Remarquable tribune de l’écrivain Édouard Louis dans Libé d’aujourd’hui ; son titre, « Ce que les casseurs nous disent, parfois malgré eux ».
Édouard Louis ne juge pas - beaucoup d’autres s’empressent de le faire -, il s’interroge sur ce qui motivent ces jeunes des milieux populaires, majoritairement des noirs et des arabes, à recourir à cette violence, casse et pillage. Ne s’agit-il pas de « ces hommes racisés, (…) que la société française depuis des décennies parque dans des cités insalubres, réduit à la pauvreté, de ceux à qui l’on réserve des lycées dégradés, infestés de rats ou de cafards, de ceux qui ne peuvent traverser les villes sans être contrôlés et humiliés par la police ? » Comment ne pas voir que ces actes sont la conséquence d’un « conditionnement social » ?Conditionnement exacerbé par le délire consumériste, masculiniste, des réseaux sociaux.
Le discours raciste consiste à condamner « ces gens-là » ; peut-être des sous-hommes ?
Quel avenir leur est-il réservé ? N’est-on pas dans une société qui pose l’équation : intelligence = riche ? Et plutôt blanc, bien-pensant et fortuné que noir-rebelle et pauvre ? Tous milliardaires nom de dieu ! Suffit de traverser la rue !
Que signifie aujourd’hui « Liberté, Égalité, Fraternité ?
La devise de notre société n’est-elle pas devenue : « Sécurité, Identité, Hostilité » ?
Et ne devrait-elle pas être : « Liberté, Dignité, Habitabilité », comme nous invitent Baptiste Morizot et Laurent Neyret dans leur « Tracts Gallimard » éponyme ?

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