jeudi 23 juillet 2026

Je fonde, je défiscalise

On dit que l’état n’a plus d’argent et, en particulier pour la culture et vive les mécènes ! Mais 2 lois, une de 2003 (loi Aillagon sur le mécénat et les fondations) et une autre de 2002 (l’acquisition par l’Etat de biens classés « trésor national »), permettent aux généreux donateurs de faire croire qu’ils ont donné 100 quand, pour la première ils n’ont donné que 40 et que, pour la seconde, ce n’est plus que 10. Vous me direz : vaut mieux qu’ils donnent, même que 40 et même que 10 plutôt que de planquer tout leur fric aux Îles caïmans. Certes. Mais encore. Imaginons que ces gusses soient parfaitement honnêtes et soucieux de solidarité (rêvons !). Ils n’investissent pas dans des œuvres d’art ou des mécénats, mais ils paient légalement leurs impôts comme des pioupious de base (vous, moi). Lesdits prélèvements fiscaux (un gros mot) devraient (sauf détournement) arriver dans les caisses de l’état qui s’en montrerait moins fort dépourvu et pourrait (sauf gabegie et médiocrité) investir dans l’art et la culture. CQFD ?

Le poulet dans tous ses états

Peaufiner sa musculature, courir un marathon, semblent aujourd’hui à la portée de tout instagrameur compulsif ou non ; la condition sine qua non pour avoir la « condition » : se gaver de protéines. Et quel produit présente, semble-t-il, le meilleur RSI (Retour Sur Investissement) ? Le poulet ! Entendu à la radio dans une émission sur le thème de la malbouffe évoquant, entre autres, les poulets élevés en batterie dans des fermes concentrationnaires abritant des millions de volatiles dont l’espérance de vie (peut-on parler de vie ?) n’est que de quelques jours, un adepte des salles de musculation qui vantait les mérites du gavage de poulet (son gavage à lui) sans lequel il ne pourrait pas, à un coût modéré, perfectionner le galbe de ses biceps. Cette question d’acquisition de masse musculaire était à l’évidence une priorité pour lui ; quelles que soient les conditions d’exploitation de sa matière première, le type paraissait capable de lancer une pétition pour dénoncer les « khmers verts » susceptibles de le priver de son carburant vital. Autre anecdote. Échangé à l’occasion d’un repas familial avec une jeune personne qui s’est donnée comme « challenge » de faire un marathon, cette question des protéines et la nécessité pour elle de consommer de la viande rouge. Moi, naïvement, je me permets d’évoquer les nuisances dues à la surconsommation de viande et la contribution des émanations flatulesques des bovins au dérèglement climatique, et de terminer par un « courir ou la planète, il faut choisir » qui clôt (évidemment) la conversation. Je suis loin d’être exemplaire sur le plan écologique et il est probable que mon empreinte carbone soit aux environs (sinon légèrement supérieure) aux 9 tonnes annuelles de CO2 du citoyen français moyen. Je rappelle qu’il faudrait (tout du moins si on en croit des scientifiques sérieux) parvenir à une empreinte carbone voisine de 2 tonnes par individu pour éviter de se retrouver dans quelques années dans un environnement totalement détraqué. La question que je me pose, alors que des milliers d’hectares de forêts sont déjà partis en fumée dans l’hexagone et que sur le continent américain qui voit toujours plus en grand, les ordres de grandeur sont plutôt des millions, alors que les ressources en eau imposent un peu partout des restrictions d’usage, alors que les effets de la canicule ont été éprouvants sinon terribles pour un grand nombre d’européens, la question que je me pose : quand aura lieu cette « bascule » qui fera qu’une majorité s’engagera en faveur de mesures visant à protéger le vivant ? Si je suis optimiste, je me dis qu’une succession de catastrophes touchant au portefeuilles des nantis engagera cette bascule. Si je suis pessimiste, je me dis que, même si nous (privilégiés) faisons des efforts, la masse de ceux qui vivent depuis des siècles dans la domination et la pauvreté et dont l’un des objectifs majeurs est d’atteindre à une certaine aisance, que tous ces gens vont doubler, tripler (ou davantage) leur consommation et vont contribuer, avec une certaine légitimité, au naufrage général. On a parlé du poulet aujourd’hui, mais je ne vous parle pas de l’IA et des data-centers…

jeudi 16 juillet 2026

Hommage à plusieurs femmes engagées dans la Guerre d’Espagne aux destins tragiques

Tina MODOTTI est née en Italie, dans la région du Frioul-Vénétie Julienne, en 1896. Elle fut mannequin, actrice, photographe avant d’être une militante révolutionnaire, s’engageant contre le fascisme en travaillant pour le Secours Rouge International (SRI). En 1928, alors qu’elle vit au Mexique avec Julio Antonio Mella, un réfugié cubain, celui-ci est abattu, à ses côtés, en pleine rue. Dès 1936, elle est à Madrid pour soutenir la lutte des républicains et s’occuper de l’évacuation des orphelins vers le Mexique ou l’URSS. En 1939, alors que les troupes franquistes victorieuses entrent dans Madrid, elle parvient à fuir à Paris. Elle part aux États-Unis avec un faux passeport espagnol. Elle est refoulée au Mexique où elle retrouve un groupe d’intellectuels comme Pablo Neruda ou l’architecte du Bauhaus Hannes Meyer. Elle meurt d’une crise cardiaque à l’âge de 45 ans après un dîner chez Meyer.
Matilde LANDA est née dans la province de Badajoz (Espagne) en 1904. Elle entre au Parti communiste et se met au service du SRI durant la guerre d’Espagne. Arrêtée par les franquistes en 1939, elle est emprisonnée dans des conditions terribles. Condamnée à mort, elle se suicide par defenestration en septembre 42.
Les TREIZE ROSES. C’est le nom donné à un groupe de 13 jeunes femmes espagnoles résistantes, âgées de 18 à 29 ans, fusillées le 5 août 1939 par les troupes franquistes après un procès sommaire et inique.

samedi 4 juillet 2026

Le Prytanée national militaire fait parler de lui

Ce matin, un article dans « Le Monde » dénonçant le fait qu’au Prytanée, on n’admettait pas en classes préparatoires des élèves issus d’établissements hors contrat, ce qui constituerait un fait de « discrimination ». Mais ce qui m’a davantage intéressé, c’est un passage d’un rapport récent de la Cour des comptes citant des « comportements et propos sexistes, racistes ou discriminatoires », ou encore la « participation à un chahut particulièrement violent à l’égard du personnel encadrant ». De mon expérience personnelle au « Bahut » (6 années, de la 4eme à la Maths sup), je confirme qu’à mon époque il existait déjà des « comportements et propos sexistes », mais en revanche, pas racistes ni discriminatoires. Ce qui existait en revanche, c’est bien des chahuts particulièrement violents à l’égard du personnel encadrant - les enseignants et les appelés qui nous encadraient. Il nous est arrivé de « juger » des profs. Je me souviens d’un prof de philo (un jeune qui faisait son service militaire) qu’on avait séquestré dans une classe transformée en tribunal. Alors que nous étions en 4eme ou en 3eme, notre professeur d’histoire, surnommé « Le Baveux », était pratiquement aveugle. Il faisait son cours à haute voix en se promenant dans les rangs. Les élèves déchargeaient l’encre de leurs stylos sur son pantalon de costume, à chacun de ses passages, ou lançaient des boules de papier juste devant lui, à hauteur de ses yeux, si bien que le pauvre homme percevant que quelque chose venait de lui passer sous le nez, agitait la tête dans tous les sens ; inutile de dire que ces agissements nous faisaient rire comme des tordus. Une autre fois, c’était un pétard qu’on faisait exploser en classe de français, qui provoquait la frayeur du prof affublé, du fait de sa maigreur, du surnom de « L’Os » ; d’ailleurs un os était souvent dessiné à la craie sur le tableau juste avant son cours. Un appelé du contingent avait eu le malheur d’arriver pour nous garder à l’étude du soir avec la joue enflée. A partir de cette date, dès que nous l’apercevions, nous entamions en chœur le refrain « voilà la Chique, voilà la Chique, … ». Nous étions en somme de sales petits cons, mais pas racistes ni discriminants.

mercredi 1 juillet 2026

Encore des chiffres !

Pioché dans le livre d´Audrey Millet, docteure en histoire économique et sociale, sciences et techniques, "Bernard Arnault, son univers impitoyable", l´Etat aurait financé 65% de la construction de la Fondation Louis Vuitton du Bois de Boulogne, soit un peu plus de 500 M€. L´Etat, c'est à dire l'ensemble des contribuables ; en d'autres termes : vous et moi.