mercredi 7 août 2013

Les ingénieurs du bout du monde

Premier opus de 600 pages d'une œuvre plus vaste concernant les grands bouleversements du XXème siècle dans laquelle Jan Guillou, auteur franco-suèdois, s'est engagé, "Les ingénieurs du bout du monde" nous transporte entre la fin du XIXème siècle et jusqu'au terme de la 1ère guerre mondiale, au travers du récit croisé de trois frères, norvégiens, pour qui le destin - la disparition en mer de leur père et de leur oncle, et leur placement très jeunes dans une corderie - permet de mettre en évidence leur extrême ingéniosité. Repérés par le patron de la corderie, lequel appartient à une société de bienfaisance, ils vont être "sponsorisés" et faire de brillantes études d'ingénieurs en génie civil à Dresde, en contrepartie d'un engagement à participer à la conception de lignes de chemin de fer pour le développement économique de la Norvège. 
Les trois frères sortent diplômés au tout début du siècle, mais rapidement leurs trajectoires respectives diverges : un seul, Lauritz, retourne en Norvège pour respecter son engagement quand le second, Oscar, fuit de dépit amoureux au fin fond de l'Afrique et le troisième, Sverre, disparaît à Londres.
L'auteur a un véritable talent pour décrire les situations épiques auxquelles Lauritz et Oscar sont confrontées ; l'un dans les tempêtes de neige effroyables des montagnes norvégiennes, l'autre dans la brousse peuplée de fauves et de cannibales. Mais le roman révèle aussi de tres belles pages de sensualité, voire d'erotisme débridée (sans tomber dans le "porno chic"), ainsi que des analyses fines de la belle société de l'époque. Les héros sont pris dans les tourments de l'histoire, et particulièrement ceux de la guerre de 14-18 dont on suit le déroulement tragique depuis le continent africain. 
C'est un livre qui réhabilite la figure de l'ingénieur en tant qu'homme innovant, mais homme d'esprit également. Dans une société et à une époque (la nôtre) qui glorifie le commerce et le spectacle, cette lecture a quelque chose de vivifiant et de refondateur.
Le livre semble bien marcher puisque aperçu en petites piles (ce n'est pas Marc Levy quand même !) dans plusieurs librairies.


lundi 29 juillet 2013

Un livre pour le sable des vacances

"Une belle saloperie" de l'écrivain américain Robert Littell (dont on avait particulièrement apprécié "L'hirondelle avant l'orage") est un polar qui peut vous tenir éveillé tard dans la nuit au retour des plages, avec un héros sympathique, fin, décalé, aimant les femmes, et rompu aux techniques de close combat, qui vit au Nouveau-Mexique dans la caravane de Douglas Fairbanks Jr après avoir été viré de la CIA en Afghanistan, et qui, un beau jour, ou plutôt un bel après-midi, voit venir à lui une "princesse aux pieds nus" qui lui demande de retrouver un étrange trafiquant de drogue libéré sous caution de 150.000 dollars et évaporé dans la nature... Lemuel Gunn va se mettre en chasse, accompagnée de la belle. Il nous entraine dans le désert Mojave et les casinos louches, les burgers saloons et les voies ferrées avec des trains interminables, dans une Amérique de loosers et d'escrocs. Tout ça sent bon le sable chaud et l'intrigue bien ficelé. Haletant dit-on ? En tout cas : mieux qu'un simple roman de vacances (mais c'est pas interdit de bronzer intelligent !)

Chronique d'hiver de Paul Auster



"Tu es entré dans l'hiver de ta vie." C'est par cette phrase que Paul Auster achève "Chronique d'hiver", une autobiographie très introspective dans laquelle l'écrivain de Brooklyn livre au lecteur ses angoisses devant la mort - celle de ses proches, et celle qui s'est invitée à l'occasion des deux infarctus qui ont failli le terrasser? Mais pas seulement, il y a aussi de longues évocations de l'amour-admiration qu'il voue à son épouse, l'écrivaine, Siri Husdvet, l'affirmation de ses engagements et de ses révoltes contre l'intolérance, l'antisémitisme, le consumérisme, la fracture sociale, ou l'enseignement sélectif. Cette introspection qui semble écrite au fil d'une pensée libre et sans artifice, par petites touches sans chronologie, alterne les anecdotes apparemment futiles - mais ne s'agit-il pas de ces petites choses du quotidien que nous partageons tous et qui constituent l'essentiel de nos vies ? - et les réflexions plus profondes. 
A propos de l'école publique et du fait qu'il y a pu y côtoyer tout un tas de personnes différentes, et en particulier des élèves handicapés qui n'étaient pas accueillis dans des établissements spécialises, ce passage magnifique :  "En y repensant, tu te dis que de telles personnes ont représenté une part essentielle de ton éducation, que sans leur présence dans ta vie tu n'aurais eu qu'une compréhension dépourvue de profondeur et de compassion, d'ouverture sur la métaphysique de la douleur et de l'adversité, car c'étaient ces enfants-la qui étaient vraiment héroiques." (...) "Si tu avais vécu qu'au milieu d'enfants avantagés, d'enfants tels que toi (...) comment aurais-tu apprendre ce qu'est l'héroisme ?"

Et cette très belle phrase citée par Auster, extraite du livre "La fin de la vie est amère" de Joseph Joubert (1814) : "Il faut mourir aimable (si on peut)."

Les rois de la connerie

La palme à cette invitation à la gloutonnerie pitoyable !
Et pour les héros, la gloire suprême : la possibilité de figurer sur la page Facebook de l'établissement !

Le Festin Nu, librairie indépendante et libre de Biarritz

Le Festin Nu, c'est le titre du livre sulfureux de William Burroughs paru dans les années 60 aux Etats-Unis avec l'aide des gourous de la Beat Generation - Ginsberg et Kerouac - et interdit pendant 10 ans car tombant sous le coup des lois sur l'obscénité. Mais le Festin Nu, c'est aussi le nom d'une librairie minuscule et un tantinet subversive de Biarritz, dans laquelle il fait bon acquérir quelques ouvrages plutôt que dans les supermarchés de la culture.
Sur la porte une belle affiche.

jeudi 18 juillet 2013

Paréidolies urbaines... l'intégrale enfin exposée !!









Black
L'Echaudé

L'académicien

Le Masque de fer

La danse

Effraction

Pasteur

Dark Vador

Le Passe Muraille

Fuel Arsenal

Hector

Slave

Charon

Stupeur

Chicago

Essentiel

Berlin

Pierrot

L'indien

Vulcain
Vieillard vénitien


lundi 17 juin 2013

Promenades architecturales

Tour Shard (Renzo Piano)

Siège de banque à Londres (OMA)

Ensemble immobilier à Montpellier (Rudy Ricciotti)

Tour Shard (Renzo Piano)

FRAC Orléans (Jakob & McFarlane)

MSH (Search)

Stade Jean Bouin (Rudy Ricciotti)
Opéra d'Oslo (Snohetta)

Pavillon Prototypique (Dalladier)

Grand Palais (Deglane)

Marques de Riscal (Gehry)

Bodega Laguardia (Calatrava)

Sede de la Comarca del Bajo Martin à Hijar (Magén Architectos)

Immeuble d'habitation Barcelone (Toyo Ito)

Caisse d'Epargne de pau (architecte : ?)

lundi 10 juin 2013

En remontant la Marne

Pioché au fil de l'eau du récit de Jean-Paul Kauffmann :

Un silo à blés (...) L'immense cathédrale de béton avec ses trois tours d'élévation éteint l'éclat de la rivière. Son absence de grace écrase le village. Pourquoi ces constructions sont elles si peu esthétiques ? (...) le monde paysan reste attaché à ces temples de l'agriculture intensive qui agissent comme des monuments signalétiques au milieu de la campagne, points de repère rassurants dans le brouillage général. Ces sémaphores affirment la puissance de la céréaliculture champenoise qui se plait a arborer sans complexe une architecture ne visant qu'a l'utile. Cette indifférence aux règles du beau est la preuve de son bon sens.

vendredi 7 juin 2013

Concert de Cohen le 18 juin

Cher(e)s lecteur(e)s,
Le temps passe, mon assiduité à Everybody Knows s'étiole. Certainement la faute aux différents projets que je conduis actuellement : l'édition  2013  du Lexical vient de sortir (augmentée et enrichie selon la formule consacrée : le double de page par rapport à l'édition 2012, excusez du peu !), l'expo "Paréidolies (urbaines)" de la fin mai, le livre "Un certain regard" à paraître en septembre prochain, etc.
J'avais pris en octobre dernier 2 places pour le concert de Cohen du 18 juin prochain. J'en ai une de disponible. Ada, une visiteuse d'Everybody Knows m'avait proposé que nous allions ensemble à cette ultime (?) représentation. Ada, si tu me lis...
Mais si ça tente quelqu'un : me faire signe en commentaires.
À bientôt.

jeudi 18 avril 2013

Soirée paréidolique

Chères lectrices, chers lecteurs,
Vous êtes chaleureusement invités à venir ce soir au 13, rue d'Uzes (Paris 2ème) boire un verre paréidolique autour de quelques photos* d'un regardeur.
* qu'il n'est pas présentement possible de mettre ici car Blogspot boude !

dimanche 17 mars 2013

Château La Coste : un concentré d'épicurisme


Le domaine de Château La Coste est situé un peu au Nord d'Aix-en-Provence, sur la commune de Le Puy-Sainte-Réparade. C'est en 2003 que Patrick McKillen, un riche homme d'affaires et collectionneur irlandais ayant fait fortune dans l'immobilier, acquiert cette propriété de 180 ha - dont 130 de vignes - avec dans l'idée le concept original de marier art, architecture et vin. 
Depuis juin 2011, il est ainsi possible d'effectuer une promenade d'environ une heure et demie sur un chemin parsemé d’œuvres d'art et d'architecture, aménagé sur les coteaux de la propriété. Parmi les premières, on retiendra l’œuvre intitulée Aix de Richard Serra : trois lames de métal gris-bleu, scarifiées par la rouille, qui semblent surgir de la colline comme les vestiges d'une installation mystérieuse ; la Oak Room d'Andy Goldworthy invite le marcheur à pénétrer sous terre dans un espace circulaire sombre, dont la voûte est constituée de morceaux de bois disposés de manière concentrique, et dont la taille diminue progressivement depuis le sol jusqu'au sommet à la manière d'un nid renversé ; à mi-chemin entre art et architecture, l'installation "Multiplied Resistance Screened" de Liam Gillick, propose au visiteur de manipuler plusieurs claustras de métal colorés qu'il peut faire coulisser parallèlement les uns aux autres, afin de créer un espace original constitué de la superposition de barres de couleurs différentes avec un effet proche de l'art cinétique ; le peintre Sean Scully s'est exercé à la sculpture avec l'édification d'un parallélépipède de 20 mètres de longueur, 8 mètres de large et 4 de hauteur, Wall of Light Cubed, composé de blocs de pierre de couleur rose et ardoise, striés verticalement par les tiges de forage pour la mise en place des explosifs, et dressés dans un appareillage quasi cyclopéen.
Côté architecture, plusieurs œuvres de l'architecte japonais Tadao Ando sont remarquables. A commencer par le pavillon d'accueil et le restaurant installés au milieu d'un jeu de bassins, de la surface desquels surgissent la silhouette inquiétante d'une Crouching Spider, une immense araignée de Louise Bourgeois, ou la géométrie parfaite et ésotérique d'Infinity, paraboloïde hyperbolique en acier inoxydable, d'Hiroshi Sugimoto. Le béton calepiné selon le "jo" (dimension d'un élément de tatami), marqué des emplacements des trous de banches, et la pureté des façades en verre, signent ici le travail du grand architecte japonais. Sur le point le plus élevé du parcours, Ando a relevé les vestiges d'une ancienne chapelle du XVIe siècle qu'il a placée dans une chasse en verre et métal dessinée avec une très grande simplicité et beaucoup de délicatesse. Ailleurs, c'est un pavillon entièrement en bois sombre qui accueille en son centre une installation composée de 4 cubes de verre sérigraphiée, Four cubes to contemplate our environment, que le visiteur découvre après un cheminement en pente douce (initiatique ?) dans un couloir très faiblement éclairé par quelques fentes inscrites subtilement dans l'enveloppe.  

samedi 16 mars 2013

Quoi de neuf ? Une andouillette !

Sublime découverte hier à Hyères d'une très honorable andouillette, celle de Lauris dans le Var, petite commune située au nord de La Roque-d'Anthéron la musicale. Il semblerait que ce produit magnifique, apparentée en terme de goût et de texture à la famille des Duval (Drancy), Hardouin (Vouvray) et Colin (Chablis), serait issu des coulisses de la Boucherie Pourcin, tenue par Nathalie et  Jean-Paul Cuxcac.
Elle nous fut servie sur un lit de frites maison moelleuses et un buisson de roquette parfaitement relevée par une vinaigrette également maison.
Le restaurant s'appelle Le Baraza. Il est situé à proximité du casino municipal ; lequel ne peut compter sur ce bar à vins tout à fait recommandable pour accroître sa fréquentation en clients désespérés !
Merci à Michel-Yves et Geneviève (qui se reconnaîtront s'ils parviennent jusqu'ici) pour cette découverte.