jeudi 24 février 2011

Paradise Lost de Marc TRIVIER


Exposition magnifique du photographe Marc Trivier à la Maison Européenne de la Photographie dans le Marais à Paris. (C'est toujours un régal leurs expos).
Quatre thèmes qui se croisent, dialoguent et ouvrent à une même réflexion : celle de notre regard au temps qui passe (et bien entendu à "l'issue fatale").
Des portraits en noir et blanc de personnes célèbres, la plupart artistes, écrivains, poètes ou dramaturges ; la plupart âgés (un grand nombre sont morts aujourd'hui), assis, les doigts croisés devant eux, l'air plutôt grave (fataliste ?), et sur fond de décor ordinaire (un coin d'atelier, le pied d'un escalier, un banc d'espace public). Ainsi nous regardent : Samuel Beckett et ses mains longues et noueuses comme les racines d'un arbre, Michel Foucault, interrogatif, le regard immense derrière de grandes lunettes, Bram Van Velde, vieillard magnifique que l'on croirait tout droit sorti de Buena Vista Social Club avec son Panama sur les genoux, Jean Genet, petit, accablé et dubitatif sur son banc métallique, et chaussé de curieuses "Dockside", et impressionnant Jean Dubuffet, épuisé, vaincu, comme s'il revenait d'une visite aux enfers.

Tous ces portraits témoignent d'une certaine douleur ; vraisemblablement l'envers (ou le revers ?) de la création, une extrême fatigue issue peut-être des multiples combats face au doute. Coïncidence : dans le même lieu, dans une autre exposition, celle-ci consacrée à l'écrivain Hervé Guibert, on peut lire : "C'est le devoir de l'artiste d'être hors pouvoir. C'est à dire seul avec la folie de son œuvre, avec son entêtement, avec sa prétention douloureuse." Entêtement et prétention douloureuse.
Des portraits de fous dont les regards sont saisissants, ailleurs, battus, résignés,inquiets.

Des scènes prises dans des abattoirs, pour certaines avant les exécutions, où le regard des animaux - quand il n'est pas voilé par un méchant tissu de jute sale - nous gifle d'une détresse terrifiante ; pour d'autres il s'agit des opérations de découpe et dépeçage des carcasses desquelles émanent une bestialité dont l'homme - muni d'un couteau ou d'une hache - est l'acteur présent ou que l'on devine ; d'autres encore mettent en évidence les instruments pensés pour l'organisation rationnelle des exécutions (crochets, rails, tables de découpe, ...). La métaphore est irréfutable.

Enfin, des paysages dont les prises de vues semblent le plus souvent encore ordinaires et qui illustrent des saisons, mais avec une indicible poésie.
Pour les savants, il y a aussi ces tableaux composés de huit photos prises, semble-t-il, sans aucun souci de "mise en scène" ; les choses de la vie en quelque sorte, tous ces "morceaux de nous qui passent" comme le chante Souchon.

lundi 21 février 2011

Chop Suey


Il y a Alicia, la funambule qui, des qu'elle n'a plus les pieds sur terre, se met à rêver ; c'est elle qui perçoit la première cet homme mystérieux avec ce drôle de parfum et ce regard qui l'a trouvée belle avec son rouge à lèvres. Liz, cette femme fragile et hyper-sensible (aux odeurs, aux ambiances, aux secrets, aux regards, aux choses qui ne viennent pas), attentive aux autres plus qu'a elle-même. Marion d'une sensualité presque érotique ("John, il part de la, de mon ventre...il m'entoure comme un souffle. Le parfum de ma peau...sentez...sentez...c'est le sien."). Il y a aussi un homme, un commissaire de police, qui est avec Liz et dans le souvenir de Claire, un amour passé dont la disparition le hante.
Qui sont ces personnages, prisonniers d'un bar de Chicago dans lequel des mélodies de jazz des années 30 s'insinuent par intermittence ? Quel est cet homme avec ce drôle de regard ?
D'un tableau de d'Edward Hopper l'auteure, Françoise Cadol, a écrit cette pièce de théâtre ou elle prête une identité à ces 4 personnages qu'elle fait évoluer dans une atmosphère quasi synestésique où les sensations, les émotions et les sens se conjuguent presque naturellement, par la grâce de mots simples, profondément humains.

dimanche 20 février 2011

Veinard(e)s

On a (presque) tout changer à droite !

Regards IPhoniens urbains (3)







vendredi 18 février 2011

Caïn


Dernier livre de José Saramago, auteur portugais, Prix Nobel de littérature 1998, mort en 2010, "Caïn" raconte l'histoire loufoque du meurtrier de son frère Abel, dans son combat contre le Dieu de la Bible, meurtrier encore plus aveugle que le fils maudit d'Adam et Eve.
Anachronismes et blasphèmes (pour ceux qui voudront bien les voir, ou les prendre comme tels) sont au rendez-vous pour composer une ballade jubilatoire et iconoclaste aux accents parfois "woodyalléniens".
Le vieillard de 88 ans, exilé à Lanzarote, livre ici une sorte de testament du mécréant qu'il fut toute sa vie ; pourfendeur d'un Dieu inventé par l'Homme pour submerger de peur des générations de terriens crédules.
La jaquette représentant "L'Agnus Dei" de Zurbaran est magnifique. Métaphore du sacrifice (en particulier celui d'Isaac), ce tableau est extraordinaire : on dirait que l'agneau est vivant ; on résiste difficilement à toucher la toile afin d'enfoncer ses doigts dans la toison chaude et humide de l'agneau ; on sent l'odeur un peu douçâtre de la laine.

La nuit juste avant la forêt



Un homme, un étranger, est sur un lit d'hôpital. Son visage est ensanglanté et il est dans un état de délabrement physique certain. Il a du mal à respirer et à tenir debout. Il a été attaqué par une bande de loubards. Il se lance dans un monologue parfois violent, parfois tendre, toujours pathétique. Il semble interpeller un inconnu. Il crie sa haine du monde ordinaire ; celui des manipulateurs, des bouffeurs, des profiteurs, de "tous ces cons" qui lui "sapent le moral". Une femme croisée sur un pont juste une nuit, qu'il aime, et qu'il ne parviendra plus à retrouver malgré son nom qu'il écrit sur tous les murs de la ville.
Son rêve, juste se coucher à l'ombre d'un arbre.
Romain Duris, seul en scène pendant 1H30 au Théâtre de l'Atelier, est remarquable dans cette véritable performance d'acteur. Le texte de Bernard-Marie Koltes ne m'a pas toujours convaincu. Dommage.

mercredi 16 février 2011

La confusion des sentiments


Stefan Zweig (encore !) livre dans cette nouvelle une stupéfiante leçon de tolérance avec tous les ingrédients de la marque de l'écrivain autrichien : histoire dans l'histoire, personnalité double, secret ultimement dévoilé, confession dans l'obscurité, compassion pour un homme torturé, victime de ses pulsions...
On en dit pas plus.
C'est court et parfait.
Morceau choisi :
Le jeune Roland, étudiant à l'université, de retour dans la chambre qu'il loue dans la même maison que le professeur dont il vient d'écouter la leçon éblouissante, est encore sous le charme.
"Comme par un coup de magie, j'avais en une heure de temps renversé le mur qui jusqu'alors me séparait du monde de l'esprit et je me découvrais, moi, passionnée par essence, une nouvelle passion qui m'est restée fidèle jusqu'à aujourd'hui : le désir de jouir de toutes les choses terrestres dans des mots inspirés."

dimanche 13 février 2011

Stefan Zweig


Dans l'après-midi du dimanche 22 février 1942, dans la petite maison qu'il avait louée à Pétropolis à quelques 80 km de Rio, Stefan Zweig mettait fin à son errance. Il n'avait pas encore 60 ans. Son jardinier devait le trouver allongé sur le dos, sur son lit, impeccablement habillé comme à son habitude, le visage serein. Sa seconde épouse était à ses côtés, morte également, un bras enlaçant le corps de son mari. Le célèbre écrivain, devenu apatride malgré lui, avait préparé avec minutie sa sortie définitive : tous ses papiers étaient en règle, aucune dette, les mots d'attention à ses amis avaient été envoyés quelques jours auparavant.
Stefan Zweig avait décidé de quitter ce monde car tout ce en quoi il avait cru, et qui pourrait se résumer en un mot : "l'homme", s'était effondré avec la victoire des hordes nazis.
Sa mort signifiait la défaite de la pensée, de la beauté, de l'amitié ; de toutes ces valeurs humanistes qu'il n'avait eu de cesse de vouloir partager avec ses contemporains au travers de ses écrits et de ses conférences.
L'un de ses plus vieux amis, le peintre Franz Masereel, écrira après sa mort : "Son œuvre nous reste, et on y trouvera, en dépit de tout, des raisons d'aimer la vie."*



* Stefan Zweig Biographie Dominique Bona

Veinard(e)s !

On a (presque) tout changé à droite !

Zapping 5

Le lecture du "Monde" (surtout le week-end, surtout quand le temps est complice) est toujours un moment précieux. (Je voulais dire quelque chose qui signifierait tout à la fois : intéressant, délicieux, agréable, savant).
Donc, N° date du dimanche 13 et lundi 14 février. Évidemment, on commence par la 4ème de couverture !
Tiens : le forfait (de téléphone) et le forfait (pénal) sont homonymes ; vous y aviez pensé ? Y a-t-il un message subliminal ?
Je ne connaîtrais jamais Philippe Grenier de Monner, passionné d'archéologie et de gravure, ni Virginie d'Abrigeon Baghassarian, dit nana ; ils figurent au "Carnet". Dommage.
Baiser succion, baiser pulsion, baiser fusion. On aura été averti : "quand les couples ne s'embrassent plus, il y a là un mauvais présage pour le devenir de leur union."
Deux pleines pages sur les deux derniers "pharaons" d'Egypte ; des "raïs". Il ne fait pas bon être dictateur ; l'un s'est fait assassiner et l'autre est contraint de "dégager".
Pendant ce temps M. Wang, riche et jeune homme d'affaire chinois installé en France envisage de racheter une partie du port du Havre pour importer des tongs, des fleurs en plastique et des jouets jetables au bout de 24H, et exporter des produits de luxe made in France. Sans doute pour gagner encore plus d'argent. C'est beau le commerce international.
La médiatrice est merveilleuse ; elle nous rappelle la parabole de Charles Péguy sur le bâton de chaise qui illustre le goût du travail bien fait : "Toute partie, dans la chaise, qui ne se voyait pas, était exactement aussi bien faite que ce qu'on voyait. C'était le principe même des cathédrales." Et puis elle continue en nous apprenant ce que c'est qu'un ombudsman et la résipiscence.
La biodiversité est malmenée : la "Myotis lucifugus" est en train d'être décimée par le "Geomyces destructans" qui porte bien son nom ; et c'est dramatique. Vous rigolez ? 16 états des USA sont touchés par cette maladie qui décime les chauves-souris. Vous rigolez encore ? Ce petit animal très vilain mais inoffensif tient une sacrée place dans l'équilibre naturel : il consomme des insectes qui détruisent les plantations, il participe à la pollinisation et son guano (on en apprend des choses !) fertilise les champs. Vous rigolez toujours ? Quelques cas viennent d'être détectés en Europe !
L'Egypte toujours qui démontre que l'homme peut ne pas subir éternellement l'histoire, mais la faire également. Quelle leçon !
Certainement pas drôle d'être russe ; la preuve : ils ne se reproduisent plus et ils seront 24 millions de moins en 2050. Moins de bouches à nourrir bien sûr, mais surtout moins de bras pour les nourrir ; ce qui finalement est bien plus grave.

samedi 12 février 2011

de l'enthousiasme (1)

L'enthousiasme constitue-t-il une forme intempestive de naïveté ou la traduction d'une certaine générosité et d'une envie simple des choses de la vie ? L'enthousiasme n'est pas à confondre avec la passion ; sauf à traduire la manifestation passagère d'un engouement superficiel qui se rapproche de l'excitation, il n'est pas aveugle mais plutôt, essentiellement, porté par la curiosité qui représente la première condition nécessaire (non suffisante) de l'intelligence.
L'acte de création (mais plus généralement tout acte d'intelligence) a besoin d'enthousiasme. La comparaison est triviale, mais c'est un peu comme l'étincelle du moteur ; vous pouvez disposer de la meilleure mécanique, sans l'étincelle originelle et l'entretien continu de cette "flamme électrique", le moteur s'arrête. L'enthousiasme n'est pas velléitaire ; il a besoin d'être répété pour exister, avec spontanéité ; relève-t-il d'une nature, d'une disposition particulière ?
Digression :
Mon observation quotidienne des architectes et des ingénieurs me permet de dire - sans trop généraliser - que l'une des différences majeures d'ordre comportementale entre ces deux populations réside dans le degré d'enthousiasme dont l'une ou l'autre témoigne. Pour tout dire, je me pose cette question : les études scientifiques sont-elles des fossoyeuses d'enthousiasme ? Lorsque la méthodologie du raisonnement est codifiée (analytique, séquentiel, linéaire), lorsque la solution ne peut être que "vrai ou faux" (autrement dit binaire), et enfin, quand le système de comparaison des valeurs est principalement (exclusivement ?) fondé sur la compétition, quelle place peut prendre l'enthousiasme ? Lui qui se nourrit d'une certaine générosité, de doutes, d'impasses assumées autant qu'indispensables, d'impertinence, de plaisir, de fulgurances, de jubilatoire, ...
Un de mes amis parlent même de gaspillage ; un "gaspillage positif". Je ne partage pas entièrement son point de vue ; bien sûr, il n'y a pas d'enthousiasme sans une dépense d'énergie non comptabilisée (comptable : à la manière d'un épicier) ; mais alors que le gaspillage renvoie a une notion de négligence et "d'irrécuperation", les instruments de l'enthousiasme évoqués précédemment, au premier rang desquels la générosité, constituent la matière nourricière de la création. Et s'ils doivent, dans une proportion parfois non négligeable, être abandonnés en chemin, il n'y a pas de regrets à formuler : sans eux, sans leurs sacrifices, il n'y a pas de création possible.
J'ai une image pour cela : à l'occasion d'une biennale d'architecture à Venise, j'avais été intéressé par un pavillon dont le sol était entièrement recouvert par un tapis d'une dizaine de centimètres de bouts de papier, maquettes, morceaux de balsa, etc. . On pouvait y distinguer des bouts d'esquisses, des fragments de calculs, des graphiques raturés, des flèches, des phrases ; toutes choses qui paraissaient inutiles et "gaspillées". J'eus à cette occasion la certitude que cette débauche d'énergie constituait cette matière nourricière sans laquelle le "projet" ne pouvait s'affirmer.
A l'opposé du champ créatif, la technocratie se complait dans des certitudes fades. Le seul avatar d'enthousiasme que l'on fait miroiter aujourd'hui aux élites scientifiques c'est ces crises d'adrénaline garanties le cul sur un fauteuil ergonomique devant un poste de trading envahi d'écrans bavards vibrant à la moindre rumeur imbécile. Le master de finance le plus coté de France est logé à l'Ecole des Ponts ; navrant !
Pour tenter d'excuser les ingénieurs, il faut avouer que la société du spectacle ne fait pas grand effort pour aller au-delà des images ou de l'incantatoire ; et ni l'expression plastique ni l'orale sont le fort des scientifiques. Dans l'univers de la conception de bâtiments on devrait apprendre dans les écoles d'ingénieurs à s'exprimer, à expliquer un projet plutôt qu'à conditionner les élèves à "démontrer", et démontrer encore. Il y a d'ailleurs dans l'exercice de la démonstration, soit un chef d'œuvre (rarement) soit une castration (le plus souvent).
Dans l'enseignement du philosophe Virillio à l'Ecole Spéciale d'Architecture, il y avait m'a-t-on dit un exercice qui consistait à réfléchir au "mauvais" projet. Pourquoi s'agit-il d'une fausse route ? Pourquoi tel parti ne peut être le bon ? L'exploration des impasses était ainsi considérée comme une pédagogie vertueuse.
Autre chose qui n'a (presque) rien à voir : Kaplicky, figure de l'agence d'architecte Future System disait que "même l'ingénieur de chez Boeing peut être un artiste". A prendre au 1er ou au 2ème degré ?

jeudi 10 février 2011

Regards IPhoniens (2)

Dans l'ordre :
- centre de philosophie boudhiste deniche a une centaine de metres de Beaubourg
- sur le sol des anciennes halles Alstom de l'Ile de Nantes
- sur un pilier de pierre du Grand Palais


mercredi 9 février 2011

La Défense ou l'Offense ? (2)


Vous vous souvenez de ces deux OVNI jumeaux (Objet Visible Nuisible et Insolent) qu'on veut nous planter à droite du Pont de Neuilly, les pieds quasiment dans l'eau et la tête (l'espace lounge-spa-VIP-Rolex) à plus de 320 m de haut ?
Ces deux tours, pour lesquelles je suggère le nom d'Alahagbar, constitue par ailleurs une cible idéale pour des illuminés en mal de postérité. Mais le sujet n'est pas là : il est urbain (un non-sens) et moral (une indécence : deux tours pour ultra-riches).
Bon, il semblerait que nous allons disposer d'un peu de répit : il manque 700 millions pour boucler la boucle ! A vot' bon coeur !
Mais je ne suis pas inquiet : ils (qui au juste ?) vont les trouver. On peut se consoler en se disant que ça fera du boulot pour plusieurs centaines d'ouvriers. Mais on peut se dire également qu'une part de ces 2 milliards dans du logement social, ça pourrait aussi faire plaisir à des milliers d'ouvriers (et à d'autres !).
Qu'est-ce que je dis ? Pourquoi tu tousses ? Quoi ? Le Grand Paris ? Silence, on bétonne !

dimanche 6 février 2011

Stefan Zweig et Bréhat

Où j'apprends que l'illustre écrivain autrichien est venu en 1903 sur l'île de Bréhat (et sans me prévenir !).
Je lance un appel : que toux ceux et ceusses qui disposent d'informations relatives à ce séjour aient la gentillesse de m'en faire part.

samedi 5 février 2011

A saisir !


Reste seulement quelques appartements à vendre dans ce projet décoiffant de l'architecte Franck Gehry (Guggenheim de Bilbao) à Sydney !
Ceux qui ont investi dans le Scellier ont tout faux.
A noter : il ne reste que les appartements "normaux" (ceux qui ont au moins un plancher d'une pièce horizontal) ; les "cabossés" sont partis comme des petits pains ! Comme quoi : on peut être snob sous toutes les longitudes !

Zapping 4 (court)

Pour tous ceux qui sont passés à côté de ce dessin de Plantu du "Monde" daté d'aujourd'hui...
Tant que l'on pourra publier de tels dessins en 1ère page d'un éminent quotidien, tout ne sera pas perdu !...
Bon, il faut faire un petit exercice des vertèbres cervicales (ou mieux, tourner l'écran de l'ordinateur)...on a rien sans rien !

vendredi 4 février 2011

Studies in Organic


"Le monde d'hier" et "L'homme qui aimait les chiens" ont du me couper toute inspiration ... Rien depuis pres d'une semaine sur ce palimpseste virtuel !
Donc, j'emprunte a la lecture du moment "Studies of Organic" de l'architecte japonais Kengo Kuma :
"Both modernism and postmodernism were ultimately forms of internationalism, aggressively promoted by the powerful. I am constitutionally averse to high-pressure salesmanship of international goods."
Que je tente de traduire en :
"Le modernisme et le posmodernisme furent deux formes d'internationalisme, qui ont ete imposes agressivement par la puissance. J'ai une profonde aversion pour le mattraquage des techniques de vente des marchandises internationales."

Veritable declaration anti-globalisation ; non?
Pour Kuma, l'architecture ne peut etre un simple produit que le marketing peut refiler aux quatre coins de la planete.

dimanche 30 janvier 2011

Citations


"Le roman est aujourd'hui le seul observatoire d'où l'on puisse considérer l'espèce humaine dans sa totalité." Ernesto Sabato (Écrivain argentin)

"On est toujours plus trompé par défiance que par confiance." Cardinal de Retz (1613-1679)

vendredi 28 janvier 2011

Découfflé et Novarina

L'un danse avec des corps, à Chaillot ; l'autre danse avec des mots à l'Odéon. Le spectacle du premier cède à quelques paresses. Celui du second gagnerait à s'alléger. Il y a du talent, bien entendu ; on a envie de dire : c'est la moindre des choses ! Mais le talent avec une traîne de regrets. Dommage. Mais dans tout ça - et après tout ça - il reste encore beaucoup de matières pour rêver.

Zut !!!!

Zut : j'ai laissé passer le cap des 5.000 visites ! Que je ne l'eusses su plus tôt ! Comme le marin qui s'est assoupi au large du Cap Horn, et regarde s'éloigner le rocher mythique avec le regret définitif de l'occasion manquée, me voilà reparti vers d'autres horizons, d'autres latitudes et je pense avec un peu de tristesse à cet anonyme 5.000 ième visiteur que je ne connaitrais jamais et qui, pire, ne se connaîtra jamais non plus lui-même (en tant que 5.000ème visiteur) ! Et le 5001 unième ? S'agissait-t-il d'une blonde capiteuse avec une chevelure comme "un ouragan d'or endormi" (a "sleepy golden storm") ? Une brune fatale, forcément fatale, au regard cruel autant que lascif, une sorte de Reine de Sabat escortée des volutes fiévreuses des parfums les plus diaboliques ? Ou bien un étudiant boutonneux égaré sur mon blog croyant y trouver la réponse aux questions existentielles que tout étudiant boutonneux normalement constitué devrait instruire à la veillée plutôt que de gaver son site Facebook d'allusions crétines ? Ou bien mon chat ? (non : mon chat ce n'est pas possible).
Que le 5000 ième et le 5001 unième osent se dénoncer ! Courage !

lundi 24 janvier 2011

Attention

Un petit mot d'attention a Gerard qui est le seul promeneur sur ce blog a laisser des commentaires ; je lui dois bien ca.
Alors, une petite precision sur les photos "IPhoniennes" (voir plus bas) ; elles ont toutes ete prises a Rouen, sauf la passerelle suspendue, a Lyon.
La "A" anarchiste etait tagge sur le lit artificiel d'un petit cours d'eau qui passe dans des vieux quartiers. Le type a cheval, c'est Napoleon. Les voutes sont celles de l'admirable cathedrale. La tete de mort en bois n'est qu'une parmi des centaines sculptees sur des pans de bois qui composent les facades d'un ancien ossuaire. La tete du Che (?) figurait dans une ruelle, sur un pignon d'immeuble, a 3,00 m du sol.

samedi 22 janvier 2011

Zapping 3

Une lectrice attentionnée m'avait signifié son intérêt pour cette rubrique. Je vois que ses encouragements datent déjà et que je n'ai rien produit dans ce sens. Donc...
"Le Monde" datée du samedi 22 janvier 2011.
Formidable Sylvain Wotan de Bougival dont un texte figure en dernière page de ce N° (je regrette pour les lecteurs plus rationnels : ma lecture du "Monde" s'engage toujours par la dernière page).
Il nous alerte tous : "Parents, votre responsabilité est en jeu ! Ne faites pas des profs de vos rejetons. Payez-leur une bonne école de commerce, ou bien dites-leur de devenir avocats d'affaires formés à utiliser les failles des lois pour permettre à de grosses sociétés d'accroître leurs bénéfices. Avec un peu de chance, pas mal d'entregent et beaucoup de culot, l'un deux finira bien par se faire élire président de la République et à devenir le garant des lois et le symbole des valeurs à la mode."

Alexandre Lacroix a coordonné un dossier dans "Philosophie magazine" sur le rapport entre les français et la démocratie. On est plutôt fiers car nous sommes profondément attachés à des choses comme : "une répartition équitable des richesses entre les citoyens, une égalité devant la loi, une interdiction des discours haineux, racisme et antisémites dans la sphère publique..." Le commentaire de Lacroix est le suivant : "nous nous trouvons dans une situation inédite et passionnante où les valeurs de la démocratie sont opposées à la logique de la représentation." "Nos gouvernements sont oligarchiques." "Le pouvoir de tous est accaparé par une petite minorité qui s'autoreproduit." Et de citer Napoléon qui considérait que "l'Histoire est un théâtre. Sur la scène il y a des dirigeants qui feignent d'avoir prise sur le cours des choses. Mais, en réalité, ce sont des comédiens, qui n'en savent pas plus que le public"
La météo annonce -16°C à Montréal, et pourtant, "nous connaissons actuellement et globalement la période la plus chaude depuis 125.000 ans", comme l'affirme un climatologue sérieux, James Hansen. Il ajoute : "Je m'attends à ce que 2012 soit l'année la plus chaude jamais enregistrée". Rendez-vous dans quelques mois pour vérification. Un conseil : si on vous propose de reprendre une petite affaire ; préférez la vente de sorbets à celle des marrons chauds !
"Des hackers ont détourné 28 millions d'euros de quotas de CO2" : pour accompagner les spaghettis à la place du gruyère ?

Suzanna York est morte ! Extraordinaire danseuse désespérée de "On achève bien les chevaux" de Sidney Pollack (à revoir impérativement).
"Des domaines viticoles, aux terrains immobiliers, du tourisme aux voitures de location, rien n'a échappé à leur rapacité", au sujet de la bande à Ben Ali. Je me dis que je ne suis jamais allé en Tunisie ; mais que ça pourrait maintenant être l'occasion...
584.453 € de plus-value sur les stock-options de Mr Mesrallet. On est très content pour lui car on l'imaginait dans le besoin (si, si !). Ce montant correspond à 428 fois le smic mensuel, soit : 35,6 années de smicards. Arrivé là, pourquoi pas 40 années ou 50 même ? Faut pas être mesquin !
Quand nos élites comprendront-elles que le déséquilibre indécent sur cette planète entre des toujours plus riches et des toujours plus pauvres nous conduit tous dans le mur ? C'est simple, non ? Pas besoin d'avoir fait Polytechnique !

jeudi 20 janvier 2011

L'immobilier, le sens des valeurs



Je vous l'avais promis, vous en aviez rêvé ; je vous le fais (ce petit compte-rendu de l'intervention de Luc Ferry au 36ème Forum CBRE Richard Ellis).
En italique mes propres réflexions (pas grand chose !).

Il est intelligent le bougre. Vous me direz : "au royaume des aveugles...". Mais quand même ! On peut imaginer que l'intervention est rodée (aucune allusion à l'immobilier), qu'il a déjà du servir à plusieurs reprises de ce bon potage où baignent en abondance : bons mots, citations, ironie, références historiques, philosophiques, vers, etc. ; force est de constater que l'homme est un tribun honorable, servi par un débit de parole remarquable.
L'individu est un intellectuel de droite, et il ne s'en cache pas.
Mais quel fut le potage ?
Une grande idée : en Europe, nous assistons à une déculpabilisation de la peur ; cette passion jadis infantile et honteuse, nous, adultes, l'assumons désormais totalement. Notre monde a ainsi peur de tout. Nous sommes passés d'une philosophie des Lumières à une philosophie de la peur. Exemples : l'environnement, l'école, la culture, l'argent, les valeurs, ... Mais surtout, nous avons peur de la Mondialisation. (ici, il ne s'agit pas du thème de la sécurité ou des émigrés, mais des thèmes de gauche que l'on brocarde).
2 raisons :
1) déconstruction des valeurs traditionnelles
2) la famille moderne fondée sur le libre choix
Concernant le point 1), Luc Ferry cite : la figuration dans l'art qui a été cassée, la nouvelle vague au cinéma, le nouveau roman en littérature, la remise en question de l'harmonie en musique, le regard sur l'école, la révolte contre la morale bourgeoise (68), etc. Cette déconstruction a été portée par 2 choses :
1) la fin du monde paysans
2) le statut des femmes
Dès 1850, avec le mouvement qui s'appelait la "Bohème", on voit apparaître des révoltés contre l'ordre bourgeois.
Mais derrière la Bohème, il y avait des bourgeois qui poussaient.
Il a fallu que les valeurs traditionnels soient déconstruites par des jeunes gens révoltés pour que nous puissions entrer dans l'aire de la consommation à outrance.
Plus vous avez des valeurs culturels fortes et moins vous allez au supermarché ! (En fait : la révolution fait le lit des forces qu'elle prétend combattre et seuls les intellectuels tirent leur épingle du jeu).
La preuve : les 68tards sont tous à droite maintenant (et encore plus que moi qui était déjà à droite avant !)
Concernant le point 2) "l'invention de la famille moderne" en Europe ; c'est un véritable bouleversement politique.
Jadis (au Moyen-Age) :
1) on ne se marrie jamais par amour
2) le mariage est une sorte de contrat social avec la communauté (le village)
Avec le salariat, le couple échappe au contrat social. Le mariage d'amour nait dans la classe ouvrière. 3 conséquences :
1)l'invention du divorce
2)l'amour des enfants
3)la fin du sacré
Concernant ce 3ème point, il faut s'interroger sur ce qui nous ferait accepter de nous sacrifier. Hier c'était Dieu ou la patrie. Aujourd'hui, c'est des êtres humains, et nos proches en particulier. (et pour certains : le fric)
Mais, attention : tous les c... qui disent que c'est un repli sur la sphère privée et une montée en puissance de l'individualisme sont vraiment des c... (tu parles !)
Et de conclure sur cette phrase : "je déteste l'indignation (référence à Hessel, humaniste de gauche) et je préfère l'intelligence et le courage (comme si Hessel n'en avait pas !). Je suis hésitant."
Le rapport à l'immobilier ? Evident, non ?
Ci-dessous un copain qui s'interroge sur le sens des valeurs (dans l'immobilier).

dimanche 16 janvier 2011

Veinard(e)s

On a (presque) tout changé à droite !

Regards IPhoniens






samedi 15 janvier 2011

Le monde d'hier


Immense et ultime ouvrage de Stefan Zweig, écrit en 1941 quelques mois avant de se donner la mort au Brésil (février 1942), "Le monde d'hier" est un témoignage bouleversant sur une période exceptionnelle dans l'histoire de l'humanité qui a vu toutes les valeurs établies depuis plusieurs siècles - en particuliers sociales, humaines et économiques - basculer complètement à une échelle qui englobait plusieurs continents. Cette période, c'est celle qui va de l'enfance de Sweig en Autriche (il est né en 1881) jusqu'en 1941. Elle comprend donc la chute de l'empire millénaire Austro-Hongrois, la 1ère guerre mondiale, les crises économiques, la montée en puissance et la prise du pouvoir d'Hitler, l'antisémitisme exacerbé, la déportation des juifs et des opposants, et le début de la seconde guerre mondiale.
Ce n'est pas un livre d'histoire, bien qu'il évoque avec beaucoup de précisions de nombreux évènements historiques ; ce n'est pas non plus un livre sur la nostalgie ou "passéiste", bien que le chaos est charrié un océan de douleurs et d'atrocités.
C'est le livre d'un homme, d'un humanisme acharné, européen convaincu, d'une immense sensibilité (quand l'intelligence n'a plus besoin de démonstrations ?), pétri de culture et qui va observer, impuissant, au naufrage de cette culture balayée par la barbarie.
On y voit également un intellectuel proche d'autres très grandes figures du monde littéraire ou des arts, nourrit de ces multiples rencontres et des amitiés fortes qui s'y sont développées : Romain Rolland, Richard Strauss, Rilke, Hofmannsthal, Freud, Rodin, Verhaeren, etc.
C'est un livre qui interroge sur une certaine fatalité du cours de l'Histoire ; fatalité qui peut conduire à la désespérance, et certainement au suicide pour des personnages comme Zweig qui se sentent responsables, en partie, de ce naufrage.
Il interroge évidemment sur le futur de notre époque ; pouvons-nous nous croire raisonnablement à l'abri de tels inhumanités ? Des évènements dramatiques comme le 11 septembre 2001, les krachs boursiers, les enjeux écologiques ne sont-ils pas autant de signes qui montrent à l'évidence notre fragilité et devraient nous alerter ? Comme les hommes de ce "monde d'hier" ne savons-nous pas "voir" ? Ne saurons-nous pas agir ?

jeudi 6 janvier 2011

Le jour ou Nina Simone a cesse de chanter


Un texte sur l'intolérance religieuse, la guerre - celle du Liban en particulier -, sur le déshonneur - celui des hommes et celui des femmes qui ne sont pas équivalents -, la liberté de la femme sur une terre dominée par l'homme et le prétexte religieux, un texte sur une descente aux enfers d'une jeune femme "libérée", qui interroge aussi sur l'éducation. Une écriture de combat, sans fioritures.
Le texte a été repris en pièce de théâtre à succès depuis sa consécration à Avignon en 2007. Elle est jouée par Darina al-Joundi, "l'héroine" (sans jeu de mot) du texte.
Merci a MBP qui m'a offert ce livre, et qui se reconnaitra si elle dérive jusqu'à ces quelques lignes.

mercredi 5 janvier 2011

Les anonymes de R.J. Ellory


L'auteur de "Seul le silence", policier dont Everybody Knows ne cesse de faire l'éloge, récidive avec "Les anonymes", un roman qui ne ménage pas le système américain et son bras armé, la CIA. Une série de cinq meurtres de femme perpétrés avec une violence inouïe, et selon un rituel identique (étiquette au cou des victimes, position indécente du corps et odeur de lavande) vont entrainer l'inspecteur Miller dans une histoire jonchée de cadavres où les individus sont autant d'anonymes, où toutes les portes se ferment à chaque indice possible, et où la collusion entre le pouvoir et l'argent ne fait aucun quartier.
Écrit avec beaucoup d'intelligence et de rythme, ce livre, iconoclaste vis-à-vis de la toute puissance de l'impérialisme américain, n'est absolument ni "trash" ni "gore" mais au contraire assez élégant, distillant son suspens page après page, jusqu'au dénouement final ... que nous laisserons (forcément) en suspend !
Les 689 pages ne permettent pas de le lire d'une seule traite ; dommage, car devoir refermer un livre comme celui-là le soir pour aller se coucher est un vrai déchirement !

dimanche 2 janvier 2011

My fair lady


Belle surprise que cette comédie musicale qui fit longtemps les grandes heures de Broadway et qui a investi le Théâtre du Châtelet jusqu'à cet après-midi.
Des acteurs parfaits dotés de voix remarquables, une mise en scène comprenant des chorégraphies bien troussées, de très beaux décors et un accompagnement musical vif et enjoué ; quoi demander de plus ?
L'histoire ? Un éminent linguiste - et célibataire endurci - se targue d'éduquer en quelques mois une jeune marchande de fleurs à l'accent et aux manières frustres et de la faire paraître duchesse dans le beau monde. Il s'agit pour lui d'une sorte d'expérience et d'un pari. Pour la belle il en est, en final, tout autrement...
Au passage l'auteur égratigne le snobisme mondain et les mysogines ; les plus heureux sont les gens simples ; les plus honnêtes ne sont pas forcément les "honnêtes gens".
Le fantôme d'Audrey Hepburn était-il dans la salle ?
Merci à MCF et TF de nous avoir donné l'idée de ce spectacle. Ils se reconnaîtront si d'aventures ils devaient s'égarer jusqu'ici.

Le joueur d'échecs


"Le joueur d'échecs" est la dernière petite nouvelle écrite par Stefan Zweig depuis sa retraite de Pétropolis dans les environs de Rio de Janeiro, juste avant de se donner la mort en février 1942. Comme pour "Amok" ou "La ruelle au clair de lune" (cf commentaire du ...), l'un des thèmes majeurs du récit est la passion ; celle qui s'empare de certains hommes jusqu'à les conduire parfois vers un destin tragique ("Amok"). Ici, il s'agit du jeu d'échecs dont Zweig avait acquis un manuel dans lequel figuraient des parties de grands maîtres qu'il s'exerçait à rejouer quelques mois avant sa mort. Il est donc très probable que les affres mentaux issus du travail des combinaisons et des stratégies auxquels M. B. se soumet, Zweig a pu, sinon les subir, du moins en imaginer la teneur.
Comme souvent chez Zweig, la construction du récit est "enchassée" et l'auteur est le confident d'un drame ; ici, les performances exceptionnelles de M. B. lui viennent d'une expérience tragique subie lors d'une séquestration par les nazis.
Au passage, on peut remarquer que Zweig (même exilé en Amérique du Sud) semble parfaitement informé, en septembre 41, de l'existence des camps de concentration nazis ; même s'il n'est pas au fait de toute l'horreur que le monde entier a pu découvrir lors de leur libération.
Zweig aborde également le thème de l'intelligence, ou plutôt des formes d'intelligence : "l'innée" qui peut-être frustre, exclusive dans un domaine, et en définitive inhumaine, et "l'experte", construite sur quelques dispositions mentales et un travail de forcené. Dans l'un ou l'autre des cas, elles ne constituent un intérêt que sur le plan clinique ou de la curiosité.
La prétention, la bêtise, la suffisance grotesque que Zweig abhorre, sont également décrites au travers du comportement de ce MacConnor, un ingénieur écossais qui "avait amassé une grosse fortune en creusant des puits de pétrole en Californie" et qui "était de cette espèce d'hommes qui ont réussi et sont si pleins d'eux-mêmes qu'ils ressentent comme une humiliation personnelle de perdre, fut-ce une inoffensive partie d'échecs."
L'histoire se passe sur un paquebot, lors d'une traversée New-York - Rio de Janeiro; un espace clos : une métaphore de l'exil ?

Belle lecture (évidemment).

samedi 1 janvier 2011

Le point d'ironie



On m'a demandé ce que représentait ce petit signe au revers de mon manteau.
Il s'agit d'un signe de ponctuation inventé par l'écrivain français Alcanter de Brahm à la fin du 19ème siècle. Il est très peu - voire pas - utilisé alors qu'il veut signifier un passage ironique dans un texte.
On peut le rapprocher de l'"émoticône" ;-) .
Repris en 1997 par la styliste Agnès B. à l'occasion d'une discussion avec l'artiste Christian Boltanski, il correspond au titre d'une publication périodique, elle-même support d'une oeuvre réalisée par un artiste (à ce jour 50 n° sont parus).
C'est aussi le point d'exclamation des poètes !...

Le cadeau du jour de l'an

Vous êtes toujours des veinards : on a tout changé (ou presque) à droite !

The first surprise of 2011

Le parc de Bagatelle pour soi (ou presque) et que les murs ont plus que des oreilles !

vendredi 31 décembre 2010

The last surprise of 2010

Découvert ce 31 décembre, c'est sans doute un signe du destin !
Gageons qu'il fera honneur aux festivités insulaires prévisionnelles de l'été 2011...

Sukkwan Island



Jim a été dentiste à Fairbanks, marié et divorcé plusieurs fois, coureur de jupons invétéré ; il pleure la nuit et se lance dans des actions le plus souvent foireuses. Sa dernière idée : aller passer plusieurs mois seul avec son fils Roy agé de 13 ans dans une cabane isolée sur une île déserte en Alaska.
L'aventure va assez rapidement se transformer en une succession de galères car Jim est en réalité un vrai paumé de l'existence, immature, sans aucun sens pratique. David Vann, un jeune auteur américain d'une quarantaine d'années récompensé pour ce roman par le Prix Médicis Etranger, parvient à créer avec une écriture simple une tension dramatique où la folie s'installe progressivement dans un décor naturel, froid, forcément hostile pour un apprenti-sorcier et son fils innocent mais le plus lucide.
"Tu crois que tout est parti en vrille quand tu t'es marié avec maman ?" lui demande un jour Roy. "Non, c'est parti en vrille un peu avant, je crois. Mais c'est difficile à dire", lui répond son père.
Et sur Sukkwan Island, la vrille va se transformer en véritable cauchemar...