vendredi 26 octobre 2012

14

Il y a des auteurs pour lesquels on parle du dernier livre paru en disant c'est "le dernier X", X du nom de l'auteur en question ; as-tu lu le "dernier X" ? C'est vrai pour Jean Echenoz. "14" est donc le "dernier Echenoz". C'est une histoire simple, une petite histoire, sur la toile de fond de la "Grande Histoire". La guerre de 14 ; celle qui avait la préférence de Brassens ("Moi, mon colon, cell'que j'préfère, C'est la guerr' de quatorz'-dix-huit !"). Blanche est une héritière, fille unique du patron des usines de chaussures Borne-Sèze en Vendée. Elle sort avec Charles, jeune homme ambitieux de 27 ans. Anthime est le jeune frère de Charles. Il est comptable et plutôt effacé, mais il a des copains. La guerre va cueillir tout ce petit monde et les extraire d'une vie convenue, pour entrainer les jeunes hommes vers l'enfer. Un enfer dans lequel, un bras arraché ou une mâchoire déchiquetée correspondent à autant de félicités vous permettant d'être démobilisé.
Il y a le style Echenoz, parfois curieux comme dans les phrases suivantes : "un coup de vent tapageur s'est brutalement levé qui a manqué faire s'enfuir sa casquette..." ; "Ç’avait plutôt pas mal été non plus dans le train, sauf le confort." ; "une dalle de ciment fissuré, juste ornée par les traces de pattes qu'avait précisément laissées un chien (...) gravées dans le mortier frais le jour lointain qu'on l'avait coulé." Mais il y a un "ton" dans ce livre ; celui d'une certaine objectivité des faits ; des faits que le recul du temps ne permets à personne d'apprécier dans l'instant et surtout pas aux acteurs qui ne comprennent rien au déroulement des évènements. Tout les dépasse parce que tout est absurde. 
Pour Echenoz la guerre est une sorte d' "opéra sordide et puant", et comme l'opéra, "c'est grandiose, emphatique, excessif, plein de longueurs pénibles, comme lui cela fait beaucoup de bruit et souvent, à la longue, c'est assez ennuyeux."
Echenoz n'a pas besoin d'emphase pour nous mettre dans le bain de l'horreur. On y est, avec Anthime, et on ne comprend pas bien ce déchainement de folie.
Il y a quelques passages très beaux et en particulier celui où Arcenel, l'un des copains, décide d'aller se promener dans la campagne. C'est le Printemps, le silence est "certes imparfait" (...) et presque mieux que s'il était parfait, (...) comme un amendement mineur donne sa force à une loi, un point de couleur opposée décuple un monochrome, une infime écharde confirme un lissé impeccable, une dissonance furtive consacre un accord parfait majeur (...)"

On lira avec un plaisir simple en quelques heures le "dernier Echenoz" ; s'en souviendra-t-on dans quelques mois ? (Oui, bien sûr grâce à Everybody Knows !)

jeudi 25 octobre 2012

Poètes : on recycle !

Publié le 24 octobre 2009

Pluie

Le jardin est dévoré de mousse.
Le fauteuil en métal vert-anis pleure
Des larmes égarées d'une pluie d'automne,
Et le bois sculpté du cimier bambara
Noirci sa peau sous les sanglots.

Cadel Ubbale

Le cul de Judas


"Le cul de Judas", c'est Gago Coutinho, ce trou perdu au fin fond de l'Angola à 10.000 km du Portugal, de sa femme et de son bébé, "ce mamelon de terre rouge, entre deux plaines pourries", où Lobo Antunes, alors âgé d'un peu moins de 30 ans, a du passer 25 mois en tant que médecin mobilisé pour aller faire cette "putain de guerre" coloniale. Ce livre est un témoignage épouvantable, bouleversant, sur l'horreur de cette guerre et son cortège de misères, d'atrocités, d'injustices, d'absurdes et de déshonneurs de la condition humaine. Son récit est fait en une nuit à l'occasion d'une rencontre du narrateur et d'une fille qu'il drague dans un bar de Lisbonne. L'homme n'a plus guère de considération pour lui-même, cet épisode angolais l'a totalement brisé ; seuls quelques souvenirs d'enfance et une tendresse que l'on sent cabossée, constituent sans doute les derniers éléments qui peuvent donner sens à sa vie. Il y a aussi une rage immense ; envers les politiciens, les hauts-gradés et les verbeux qui sont restés au chaud à Lisbonne pendant que les non-pistonnés d'une génération de jeunes portugais se faisaient tuer ou arracher les membres sur les mines d'Angola ; contre une partie de sa famille qu'il déteste, confite dans la tradition, et qui ne se rend même pas compte qu'en venant acclamer les jeunes patriotes en partance pour sauver "l'empire", "venait là assister à sa propre mort". 
En 1971, dans le "Cul de Judas"
Et puis le style de Lobo Antunes qui se déverse comme un flot impétueux et tourmenté d'adjectifs qui rebondissent, se bousculent, se télescopent entre eux pour former un véritable torrent littéraire dans lequel les plages d'apaisement, si elles sont rares, n'en restent pas moins d'une beauté où la nostalgie du temps qui passe, l'enfance peuplée de mille souvenirs sans importance et les caresses des femmes qu'il a aimée, en composent la matière essentielle.
Ce livre est un chef d'oeuvre (sans doute à ne pas recommander aux personnes déprimées). "Contrastes et Lumières" a produit un texte intéressant et très riche à son sujet.
Extrait (mais on voudrait en mettre mille !) :
"Je flotte entre deux continents qui, tous deux, me repoussent, nu de racines, à la recherche d'un espace blanc où m'ancrer, et qui peut être, par exemple, la chaine de montagne allongée de votre corps, une concavité, un trou quelconque de votre corps, pour y coucher, vous savez, mon espoir honteux."
Antonio Lobo Antunes aujourdhui
Merci à Pierre Léglise-Costa, un ami et traducteur de cet ouvrage, qui ne doit absolument pas regretter de m'avoir fait découvrir ce terrible compatriote.
  

dimanche 21 octobre 2012

Le poids du papillon

C'est un petit livre qui ressemble à un conte, ou mieux, à une fable, avec une morale qui rappelle que sans doute le Diable est dans le détail. 
Deux rois des chamois : l'un est chasseur, braconnier, solitaire, avec plus de 300 chamois tués à son actif, l'autre règne sans partage depuis plus de 20 ans sur sa harde. Tous deux se connaissent, tous deux sont au terme de leur renommée. Erri de Luca, dans une écriture libre, simple et poétique déroule les trajectoires parallèle de ces deux rois de la montagne dont le destin inexorable et ultime, est de se rejoindre, à l'infini,  autre appelllation évidente de la mort. 
Un papillon blanc apparait furtivement dans le récit se posant avec une absolue légèreté, tantôt sur le fusil de l'homme, tantôt sur les bois de l'animal. Mais, comme ce simple effleurement de la main d'une femme qui le trouble, lui, "l'homme sans", aurait pu tout bouleverser dans sa vie de chasseur, le papillon blanc, détail de la nature au poids insignifiant, possède l'indicible pouvoir de vie ou de mort.

Dans la maison


Qui se cache derrière Claude, cet adolescent aux allures angéliques ? Juste un jeune homme, écorché par la vie, dont la sensibilité s'exprime dans l'écriture avec un réel talent que va déceler et encourager jusqu'au harcellement, Germain - Luchini, son prof de lettres désabusé et écrivain raté ?
Un manipulateur, lui-même totalement sous l'emprise d'un voyeurisme névrotique ?
Ozon a fait un film à la fois drôle et tragique. Drôle (souvent) dans le regard qu'il porte sur certains aspects de l'art contemporain (des propriétaires de galerie incultes, des textes abscons qui accompagnent des œuvres improbables et pitoyablement sulfureuses qui s'autoproclament artistiques), dans la description de cette famille de beaufs espionnée par Claude dont le bonheur se résume pour le père et le fils à une pizza-télé devant un match de basket, et pour la mère à des rêves d'architecture tirés des magazines de déco féminins, ... Tragique dans la manière naïve avec laquelle Germain-Luchini s'enfonce dans un piège fatal à la construction duquel il s'emploie aveuglément malgré les avertissements de son épouse (Christine Scott Thomas, toujours superbe, en galeriste un peu désespérée), dans cette recherche d'amour chez Claude qui se nourrit du malheur des autres.
Et si la question était : la littérature sans la fiction se réduit-elle au voyeurisme et peut elle conduire à la folie ? Ou bien : l'idéal de vie n'est-il pas dans un bonheur simple ? Il y a un petit air de "Un été 42" dans ce film, non ?

dimanche 14 octobre 2012

Saison brune


Quoi penser après avoir refermé le livre de Philippe Squarzoni "Saison brune", énorme BD de 477 pages sur la question du devenir de notre monde face à la menace des bouleversements prévisibles dus à la façon dont nous l'exploitons déraisonnablement ? Est-il possible que nous puissions encore inverser le cours des choses ? A lire les entretiens des éminents spécialistes auxquels Squarzoni donne la parole, force est de constater que seule une révolution dans notre façon de vivre pourrait constituer une solution. La question est : comment cette révolution peut-elle s'accomplir ? Y-a-t'il la place pour une hypothèse relevant du sens collectif dont il faudrait que chaque individu - et en particulier les plus riches - soit le porteur ? Une autre hypothèse, évidemment, serait un système dictatorial. Le très grand mérite de ce livre est de poser avec beaucoup de rigueur et d'intérêt, chiffres à l'appui, (on a du mal à lâcher ce livre et on a envie de le lire de bout en bout sans s'arrêter) une question d'ordre écologique qui dépasse la seule écologie pour aller sur le terrain politique. Il n'y aura pas d'avenir pour la planète s'il n'y a pas refondation d'une pensée politique sur la base d'engagements populaires aussi clairs que la solidarité, la réduction forte des inégalités, et le transfert des richesses entre le Nord et le Sud ; en d'autres termes, pas d'avenir sans contraintes fortes appliquées aux plus nantis des habitants de cette terre, et plus particulièrement les plus riches parmi les populations occidentales.
 Mais rassurons-nous : si nous nous appliquons pas ces contraintes, celles qui ne manqueront pas d'arriver seront sans commune mesure !... Alors de deux maux, le bons sens dicterait de choisir le moindre... Mais avons-nous encore du bon sens ? Et le système économique actuel qui dirige et verrouille le monde nous laisse-t-il encore une chance d'avoir du bon sens ?
PS : Merci à PL qui m'a offert ce livre et qui se reconnaîtra sans doute s'il parvient jusqu'ici !

Architecture et cartes postales

Comment apprendre l'architecture avec des cartes postales ? Il suffit de suivre cette adresse, qui vous mène tout droit à un blog remarquable (écriture, analyse, illustrations) : http://archipostcard.blogspot.fr/
Dernier article du jour : l'expo de 37 à Paris et la confrontation des pavillons nazis et soviétiques.

Comment parler des lieux où l’on n’a pas été ?

Et si vous appreniez que Marco Polo (1274-1324), qui effectua un périple de plus de vingt ans en Asie jusqu’à devenir un familier de la cour impériale de Chine et du grand empereur mongol Kubilaï Khan lui-même, n’était en réalité qu’une sorte d’imposteur dont le voyage s’est probablement limité aux faubourgs de Constantinople, voire même selon certaines hypothèses, à la banlieue de Venise ? Si, en plus, on vous disait qu'il était fort probable que Blaise Cendrars, l’infatigable bourlingueur, l'écrivain-voyageur par excellence, n’avait pas emprunter le Transsibérien jusqu’à certaines destinations qu'il a néanmoins décrit à la perfection* ? Si Chateaubriand, l’auteur des « Mémoires d’Outre-tombe » avait en fait imaginé une très grande partie de son voyage en Amérique ? Quelle serait votre réaction ? Seriez-vous troublé au point de rejoindre la foule toujours grandissante des septiques de toutes sortes, jusqu’à peut-être grossir les rangs des adeptes d’une quelconque théorie du complot (« on nous cache tout, on nous dit rien » comme le chantait Dutronc) ? Ou adopteriez-vous plus simplement la thèse que développe Pierre Bayard dans ce livre** d’une intelligence rare (et accessible), écrit dans un style remarquable (l’auteur est professeur de littérature française à l’université), que je tenterais de résumer en une phrase (tout en mesurant ce qu’elle a de réducteur***) : l’imaginaire est souvent plus pertinent que la réalité pour décrire un lieu ou une situation, et la pensée s’aidant de la connaissance, plus apte à nous ouvrir aux cultures extérieures que l'exploration souvent brouillonne et téléguidée des incontournables lieux de la planète qu’il « faut » avoir visités afin d’être capable de cocher dans son petit carnet de voyage mental : « fait » ! 
Merci à FD qui m’en a chaudement recommandé la lecture et qui, comme il est désormais de tradition de l’écrire dans ce lieu, « se reconnaîtra certainement s’il parvient jusqu’ici »…
J’ajouterai que si je partage la plupart des réflexions de Pierre Bayard, j’émets quelques réserves quant à l’application de sa théorie à l’architecture dont l’appréciation, me semble-t-il, ne peut se passer du regard personnel et intime ; regard qui se nourrit bien sûr d’imaginaire mais également d’émotions des sens, tactiles, voire charnelles.
Un mot encore pour souligner qu’avec ce livre, Pierre Bayard nous permet d’anticiper sur un monde à venir, où il est probable que les congés payés à l’autre bout de la planète tiendront du fantasme nostalgique, et où il sera alors utile, pour qui veut encore voyager, de savoir rester dans son fauteuil et simplement imaginer (à ce sujet, se reporter - bientôt - aux commentaires sur la BD de 477 pages, "Saison brune" de Philippe Squarzoni).

*« Emettant quelques doutes sur la réalité du voyage en Transsibérien et ayant communiqué son scepticisme à Blaise Cendrars, Pierre Lazareff s’attira cette réponse célèbre de l’écrivain : « Qu’est-ce que ça peut te faire, puisque je vous l’ai fait prendre à tous ! »
**Pierre Bayard a précédemment écrit : "Comment parler des livres qu'on a jamais lu ?" (faut-il le lire...pour en parler ?)
***Forcément !

vendredi 12 octobre 2012

Cette année je me prends au mot et j'écris

Voila, c'est reparti. Petit exercice d'écriture à partir de quelques phrases imposées par Denise Morel, auteure d'un minuscule opuscule aux pages détachables et "post-itables" qu'une amie m'a offert.
"Sans déclarer ma flamme,
J'ose conter fleurette
Avec des mots choisis."
Comment a-t-elle fait pour me démasquer ? Existe-t-il une seule conversation muette couchée sur le papier qui ne soit une tentative de séduction ? Et si l'une d'entre elles devait échapper à ce destin sentimental, ne faudrait-il pas la répudier pour cause d'infidélité ou de vulgarité ? Et qu'est-ce que la poésie si ce n'est l'expression sensuelle des mots ? Bon : on fait ce qu'on peut ; rien n'est facile ; on avance dans le noir orphelin ; heureusement qu'il existe encore la possibilité de choisir ses mots !...

jeudi 11 octobre 2012

Cosmos for birthday

Une pensée spéciale pour Mado qui se reconnaitra si elle vient jusqu'ici et qui m'a offert des cosmos virtuels sur un mms que je n'ai pas été foutu de planter immédiatement à réception dans mon blog faute d'avoir ouvert mon ordi pour des raisons d'écoute de "The essential" of Léonard Cohen tard dans la nuit...
Bon, maintenant ils y sont et par magie ne faneront pas !

lundi 8 octobre 2012

Nantes. Groupe scolaire Aimée Césaire




Le groupe scolaire "Aimée Césaire" est situé sur l'île de Nantes, et précisément dans le Quartier de la Création, autrefois territoire des chantiers navals où subsistent par endroits, inutiles et pittoresques, les vestiges et les empreintes d'une activité oubliée : rampes de lancement des navires, cales, grues titanesques, rails encastrés dans des sols industriels, chemins ouvriers pavés, etc.
Aujourd'hui, au bruit et à la fureur des constructions navales a succédé un "territoire en devenir" - l'Eco-quartier de la Prairie au Duc - bordé à l'est par les Nefs, immenses halles abritant les Machines de l'île dont le spectaculaire éléphant, et à l'ouest par le quai du Hangar à Bananes habillé de l'alignement minimaliste et monumental des 18 anneaux de Buren et Bouchain.
L'établissement en cours de finitions - mais, curieusement déjà occupé par quelques marmots - se remarque au premier abord par sa clôture d'enceinte constituée de piquets bruts en châtaigner disposés verticalement sur deux, voire trois niveaux superposés, selon une trame d'une assez grande liberté contrainte uniquement par des exigences liées à la sécurité des enfants (ne pas leur permettre de se glisser dans un interstice). Le choix de cette "façade" est lié à l'évocation des "ganivelles", ces palissades de piquets de bois plantées dans la dune pour en limiter l'accès et ainsi la préserver. Cette relation avec le littoral retrouve un écho dans la promenade paysagère que les architectes ont imaginée sur une partie de la toiture du bâtiment ; promenade accessible aux enfants, qui reproduira le milieu dunaire et sa végétation caractéristique (oyats et autres immortelles) ; promenade qui donne également l'impression qu'un morceau du site lui-même s'est levé de terre.
Trois autres considérations ont dicté le parti des architectes (les agences Bruno Mader de Paris et Mabire-Reich de Nantes) : 1) la volonté de préserver une certaine intimité à la cour de récréation : des immeubles de neuf et dix étages doivent en effet être édifiés à proximité de l'école, et l'urbanisation future du quartier devrait fortement augmenter le passage au nord de la parcelle 2) la nécessité de conjuguer quatre programmes distincts (une école maternelle, d'une école élémentaire, d'une crèche associative et d'un centre de loisirs) 3) l'inscription du bâtiment dans une logique cohérente avec la notion d'éco-quartier.
De ces trois contraintes, les architectes ont su tirer le meilleur en termes d'orientation, de protection vis-à-vis de l'extérieur et de consommation énergétique.
Par ailleurs, parce qu'ils attachent une attention toute particulière au fait de montrer aux enfants une certaine "authenticité" de la construction, les concepteurs ont choisi de laisser le béton brut apparent dans les espaces extérieurs. Cette minéralité assez puissante, teintée des encres des huiles de décoffrage, est atténuée (ou plutôt contrebalancée) par la chaleur et le naturel du bois, très présent dans le traitement des façades sur cour et des parements intérieurs.
Au plan extérieur parfaitement rectangulaire, les architectes ont opposé un espace intérieur de la cour aux formes plus curvilignes - féminines ? - évoquant douceur et protection.
Depuis le 1er étage, la perspective ouverte sur la ville ancienne permettra aux regards des enfants de s'exercer à distinguer et reconnaître une autre architecture, tantôt solennelle, parfois industrieuse, mais toujours témoin de leur histoire. 
L'architecture du groupe scolaire Aimée Césaire est attentive et attentionnée, et en plus parfaitement servie par une qualité de finition remarquable.

Le mot de la fin au poète :
"Rêve n'apaisons pas
parmi les clous de chevaux fous
un bruit de larmes qui tatonne vers
l'aile immense des paupières."


mardi 2 octobre 2012

Concert Cohen 29 septembre 2012 Olympia

Heureusement qu'on a quelques amis dans la vie : ils peuvent vous apprendre que c'est un jeu d'enfant de disposer de la liste des chansons d'un concert ! Il suffit de tapper "Setlist" + le nom du concert ...
Vous le saviez ?
Donc, pour combler vos orbites cruelles et pour vous prouver que, non seulement Cohen regarde le public quand il chante, mais qu'en plus vous en avez pour votre argent, voici la liste intégrale des chansons du concert ci-dessous relaté (fort bien d'ailleurs).
A vos guitares !

  1. First Set
  2. Amen 
  3. Second Set
  4. (performed by the Webb sisters)
  5. (performed by Sharon Robinson)
  6. Encore:
  7. Encore 2:
  8. Encore 3:

dimanche 30 septembre 2012

And now, ladies and gentlemen, Monsieur Léonard Cohen !


Olympia, samedi 29 septembre 2012. 19H00. Léonard Cohen en majuscules rouges sur la façade de la mythique salle de spectacle. La dernière fois, c'était il y a déjà quatre ans. Le "jeune homme" n'avait que 74 ans. Je dois retirer mes deux places au guichet. Une amie m'accompagne. Elle est déjà dans la petite foule qui attend, calme, derrière les barrières métalliques. Autour, sur le trottoir, au carrefour, il y a des revendeurs aux mines patibulaires. Des affichettes en carton "Places to sell" ou "Search  places". Comme je cherche deux places supplémentaires, je navigue entre les revendeurs. Tous les billets proposés sont aux alentours de 200€. Un type m'accoste en prétendant qu'il en vend au prix coutant. Il n'a pas franchement le look du fan de Léonard Cohen. Ses places sont à 200€. Trop chères, je cherche plutôt dans les 150 maxi. Tout en ayant bien conscience que ces tarifs ne sont a priori pas raisonnables (mais combien pour un match de foot ?). Quelques instants plus tard,  je vois mon honnête vendeur en compagnie de trois ou quatre autres individus qui s'agitent pas mal. L'un d'entre eux a la main gauche pleine de coupures de 50€ - dix ? quinze ? - qu'il compte à une vitesse stupéfiante avec les doigts de sa main droite. Un autre a son mobile à l'oreille : "Viens pas, c'est pas la peine, c'est d'la merde ici !". Je suis de moins en moins certain de parvenir à acquérir, à un prix à peu près raisonnable, deux places supplémentaires pour un couple d'amis qui sont sur le chemin et qui attendent mon appel. 19H15. Cette fois, il est possible d'entrer dans le hall. Les vigiles laissent passer la petite foule très calme entre deux barrières métalliques. Je rejoins mon amie qui a pris un peu d'avance. La moyenne d'âge dans la file d'attente n'est pas franchement lycéenne ou étudiante. Quand même, il n'y a pas que des retraités ! Une fois récupérée ma place, je retente un tour à l'extérieur en quête des fameuses deux places supplémentaires. Je me retrouve près d'une femme qui a des billets dans la main et semble ne pas savoir quoi en faire. Je tente un "vous vendez des places ?" Elle me répond d'un air désolé qu'elle vient d'acheter quatre places à 200€ pièce, mais que c'est des fausses. Elle me les montre. Pas facile de se rendre compte. Le dos du billet a cette impression irisée qui ne me semble pas évidente à imiter ; quant au recto il est exactement comme le mien. "Faites attention, avant d'acheter à un revendeur, passez un doigt mouillé sur la surface du billet. Si c'est un faux, l'encre a tendance à s'en aller !", me dit-elle. Cet avertissement très sympathique me convint de mettre un terme à mes recherches. Je préviens mes amis, et j'entre à nouveau dans le hall de l'Olympia. Sur la droite, il y a la boutique à gadgets. T-Shirts, programmes, CD, livres, mais aussi épingles à cravate (!), bagues (!!), faux Stetson à 60€ (!!!), etc. J'avise quand même un T-Shirt "I'm your man" qui pourrait être un cadeau sympa pour mon fils ainé qui a failli m'accompagner. Juste devant moi, un homme aux cheveux longs, la bouche charnue, une sorte de Borsalino sur la tête, et muni d'une étrange voix de fausset aphone, se commande toute la panoplie. Il enfile la bague immédiatement et tapotera son code de Carte Bleue tout en gardant un œil ému sur sa nouvelle acquisition. Le vendeur, sensible, l'informe qu'à l'intérieur de la bague, c'est "écrit". Quoi ? Je n'en saurai jamais rien, mais l'homme qui a troqué son Borsalino contre le Stetson n'est pas pressé de découvrir ces écrits masqués et repart comblé, portant un grand sac en plastique rempli de ses trésors, en contemplant avec gourmandise son auriculaire.
A 20h10, le concert commence avec un "Dance me to the end of love" qui ne peut faire que l'unanimité. Avant d'entamer la seconde chanson, Cohen dit quelques mots en anglais puis en français : "Je ne sais pas si nous nous reverrons un jour, mais en tout cas, ce soir, on va donner tout ce qu'on a !" Etrange phrase que prolonge un tonnerre d'applaudissements (le premier d'une longue série, devrai-je dire). Enchainement avec "The Future", aux paroles prémonitoires ("I've seen the future, brother /It is murder /Things are going to slide/Slide in all directions"). Puis un "Like a bird" très long, magnifique, dans lequel les musiciens, tour à tour, nous régalent de leur virtuosité et de leur sensibilité. Ce serait un peu long de passer en revue toutes les chansons interprétées ce soir-là (pas moins de trente) par un Cohen en pleine forme, sautillant en pas chassés à chaque entrée ou sortie de scène, rythmant de tout son corps la musique avec cette curieuse démarche comme s'il pataugeait dans la gadoue (tel un albatros ?), et très souvent à genoux aux pieds de ses musiciens, ou au centre de la scène. Une chose est certaines : les intemporelles, les sublimes, les pépites ont bien été chantées : Suzanne, Gipsy Wife, Famous Blue Raincot, I'm your man, Everybody Knows, et autres  So long Marianne ou Hallelujah dont  les refrains furent repris par une salle totalement sous le charme de cet homme d'une élégance totale : voix d'une profondeur et d'une chaleur incomparable, respect - pour ses musiciens, le public -, silhouette frêle et immense à la fois.
Il laisse à Sharon Robinson et aux Webb Sisters qui l'accompagnent le soin d'interpréter deux superbes mélodies. Deux instants supplémentaires de pur bonheur. Cohen, en retrait, dans le noir, Stetson à la main.
Près de quatre heures plus tard - 23H50 -  tout le public est debout. Trois rappels et il faut se résoudre à laisser partir l'immense poète sur l'air de  " I tried to leave you, I don't deny I closed the book on us, at least a hundred times". Petit pincement au coeur. Est-ce la dernière fois ? Ça fait quand même 42 ans qu'on se connait !...
Respect Mister Cohen, Prince des Asturies et de la poésie.
Merci à AR, d'avoir partagé ce moment d'anthologie, et qui se reconnaîtra, si elle vient jusqu'ici !...

jeudi 20 septembre 2012

Ne pas confondre !

Après une nuit de réflexion....

Ne pas confondre un ingénieur-poète et un geigneur pouet-pouet.

De même, ne pas confondre un chroniqueur et un gros niqueur (éviter donc de parler de chroniqueur quand vous êtes enrubé).

De même un hippie n'est pas un IPI (Insolite Projet Insulaire) ... Vous voyez ce que je veux dire ?

mardi 18 septembre 2012

Des chiffres qui donnent la nausée

1, 8 milliards d'euros, c'est la somme qui devrait être dépensée en aménagements divers (autoroutes, infrastructures touristiques, musée) pour célébrer le 120ème anniversaire de Mao (juste par Xiangtan, ville dont dépend Le village natal du Grand Timonier).
35 à 45 millions de morts lors de la grande famine de 1958 à 1962, selon des études extrêmement sérieuses, dus en grande partie à des des décisions absurdes prises par Mao et relayées par ses sbires à propos de politique d'industrialisation forcée et accélérée, au mépris absolu des populations.
Les "seulement" 6 millions de victimes de la famine en Ukraine du Petit Père des Peuples, de 1932-1933, "tout aussi monstrueuse, tout aussi organisée et proportionnellement tout aussi meurtrière", donne la mesure de ce génocide.



D'après la chronique de Sylvie Kauffmann "L'air du monde", "Une grande famine peut en cacher une autre", dans Le Monde daté du 18 sept. 2012

dimanche 16 septembre 2012

Vous aimez le poulet rôti ?

Cette question dont le sujet semble banal au premier abord et qui pourrait se prolonger afin d'être exhaustive, par : "rôti, oui, mais comment ?", et qui m'a récemment été posée par l'un de mes amis proches (PN, pour ne pas le nommer) comme un défi personnel, constitue, n'en déplaise aux végétariens de toutes plumes, une question fondamentale qui interroge, non seulement la Place Beauvau, mais les problématiques de l'élevage intensif, mais aussi mon boucher avec sa rôtissoire à double broche électronique qui prend olfactivement en otage l'intégralité de l'avenue Pasteur,  et d'une manière plus fondamentale encore, sinon tragique,  le champ de la littérature. C'est à ce dernier questionnement que j'invite le lecteur en ce jour de la Sainte Edith dont le martyr n'aura pas été vain, depuis les marches de ciment gris de l'escalier extérieur de mon pavillon de Bécon-les-Bruyères duquel je suis exclu faute de disposer des clés pour y pénétrer, vu que je viens d'accompagner ma femme au train à Montparnasse, qu'elle a bien pris le soin de refermer la porte du pavillon, d'emporter le jeu de clés avec elle, et que moi, humble chauffeur dominical n'ait pas eu le réflexe domestique de m'emparer d'un double. (Ah ! Le réflexe domestique pour nous autres poètes !). On ne va pas se plaindre quand même : le ciel est bleu, la température ambiante est juste fraiche, une voisine passe l'aspirateur, un voisin, la perceuse, et les éboueurs ont ramassé les poubelles. Et heureusement, il ne devrait pas m'être imposée la vision d'un serrurier faisant sauvagement sauter la porte avec un pied de biche tout en exigeant pour cette performance - "vous m'avez demandé d'ouvrir votre porte ou quoi ?" - une somme de 200€, exclusivement en petites coupures  usagées de 5 et 10€ ("non Monsieur, je ne prends pas les chèques, oui, je peux attendre que vous alliez au distributeur"), car mon fils repose dans sa chambre après une nuit agitée à la Fête de L'Humanité (que sont devenus les "camarades" ?), et que mon âme de père compatissant et post soixantehuitard s'interdit de l'extraire immédiatement de son sommeil de guerrier fatigué, et des temps modernes malgré tout. Mais toutes ces considérations, que d'aucuns pourront juger futiles, nous ont éloignés de notre propos initial que je me permets de vous soumettre avec une acuité (cuit ou rôti ?) qui me surprend moi-même, et dans une perspective exclusivement romanesque : et si le petit Marcel avait retrouvé sa mémoire grâce à un poulet rôti à la peau dorée et croustillante (forcément accompagné d'une vraie purée qui se tient suffisamment pour y sculpter en partie centrale un minuscule cratère, réceptacle précieux du jus de cuisson dont le surplus sera utilement recyclé dans un plat de coquillettes),  plutôt qu'à une madeleine molle et un peu chochottte,  ne croyez vous pas que la littérature mondiale en eut été bouleversée ? Autrement dit, n'est-il pas possible d'affirmer que les géants de la littérature que sont Hemingway, Faulkner, Garcia Marquez, Pessoa, Duras ou Frédéric Dard qui tous, ce sont crus obligés de se positionner par rapport à cette question obsédante de la madeleine, n'auraient pas produit une œuvre encore plus sublime, si Proust avait plutôt écrit :


"Il y avait déjà bien des années que, de Combray, tout ce qui n’était pas le théâtre et le drame de mon coucher n’existait plus pour moi, quand un jour d’hiver, comme je rentrais à la maison, ma mère, voyant que j’avais froid, me proposa de me faire déguster, une fois n'est pas coutume, un peu de poulet rôti, une de ces volailles dodues dont le fumet de cuisson, festif et gouleyant, emplissait avec générosité, à cet instant, l'espace intime de la maison.

Lobo Antunes sur Arte : rare !


Heureusement qu'un ami (HG, qui se reconnaîtra s'il parvient jusqu'ici), m'a alerté de la diffusion, ce dimanche, dans le cadre de l'émission "Square" sur Arte, d'un entretien avec Antonio Lobo Antunes, l'immense écrivain portugais ! Antunes fuit les interviews et les mondanités. C'était donc une occasion magnifique de découvrir l'antre de l'écrivain - une maison-atelier envahit par les livres -, et de l'entendre réagir (sans complaisance) aux questions enthousiasmées du journaliste. Je laisse parler l'écrivain.
A propos de son expérience pendant la guerre d'indépendance de l'Angola : "On n'a pas conscience de la violence qu'il y a en nous. La facilité avec laquelle on a tué. On se fait très bien au fait que les vies ne valent rien. (...) La façon de regarder le temps est propre à l'Afrique."
La sensualité : "Je n'aime pas la sensualité évidente"
Un livre : "Plus il y a de silence, plus j'aime ça. (...) Je ne relis jamais un de mes livres. (...) Quand un livre est fini ? C'est comme un tableau, il n'est jamais achevé, définitivement inachevé. (...) La fin d'un livre, c'est comme la fin d'une relation avec une femme : vous sentez qu'elle n'a plus besoin de vous. Le livre va au bout du lit. Il ne veut plus de vous.(...) C'est très confortable de vivre entouré de livres.Ils sont bons quand ils ne dorment pas."

samedi 15 septembre 2012

Agora 2012 : Souto de Moura versus Rem Koolhaas

Pouvoir écouter deux Pritzker Price à la suite et entendre deux discours sur des registres radicalement opposés, vous en rêviez ?... Agora 2012* l'a fait !
Physiquement, l'un est un peu nounours, l'autre est sec comme un prédicateur protestant. Sur le plan vestimentaire, l'un s'en fout et ressemble à tout sauf à un architecte, l'autre soigne habilement son look : pull vert assez prêt du corps et boots en cuir, crâne et barbe soigneusement rasés. L'un raconte des histoires en affirmant que la pire chose en architecture est la prétention, l'autre proclame que "l'architecture est un art égoïste qui ne sait qu'exploiter un site alors que l'urbanisme est une profession généreuse qui révèle un potentiel". L'un s'attache à la question de la fenêtre, à la couleur de l'enduit, l'autre affirme que "le problème de l'urbanisme est d'être perpétuellement stressé et obsédé par la question du centre". L'un déclare que "la beauté, quand elle est toujours présente, finie par fatiguer", l'autre ne sait pas et ne veut probablement pas savoir ce que représente la beauté.
Souto de Moura parle de l'architecture du quotidien, et Rem Koolhaas discoure sur la Pensée architecturale, si possible iconoclastique. Le portugais parle de retrouver les traces du bâti et d'économie du projet, le hollandais affirme que la préservation (du patrimoine) est une conception purement occidentale (?) et qu'il faudrait envisager une nouvelle bureaucratie pour statuer sur les quartiers à démolir. Le premier n'envisage même pas de faire des tours, quand le second - qui a au moins réalisé celle pour la télé chinoise - déclare que c'est un concept dépassé.

vendredi 14 septembre 2012

Un écrin blanc pour Cheval Blanc

Pour une première découverte du chais du Château Cheval Blanc dessiné par Christian de Portzamparc, il faut se poster sur la D244, près de l'entrée du Château La Dominique tout (trop ?) proche. De là, avec en premier plan les rangs de vigne taillés au cordeau, le ruban de béton et sa coiffe végétale déploie toute l'élégance d'une silhouette qui relève davantage du domaine de la haute couture que du bâtiment.
Le chais comporte trois niveaux : un sous-sol - le saint des saints - où sont entreposés les fûts de vieillissement, disposés religieusement comme des stalles dans le chœur d'une église ; le rez-de-chaussée où sont alignés comme à la parade les très grandes cuves en béton réservées au tout premier stockage du vin ; enfin le toit lui-même, formidable belvédère aux allures de deck marin,  paysagé sur son pourtour de roseaux fragiles qui ondulent avec le vent.


lundi 10 septembre 2012

Home de Toni Morrison

"Ici se dresse un homme", c'est ainsi que Toni Morrison, 81 ans, Prix Nobel de Littérature 1993, achève son dernier et court roman "Home". C'est également avec l'image de chevaux magnifiques qui se dressent comme des homme qu'elle entame cette histoire de Franck, le jeune homme de retour de la guerre de Corée où il a perdu ses deux amis d'enfance et sans doute sa raison, et de sa jeune sœur Cee, "une fille du ruisseau" ; une histoire pleine de douleurs mais aussi d'amour, de cruauté et d'attention, dans une Amérique des années 50 impitoyable pour ces damnés de la terre - car noirs et pauvres.
L'écriture de Toni Morisson n'est pas seulement belle, elle est digne, ciselée dans la matière humaine, avec ses héros anonymes et ses lâchetés, ses misères quotidiennes et la beauté des choses simples. C'est un livre qui inspire à la bonté et à l'apaisement quand les situations qu'il décrit sont, pour certaines, d'une très grande violence.
Extraits :
 "Sarah sortit d'un tiroir un long couteau pointu et, se réjouissant infiniment du plaisir à venir, coupa la fille* en deux."
"Ayant absorbé tout le bleu du ciel, le soleil se prélassait dans un paradis blanc, menaçait Lotus, torturait son paysage, mais échouait, échouait, sans cesse échouait à le réduire au silence : des enfants riaient encore, couraient, criaient leurs jeux (...)"
* non, il ne s'agit pas d'un policier gore : la fille en question n'est qu'un melon femelle... !

dimanche 9 septembre 2012

Veinard(e)s : on a presque tout changé à droite !

Centre de recherche Thomson-Houston de Claude Parent et Paul Virillio Architectes

Galeries de la rue Saint-Claude dans le 3ème


Courte visite dans plusieurs galeries de la rue Saint-Claude ce samedi, jour de vernissage et de "rentrée artistique".
A noter la toute nouvelle galerie MGE, au 7, qui profite de cette rentrée pour faire son ouverture. MGE présente l'originalité d'appartenir à une personne qui n'appartient pas au petit monde de l'art ; qui plus est, l'homme a une formation d'ingénieur et, après une carrière dans le monde du BTP, a le courage de se lancer dans sa passion. Chapeau.
Trois expositions retiennent particulièrement l'attention :
- à la Galerie Perrotin, "Wild Thought", des céramiques figuratives de Klara Kristalova, d'une force expressive remarquable

- toujours chez Perrotin, "Thirty-six Unknown Poets" d'Hernan Bas, avec en sous-titre "or, decorative objects for the homosexual home", présente des portraits miniatures de jeunes hommes androgynes dont le dessin et les couleurs sont admirables.


- à la galerie Jean-Luc & Takako Richard, où Stefan Hoenerloch, un artiste berlinois d'une cinquantaine d'années, expose un travail entre la photo et la peinture où des territoires urbains aux perspectives imaginaires baignés dans une lumière froide et précise, désertés de leurs habitants, révèlent un univers fantastique comme une invitation à pénétrer dans l'intimité et l'absence de ces lieux muets.