déjà fort longtemps. Ce JM : une mine, une référence, un cap, que dis-je, une péninsule littéraire !
Pendant mon absence, il a vendu deux exemplaires de « Bastion » de Jacky Schwartzmann sur la couverture duquel j’avais mis un post-it de commentaire enthousiaste. Si vous n’avez pas lu ce policier d’un genre jubilatoire (je parle pour les « woke men »), eh bien, on se demande ce que vous attendez !
A l’occasion d’une grand-messe récente de sa boîte - un truc pour ressouder les équipes (dessoudées ?) -, JM a montré mon blog à l’un de ses supérieurs (hiérarchiques) - et sans doute les chroniques - en précisant que nous recherchions un éditeur. Le supérieur en question semble avoir été conquis par ce qu’il a vu ; il a encouragé JM à le montrer au service com de la boîte. Arrêt de l’initiative de JM : il va falloir que je m’autocensure si je veux passer à la postérité Bolloréenne…
J’ai omis de vous signaler que le casting d’aujourd’hui étaient composé de xxx et xxx.
La discussion est passé d’un individu qui rôde et cherche à acheter des bijoux en or, aux dents (en or) que l’on arrachait à Bucchenvald, puis j’ai évoqué cette histoire d’ados qui, devant les bulbes dorés de l’église orthodoxe du Pont de l’Alma (celle de Poutine), trouvaient que la mosquée était cool ; tant qu’à être dans les lieux de culte, on a listé les églises proches jusqu’à celle de Champerret avec son magnifique duomo byzantin.
J’y suis entré dans cette « mosquée orthodoxe ». Il y avait une célébration. Cinq ou six popes officiaient dans leur capes toutes dorées et rigides qui les font ressembler à de gigantesques scarabées barbus.
Marine Le Pen a fait un passage rapide dans la discussion (personne ne voulait s’étendre sur elle), puis ce fut la Légion d’honneur et Drucker qui s’est vu promu commandeur ; ce qui a déconsidéré définitivement la breloque inventée en 1802 par le Consul de la république, un certain Napoleon Bonaparte, afin de récompenser militaires ou civils pour « services éminents » rendus à la patrie. Vous voulez une petite liste de types sympathiques honorés de la LH ? Mussolini, Franco, Ceaucescou, Ben Ali, Poutine, Ali Bongo ; bref, que des gars clean, propres sur eux. Si je ne vous parle pas de certaines crapules françaises, c’est que le courage, comme tout, à ses limites… Pas envie de risquer un bracelet électronique pour diffamation. Bien que, le bracelet électronique semble plutôt tendance ces temps derniers. Les racailles portent leurs futes très bas pour faire « genre je suis un ancien taulard à qui on aurait enlever la ceinture » et les politiques vont se montrer leurs bracelets électroniques dans les dîners mondains pour faire « genre je suis un mec ou une nana condamné injustement pour n’avoir détourné que quelques millions » (et tous les convives de commenter qu’ « on peut plus rien dire ni rien faire »).
Des news d’Ubu-Trump ? Il paraît que Poutine commence à les lui gonfler genre montgolfière et qu’autrement, il se marre tellement à signer des décrets (plus d’une centaine au compteur) et à voir le bordel qu’il met dès qu’il dit une connerie (certainement plus d’un millier au compteur), qu’il changerait bien la Constitution des Etats-Unis pour faire un 3eme mandat.
Bon, avec ça si je ne suis pas refoulé à ma prochaine entrée aux US… Ça tombe assez bien car je n’avais pas l’intention d’y remettre les pieds !
C’est ainsi que les hommes vivent !