On peut ne pas partager la conviction de Norman Ajari que la meilleure façon de lutter contre le technofascisme est de provoquer la dictature du prolétariat. En revanche, son décryptage du technofascisme en tant qu’idéologie suprémaciste, déshumanisante, voire mortifère, est juste et salutaire. Il ne s’agit pas pour Adjari de livrer une opinion personnelle ; il lui suffit de reprendre les déclarations verbales ou écrites de ses protagonistes, de faire le lien entre elles, de les classer selon leurs caractéristiques propres, pour en révéler clairement la nature assumée.
Il est impossible, sauf à être aveugle, inconscient ou fanatique, de ne pas vouloir entrer en résistance contre la conception que les technofascistes mettent en œuvre pour un but ultime : la prise de contrôle de l’ensemble des êtres humains. Pour ceux qui pensent que cette phrase est exagérée, il suffit de lire les déclarations de ces individus pour se persuader qu’il n’en est rien.
Dans ce contexte, le problème majeur que nous avons, nous, individus disposant encore d’un degré de liberté acceptable, est que chaque clic dans les applis qui nous facilitent la vie au quotidien, nous fait davantage prisonnier d’une toile que ces technofascistes ont tissée.
Il est indispensable , a minima, de s’informer sur qui détient le pouvoir de ces applis et des business qu’elles engendrent.
Savoir que Peter Thiel, le « prince des technofascistes » est le 1er investisseur extérieur de Facebook, qu’il a des parts dans OpenAi, SpaceX et Airbnb, peut faire réfléchir quand on est utilisateur ou client de l’une ou l’autre de ces sociétés. Contribuer à leur développement, s’est renforcer son pouvoir, et en conséquence, hypothéquer notre liberté. Dito pour toute commande via Amazon qui n’envisage ni plus ni moins que de devenir (s’il ne l’est déjà), une « megacorporation », selon l’appellation d’Ajari.

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